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ZLECAf : Il faut miser sur les petites entreprises, les femmes et la jeunesse du continent

Opérationnelle depuis janvier 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est l’un des chantiers les plus ambitieux depuis l’ère des indépendances. À terme, elle constituera le plus vaste ensemble commercial au monde, avec un produit intérieur brut (PIB) de 3,4 mille milliards de dollars…

Par *Aissatou Diallo

Quelle est sa spécificité et comment familiariser le secteur privé africain à ce nouvel environnement commercial propice aux affaires, à l’industrialisation de l’Afrique et à son développement inclusif et durable ?

Comment aider les entreprises et en particulier les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME) ainsi que les femmes et jeunes entrepreneurs à accéder aux nouvelles opportunités commerciales qu’offre le marché continental ?

« Idéalement, la ZLECAf permettra à l’entreprise Akissi de Abidjan de commercialiser son attiéké à Luanda et au fabricant marocain de produits à base d’huile d’argan d’attirer des investisseurs sud-africains »

Idéalement, la ZLECAf permettra à l’entreprise Akissi de Abidjan de commercialiser son attiéké à Luanda et au fabricant marocain de produits à base d’huile d’argan d’attirer des investisseurs sud-africains.

Fort de sa connaissance unique du secteur privé africain, le Centre du commerce international (CCI) a lancé One Trade Africa, un programme de 5 ans dont l’objectif est de préparer les MPME, surtout celles dirigées par les femmes et les jeunes, et de leur donner les moyens de bénéficier des retombées du processus d’intégration régionale et en particulier dans le contexte de la ZLECAf.

One Trade Africa s’appuie sur un partenariat historique solide avec les institutions africaines soutenant l’intégration régionale que ce soit au niveau national, sous-régional ou continental.

Premièrement, le programme a pour vocation de contribuer à l’amélioration de l’écosystème des affaires pour des transactions intra-africaines et internationales sécurisées. Il s’agit donc de travailler à la levée des barrières non tarifaires, à la simplification du cadre des affaires et à la promotion de politiques commerciales inclusives favorisant le développement de chaînes de valeur pourvoyeuses d’emplois décents. Pour ce faire, nous travaillons avec les négociateurs, les régulateurs et décideurs politiques afin d’obtenir un cadre règlementaire favorable à des transactions intra-africaines.

« Renforcer les capacités des organismes de promotion du commerce et des investissements qui accompagnent les MPME à l’exportation afin de leur permettre de disposer d’un portefeuille de produits et de services adaptés aux besoins réels des entrepreneurs et des entreprises »

Deuxièmement, il s’agit de renforcer les capacités des organismes de promotion du commerce et des investissements qui accompagnent les MPME à l’exportation afin de leur permettre de disposer d’un portefeuille de produits et de services adaptés aux besoins réels des entrepreneurs et des entreprises.

Troisièmement, nous aidons les MPME à renforcer leurs capacités productives et à devenir plus compétitives en améliorant leur performance, la qualité des produits, le marketing, et la gestion de leurs chaînes d’approvisionnement. C’est dans cette perspective de conquête de nouveaux marchés que nous avons développé une formation en ligne intitulée « Comment exporter sous la ZLECAf » en partenariat et avec l’appui financier de la Banque africaine d’import-export (AFREXIMBANK). Ce programme de formation comprenant plusieurs modules spécifiques aux exigences du nouveau marché unique africain se veut le point de départ pour toute démarche d’exportation sur le marché continental.

Exporter en Afrique requiert désormais des connaissances, des outils et un savoir-faire spécifique. Le consommateur africain est de plus en plus exigeant et connecté. Il veut des produits de qualité, disponibles, livrables dans des délais raisonnables et selon des standards de présentation travaillés.

Selon un sondage que nous avons conduit avec la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones entre mai et juillet 2021 auprès de 2557 entreprises d’Afrique francophone, un quart n’avaient jamais entendu parler de la ZLECAf. Le travail de sensibilisation reste donc d’actualité.

« Les échanges commerciaux sont la clé d’une reprise durable et l’ingrédient principal de la poursuite du processus d’intégration régionale. Nous comptons donc garder le cap et contribuer à la bonne mise en œuvre de la ZLECAf avec tous nos partenaires pour le bénéfice des entreprises et entrepreneurs africains »

Au plus fort de la crise sanitaire et pendant les négociations sur l’accord de libre-échange, nous avons assuré avec l’appui de nos partenaires dans les États membres,  nos activités de sensibilisation et formation dans près de 40 pays africains.

Cette année, One Trade Africa appuyé par une contribution de la Finlande poursuivra sur sa lancée et élargira sa gamme d’activités pour aider les pays africains à relever les défis de l’ère post-Covid. La pandémie et la géopolitique actuelle a mis en évidence l’urgence d’une meilleure gestion des risques et d’une préparation aux crises qu’elles soient d’ordre sanitaire, sécuritaire ou alimentaire. Les échanges commerciaux sont la clé d’une reprise durable et l’ingrédient principal de la poursuite du processus d’intégration régionale. Nous comptons donc garder le cap et contribuer à la bonne mise en œuvre de la ZLECAf avec tous nos partenaires pour le bénéfice des entreprises et entrepreneurs africains.

* Aissatou Diallo est Coordinatrice sénior chargée de l’intégration régionale (ZLECAF) et des PMA du Centre pour le commerce international (International Trade Centre) à Genève (Twitter : @ADiallo_ITC).

Source : Financial Afrik 

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