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ZES ouest africaine Un pas vers l’intégration économique

Alors que seul deux pays ont ratifié l’accord pour la création de la zone de libre échange africaine, la zone économique spéciale d’Afrique de l’Ouest est en cours d’être matérialisée. Une initiative qui participe à l’intégration économique régionale.

Par Youssouf Diallo, à Ouagadoudou

Annoncée, la création de la nouvelle zone économique spéciale d’Afrique de l’Ouest est en cours d’être matérialisée. Un accord- cadre a été signé, à Bobo-Dioulasso le 18 mai, par les premiers ministres burkinabé Paul Kaba Thiéba, ivoirien Amadou Gon Coulibaly et malien Soumeylou Boubèye Maïga. L’initiative, soutenue par la Banque mondiale (BM) et la Banque africaine de développement (BAD), est présenté comme un accélérateur de l’intégration économique africaine. « La ZES permettra de réaliser des projets de développement socio-économique communs (infrastructures, unités industrielles, etc.) avec des avantages fiscaux et juridiques » a déclaré le premier ministre burkinabé à la presse. Reste à définir les projets, le cadre fiscal et douanier de la zone. Les trois pays doivent plancher sur ces sujets dans les mois à venir.

« L’Afrique du Nord a un taux d’intégration de seulement 3 % alors que ces pays ont un poids important dans le PIB du continent »

En attendant, alors que la zone de libre-échange africaine a été officiellement instituée par l’Union africaine, mais pour l’heure ratifiée par deux pays, la Ghana et le Kenya _ l’Ethiopie a annoncé sa ratification prochaine_, l’intégration économique africaine est entravée par ses deux poids lourds économiques, l’Afrique du Sud et le Nigéria, qui rejettent le concept. Un frein parmi d’autres selon le Dr Carlos Lopès, ex-secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unie. « Le niveau d’intégration est très bas en Afrique du Nord. C’est l’Afrique du Nord qui pèse énormément dans ces statistiques continentales. L’Afrique du Nord a un taux d’intégration de seulement 3 % alors que ces pays ont un poids important dans le PIB du continent. » Et de rappeler: « J’aime corriger deux perceptions négatives du continent qui ne correspondent pas aux progrès réalisés ces dernières années. La première concerne le commerce intra-Afrique. On continue à parler de 12 ou 15 %. Or nous sommes en réalité à 20 %. Et ça, ce sont les dernières statistiques qui sont sorties en mars dernier à Kigali. Il y a eu de l’évolution. Ce qui n’est pas peu. Si l’on compare avec l’Asie du Sud-Est, qui est à 25 %, 20 %, ce n’est pas si mal. Et surtout, on progresse. Mais pas suffisamment. »

Pourtant, ces espaces économiques régionaux sont bien une étape à l’intégration continentale. En attendant, l’Afrique de l’Ouest prend les devants avec la créatin de cette ZES.


 

Par Youssouf Diallo, à Ouagadoudou