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Vision 2030 : le Togo opte pour une éclosion industrielle

La contribution du secteur secondaire au Produit intérieur brut (PIB) du Togo, en 2011, était de 17,4% dont 7% par le secteur manufacturé, selon un récent rapport. En 2013, les industries manufacturières ont créé environ 10.000 emplois dont 8.000 par la zone franche avec une masse salariale globale estimée à plus de 15 milliards de francs CFA. Quant aux investissements directs dans ce secteur pourvoyeur d’emplois, ils sont estimés à plus de 255 milliards de francs CFA. Tous ces acquis ont amené les autorités togolaises à opter pour une éclosion industrielle à compter de l’année prochaine à travers la validation d’un document de politique de développement industriel, le 17 septembre 2015.

Pilotée par le ministère du Commerce, de l’Industrie, de la Promotion du secteur privé et du Tourisme, cette nouvelle politique vise à pérenniser une industrie nationale intégrée, compétitive tant sur la scène sous-régionale qu’internationale et capable d’améliorer, de manière significative, le niveau de vie des populations, à l’horizon 2030. Pour le directeur de l’Industrie, Kokou Atisso, cette vision s’inscrit dans la droite ligne d’élaboration de budget-programme pour rendre plus effectives les différents projets dans le secteur industriel. « Il y a des politiques qui sont adoptées mais qui ne sont jamais mises en œuvre. Nous avons l’ambition de tout faire pour que ce vœu soit réalisé, surtout que ce programme s’inscrit dans le budget-programme, c’est-à-dire un programme bien défini dans lequel il y a tous les moyens surtout financiers », a-t-il souligné. Fleuron de l’économie togolaise dans les années 80, ce secteur a connu un coup de frein car les différents textes le régissant sont devenus obsolètes au fil du temps. Conscient que l’industrie fait partie des secteurs à fort potentiel de croissance, le gouvernement togolais et ses partenaires comptent désormais bien redynamiser le secteur afin d’en faire profiter l’économie du pays. Le secteur de la transformation des produits agricoles sera pris en compte, pour la première fois, dans cette nouvelle vision des autorités togolaises.

Pour le directeur de l’industrie, Attisso Kokou, l’industrie nationale prendra de l’envol si la grande partie des matières premières étaient locales. A cet effet, le Projet d’appui au secteur agricole (PASA), une composante du Programme nationale d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), démarré en 2013, fait la part belle aux projets de transformation des produits agricoles. Cependant, d’autres problèmes doivent impérativement trouver des approches de solutions si le secteur industriel veut être vraiment compétitif au Togo. Il s’agit des problèmes liés au financement des petites et moyennes entreprises et la dépendance énergétique du pays. Mais pour le ministère du Commerce, de l’Industrie, de la Promotion du secteur privé et du Tourisme, la voie pour l’éclosion industrielle est déjà balisée grâce à l’adoption de nouveaux textes prenant en compte les grandes lignes de la Politique Industrielle Commune de l’Afrique de l’Ouest (PICAO) par le pays. Il s’agit entre autres de la loi portant code des investissements, facilitant la procédure de création d’entreprise; de la sortie de la Stratégie de Croissance Accélérée et de la Promotion de l’Emploi (SCAPE), document qui, à son Acte 1, fait du développement industriel une priorité.


 

Par Emmanuel Atcha

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