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Virginie Touré-de Baglion Un parcours 100% bio

Après une première vie professionnelle dans la communication, Virginie Touré-de Baglion, fille d’agriculture, opère un virage à 360° et revient aux sources, à l’agriculture. Mais pas n’importe laquelle, avec Certi-Bio elle mène un combat acharné en faveur de la promotion de l’agriculture en Guinée et plus largement en Afrique. Portrait.

 

Par DBM

 

Au salon de l’entreprenariat, qui se tenait à Conakry les 11 et 12 mars, Virginie Touré-de Baglion va et vient entre son stand et le hall principal, invitant les visiteurs à découvrir ses produits 100% made in Guinea et surtout entièrement issus de l’agriculture biologique. « Je dirigeais une agence de communication qui a notamment organisé le premier festival de mode et musique pour la promotion du textile guinéenne, dans les années 2000. Après avoir travaillé en France, au Cameroun, et au Bénin, j’ai eu envie de travailler dans un domaine de plus vraie, qui ne triche pas, l’agriculture. » Mais pas n’importe laquelle, l’agriculture biologique.

 

 

« Je ne connaissais rien à l’agriculture mais je voulais promouvoir une agriculture saine, sans pesticide, qui respecte l’homme, l’animal et la nature et tout ce qui vit »

 

Fille d’agriculteur, Virginie veut ainsi reprendre le flambeau, mais néophyte, elle décide alors de retourner sur les bancs de l’école et s’oriente vers une licence en agriculture biologique qu’elle décroche en 2018. « Je ne connaissais rien à l’agriculture mais je voulais promouvoir une agriculture saine, sans pesticide, qui respecte l’homme, l’animal et la nature et tout ce qui vit, donc l’agriculture biologique. Ce qui est difficile à encourager tant ils sont répandus en Guinée parce qu’ils ils sont distribués gratuitement et que les agriculteurs sont convaincus que c’est ainsi qu’ils vont accroitre leurs rendements et donc leurs revenus . » Une question de santé publique mais également un vecteur d’emplois dans un secteur, l’agriculture, peu valorisée dans un pays où l’économie est essentiellement tirée par le secteur minier.

 

  » Qu’est-ce qu’on va laisser aux générations futures si nos sols sont appauvris ? « 

 

C’est ainsi qu’elle créée Certi-Bio « pour accompagner, sensibiliser les producteurs, pour qu’ils sachent qu’ils ont le choix, et surtout que c’est à termes plus rentable. » Et les premiers fruits de son labeur sont déjà visibles, moins d’un an après la création de sa société. « J’ai accompagné un producteur d’ananas qui a désormais une plantation 100% biologique. Et moi-même je produits du piment de Cayenne et de la banane. » Et la jeune femme de souligner : « La Guinée est une terre fertile pour l’agriculture biologique et ce,  dans les quatre régions du territoire : basse guinée, moyenne guinéenne, haute guinée et la guinée forestière et on se rend compte. Or, à ce jour l’agriculture biologique n’est pas encore rentrée dans les mœurs. Mon combat aujourd’hui, c’est que les producteurs, les femmes paysannes, les jeunes qui veulent se lancer dans l’agriculture se mettent directement dans l’agriculture biologique et  qu’on oublie les pesticides qui détruisent nos sols et  sous-sols. Qu’est-ce qu’on va laisser aux générations futures si nos sols sont appauvris ? »

 

« Notre objectif à court et moyen terme est de parvenir à la certification en agriculture biologique de 10 % des terres agricoles en Guinée »

 

 

Et afin de promouvoir le bio dans le pays, dans quelques semaines, un marché bio se tiendra, une fois par mois au départ, puis toute les semaines, à la Blue zone, dans le centre-ville. « Les producteurs vont aller directement auprès du consommateur. Sans intermédiaires, ils augmentent leurs revenus et deviennent plus compétitifs. » Alors que le consommateur est, par la même occasion, sensibiliser aux bienfaits de l’agriculture biologique. « Notre objectif à court et moyen terme est de parvenir à la certification en agriculture biologique de 10 % des terres agricoles en Guinée, à la création d’une unité de production de biofertilisants, à l’accroissement de notre capacité de production de jus naturels à 10 000 bouteilles journalières pour créer de la valeur et de l’emploi. » Et de porter par la même occasion, le made in Guinea sur les marchés, bio cela va de soi, de la planète.D’autant que le bio, poussé par la demande européenne notamment, c’est un marché et donc de nouvelles opportunités pour les agriculteurs du continent. « Le problème est là justement. Je viens justement de refuser une importante commande parce que nous n’avons pas assez de fournisseurs. La demande, elle, est là, mais pour l’instant c’est la production qui fait défaut. »