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Le dossier du mois

Tunisie Un hub régional pour le tourisme de santé ?

Deuxième destination en termes de tourisme de santé en Afrique ; 2ème mondiale pour la thalasso après la France, la Tunisie reçoit plus de 30 000 tourismes médicaux, dont 40% originaire d’Algérie et Libye. Si elle doit son positionnement à la qualité des prestations qu’elle offre, et à leur coût, nettement moins élevé que ses concurrents, Malte, la Turquie ou encore la Jordanie, la Tunisie a encore des obstacles à lever pour s’affirmer comme Le hub régional pour le tourisme de santé.

Par Dounia Ben Mohamed, à Tunis

En 2050, un quart de la population mondiale sera africaine. D’ici là, la population africaine aura doublé, et atteindra les 2,5 milliards d’habitants. 41% des naissances auront alors lieu sur le continent, qui comptera 37% des moins de 18 ans. Un bouleversement démographique sur lequel les États vont devoir anticiper afin de répondre aux nouveaux besoins de leur population. En matière de logements, d’éducation, d’infrastructures, d’emplois… et de services de santé. Sachant que pour l’heure, 60% des financement en matière de santé en Afrique viennent du privé, les gouvernements sont invités à mettre en place l’écosystème adapté au développement d’une offre de santé de qualité et accessible à tous.

Deux cibles : L’Afrique et le Moyen-Orient

Une problématique au cœur du Congrès africain du tourisme médical, AMTC, qui se tenait du 3 au 5 avril à Gammarth en Tunisie, réunissant des acteurs du publics comme du privé, de Tunisie, de Côte d’Ivoire, du Burkina, mais également d’Inde ou du Canada, autour d’un postulat : le développement de la plateforme Tunisie, hub régional en matière de tourisme de santé.  Si d’ores et déjà, la Tunisie occupe le 2ème rang dans le domaine du tourisme de santé à l’échelle africaine, et ce après l’Afrique du sud, par ailleurs deuxième destination mondiale en thalassothérapie après la France, la Tunisie a encore des obstacles à lever pour s’affirmer comme Le hub régional pour le tourisme de santé. Avec deux cibles : L’Afrique et le Moyen-Orient.D’autant qu’elle dispose de sérieux atouts.

« En raison de sa situation géographique exceptionnelle, à la fois africaine et étendue au sud de l’Europe par la mer Méditerranée, la Tunisie dispose d’atouts importants pour renforcer sa position de centre de santé régional », assurera ainsi le Dr Prem Jagyasi.  Au-delà de sa situation géostratégique qui lui ouvre les marchés africains et moyen-orientaux, la Tunisie a su développer cette niche, au cours de ses vingt dernières années, pour deux raisons essentielles : la qualité de ses ressources humaines combinées à celles de ces établissements. Résultat, la Tunisie reçoit plus de 30 000 tourismes médicaux, dont 40% originaire d’Algérie et Libye. Mais également des Européens, des Moyen-Orientaux et des africains, de plus en plus nombreux, à mesure que des relations bilatérales sont conclues avec les pays « frères ».

« Aujourd’hui, on compte 105 établissements de soins privés en Tunisie, dont 55 à Tunis, tous dédifférenciés… Il faut créer des champions nationaux dédiés à une pathologie ! »

Une activité essentiellement portée par le secteur privé _ 90 cliniques privées, avec une capacité de plus de 5000 lits, en attendant l’ouverture prochaine de 75 nouvelles cliniques en cours de réalisation d’une capacité de 8000 lits ; tandis que l’industrie pharmaceutique compte plus de 50 unités, dont 37 unités de production de médicaments à usage humain _ mais qui fait aujourd’hui l’objet de tous les intérêts du gouvernement_ même si l’absence au Congrès de la ministre de la santé, annoncée à l’ouverture, aura été déplorée. Le tourisme médical ou de santé selon les terminaisons employés, représentant un marché dynamique avec des opportunités de croissance très importantes.

Reste à travers sur l’offre tunisienne préconise le Dr Prem Jagyasi. « Si le produit est de qualité, et reconnue à ce titre, il faut en travailler l’image. » Le marketing en somme. Pour le Dr Khaldoun Bardi, « la Tunisie a un chaînon manquant. Nous avons besoin d’un champion. » Et de s’expliquer : « Aujourd’hui, on compte 105 établissements de soins privés en Tunisie, dont 55 à Tunis, tous dédifférenciés. Nous n’avons pas d’offre de soins différenciée d’une clinique à l’autre. Là, où une régulation est devenue nécessaire mais aussi un effort réel de différenciation. Il faut créer des champions nationaux, avec des structures dédiées à une pathologie. » Et d’appeler à la création d’un « cluster Tunisie », « pour faire de la Tunisie une vrai destination de tourisme de santé où chacun trouvera la meilleure structure de soin pour répondre à ses besoins ».

De la chirurgie esthétiques à la cancérologies, en passant par la neurologies et la PMA…

De la chirurgie esthétiques à la cancérologies, en passant par la neurologies et la PMA, la Tunisie offre une palette de soins les plus complètes. Au cœur de son attractivité, le coût de ses prestations, nettement moins chers que sur le marché pour une même qualité. Mais selon le responsable d’une des cliniques les plus modernes de la capitale, « c’est l’écosystème dans lequel nous évoluons qui limitent nos capacités. » Et de ne citer qu’un exemple, le plus critique selon lui, la desserte aérienne du pays alors que la compagnie nationale Tunisair bat de l’aile. « Nos patients Maliens ou Mauritaniens par exemple doivent passer par Casablanca pour venir se soigner en Tunisie. Pour le Moyen-Orient, ils doivent faire escale à Istanbul. » Deux capitales qui elles aussi se voient en hub régional pour le tourisme de santé…