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Vera Songwe « La nécessité d’une croissance beaucoup plus forte mais aussi plus qualitative et inclusive »

En marge de la 52eConférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique de la Commission économique pour l’Afrique (COM 2019) qui se tenait à Marrakech, Vera Songwe a présenté les conclusions du Rapport économique sur l’Afrique 2019. Si la croissance avoisinera 3,2% en 2019, il va falloir faire beaucoup plus, et beaucoup mieux selon elle, pour permettre au continent de réaliser ses objectifs pour 2063 et 2030.

La 52è conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique (COM2019) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) qui s’est tenu du 20 au 26 mars 2019 à Marrakech, au Maroc, avait pour thème : « Politique fiscale, commerce et secteur privé à l’ère numérique : une stratégie pour l’Afrique. » Des échanges, entre les argentiers du continent, leurs partenaires africains et internationaux ainsi que des conférenciers d’envergure, destinés à nourrir une stratégie de croissance permettant à l’Afrique réaliser les objectifs de l’Agenda 2063 et de respecter le délai fixé pour l’Agenda 2030 des Nations unies.

A cet effet, Vera Songwe, économiste camerounaise, et secrétaire exécutive de la CEA, présentera les conclusions Rapport économique sur l’Afrique 2019. Pour elle, le constat est sans appel : Si la croissance avoisinera 3,2% en 2019, il va falloir faire beaucoup plus, et beaucoup mieux.

« La capacité d’accroître le recouvrement des recettes est essentielle pour la capacité de financer son développement »

Saisissant l’opportunité de la tenue de la 38ème réunion du Comité d’experts de la Conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique, le 20 mars, elle invite ainsi les États africains à travailler à l’amélioration de la politique fiscale ainsi qu’à l’élargissement de la base d’imposition. « La capacité d’accroître le recouvrement des recettes est essentielle pour la capacité de financer son développement, en particulier l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda 2063 de l’Afrique ». Et de préconiser l’usage du numérique, lequel, dans des pays comme le Rwanda et l’Afrique du Sud a permis d’accroitre la collecte des recettes fiscales.

Au-delà, Vera Songwe lancera un appel en faveur de l’entrée en vigueur de l’Accord sur la libre-échange d’ici le prochain Sommet de l’Union africain, prévu en juillet 2019 à Niamey, Niger. A ce jour, 52 pays ont signé l’Accord portant création de la ZLECA, 19 l’ont ratifié et déposé leurs instruments de ratification auprès de l’Union africaine ;

Rappelant qu’il ne reste que trois ratifications supplémentaires pour l’entrée en vigueur de la Zleca, signée en mars 2018 à Kigali, elle en soulignera les retombées significative pour le continent. A savoir, selon les estimations de la CEA, la ZLECA augmentera le commerce intra-africain de plus de 50 %, le PIB du continent de plus de 40 milliards de dollars et les exportations de plus de 55 milliards de dollars. De quoi faire, selon elle, de « l’Afrique que nous voulons » une réalité.