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Algérie Une alternative pour les PME françaises… et la diaspora algérienne !

Longtemps jugée hostile aux investissements étrangers, complexe, instable, l’Algérie, puissance économique régionale en plein chantier sur le plan des infrastructures mais également des réformes en matière de climat des affaires, est en pleine campagne VRP. A la veille du Forum africain des investissements et d’affaires qui se tiendra à Alger du 3 au 5 décembre prochains, elle invite les opérateurs internationaux à s’implanter en Algérie, plateforme pour l’Afrique. Avec une méthode très « algérienne ».

Après le forum AfricaFrance en septembre, à la veille du Forum africain des investissements et d’affaires qui se tiendra à Alger du 3 au 5 décembre prochains, l’Algérie était en campagne promotionnelle à Paris, le 18 octobre, à l’occasion du forum Planète PME, organisé par la CGPME. Une mission confiée à Kaci Kacem Ait Yalla, président de CACIFrance, la chambre algérienne de commerce et d’industrie. Une fois n’est pas coutume, ce dernier démarrera son propos, non pas par un éloge de la destination Algérie pour les investisseurs mais plutôt par un constat : « En France, il y a un malaise. »

 

« L’Allemagne a mis la main sur les marchés d’Europe de l’Est. Qu’est ce qui reste à la France ? Nous. L’Algérie, l’Afrique du Nord, l’Afrique.»

 

L’avis d’un chef entreprise avisé, ingénieur en électronique de formation aux affaires florissantes, à travers le groupe K&S, première société à avoir affiché une image de télévision sur un écran plat, qui compte plusieurs sociétés en Europe et en Algérie, qui a fait ses preuves avec un développement à l’international avec 1200 salariés et aujourd’hui « en fin de carrière», qui dédie son temps aux entreprises, les PME en particulier, « les grandes peuvent se passer de nous, les petites et moyennes entreprises, là où ça se passe, celles qui créent de la valeur, ce sont elles qui ont besoin de nous. » Et c’est précisément à elles qu’il s’adresse : « Plus de 500 entreprises françaises se sont installées en Algérie et ont créé 35 000 emplois directs et plus de 100 000 indirect. Une satisfaction personnelle. On a participé à créer de la valeur ajoutée. Une satisfaction morale. Aujourd’hui, je ne suis pas juste venu faire la promotion de l’Algérie mais vous présentez les réalités économiques de la France, un pays en quasi faillite générale. Je suis aussi Français c’est pour cela que je permets de le dire, nous sommes à plus de 242% de notre PIB d’endettement. L’Allemagne a mis la main sur les marchés en Europe de l’Est. Qu’est ce qui reste à la France ? Nous. » A savoir, l’Algérie, plus largement l’Afrique du Nord, une tête de pont pour approcher les marchés africains. Il s’arrête ensuite sur l’année 2015, « une année magnifique pour la France avec un dollar à la hausse, les cours du pétrole qui chute, Airbus en full capacité, le marché du luxe et du tourisme qui affichent des records de recette, les chantiers navals qui enregistrent des commandes jusqu’en 2050 ; même le dernier tacot inventable, Dassault, est en full capacité. Et pourtant, on n’a produit ni croissance ni emplois. Qu’est ce qu’on fait ? Nous, nous avons décidé de mettre la main dans la main avec la CGPME et d’accompagner les entreprises françaises, notamment les PME, vers l’export. » Seule alternative à la baisse de régime de l’économie dans l’hexagone.

 

« L’Afrique est un marché de prédilection pour la France.  Nous, en tant que hub nord africain, nous voulons accompagner la France pour aller vers l’Afrique. La France dispose d’hommes et de femmes qui ont de l’ingéniosité, un savoir faire, un amour pour ce berceau de l’humanité béni des dieux, l’Afrique. Alors welcome ! ».

 

Au cœur de son viseur, la diaspora algérienne, dans laquelle intègre 400 000 chefs d’entreprises et hauts cadres, les pieds noirs, les harkis, … soit au total plus de 5 millions de personnes en France. « Je veux être le Moise de l’export pour cette diaspora en direction de l’export vers son pays. » Et pas seulement, s’ils les invitent à investir en Algérie, il les encourage au passage à mettre un pied en Afrique du nord, plus exactement la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, une région qui à l’horizon 2025 comptera 100 millions d’habitants. « 2025, c’est demain ! Ces pays ont tout, le soleil, de l’énergie, des ressources humaines, même la finance avec Casablanca Finance City qui est aujourd’hui la deuxième place financière en Afrique. La diaspora a de fait un marché latent, l’Afrique. » Il n’en exclut pas pour autant les entrepreneurs français : « L’Afrique est un marché de prédilection pour la France.  Nous, en tant que hub nord africain, nous voulons accompagner la France pour aller vers l’Afrique. La France dispose d’hommes et de femmes qui ont de l’ingéniosité, un savoir faire, un amour pour ce berceau de l’humanité béni des dieux, l’Afrique. Alors welcome ! ». Et de préciser: « Il n’y a pas de petits projets ».

 

« L’Algérie est un pays qui s’ouvre. En ce qui nous concerne, nous sommes dans une phase de réinvestissement. »

 

La messe étant dite, avec une approche certes peu conventionnelle mais pour le moins argumentée, un témoignage viendra nourrir son propos. Celui de Namik Barchiche, un entrepreneur franco-algérien, à la tête de INDC Pro, une société spécialisée dans le matériel informatique qui a enregistré plus de 300% de hausse de son chiffre d’affaires après son implantation en Algérie. « Nous, nous sommes installés en Algérie, à Bejaia plus précisément, en 2012. Aujourd’hui, notre business en Algérie représente 40 millions de $ alors que nous avons commencé avec à peine 3 millions. L’Algérie est un pays qui s’ouvre. En ce qui nous concerne, nous sommes dans une phase de réinvestissement. » Avec justement, en ligne de mire, se positionner comme une plateforme vers l’Afrique avec, dans les projets à venir, des usines de montage d’équipements électroniques, des centres technologique et de maintenance dans les 48 wilayas du pays, et dernier en date, le plus ambitieux, l’installation d’un data center.

 

« Aujourd’hui, sur le plan des infrastructures, la question est réglée, avec entre autres, plus de 1200 km de routes d’Est en Ouest ; des barrages ; des usines… Aujourd’hui en Algérie, les choses bougent très vite, tous les jours. »

 

Un discours qui confirme, par l’exemple, l’idée que veut promouvoir l’Algérie : le pays, longtemps jugé hostiles aux investissements étrangers, complexe, instable, puissance économique régionale en plein chantier sur le plan des investissements mais également des réformes en matière de climat des affaires, est une terre d’opportunité. « Aujourd’hui, sur le plan des infrastructures, la question est réglée, avec entre autres, plus de 1200 km de routes d’Est en Ouest ; des barrages ; des usines… Aujourd’hui en Algérie, les choses bougent très vite, tous les jours. » Autrement dit, c’est aujourd’hui qu’il faut y investir, demain, il sera sans doute trop tard…

 

En savoir plus : http://www.rdv-alger.com

 

Par Dounia Ben Mohamed

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