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Tunisie La Start up démocratie en road show à Paris

En marge du forum Planète PME qui se tenait à Paris les 17 et 18 octobre, une délégation tunisienne conduite par le nouveau ministre en charge du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi, est venue promouvoir sa destination auprès des PME françaises. Avec le message suivant : « La  Tunisie : votre partenaire pour le développement de votre entreprises à l’international.» Convainquant ?

La Tunisie, « Start Up démocratie ». L’expression, que l’on doit à Mehdi Jomaaa, l’ancien chef du gouvernement tunisien, a manifestement marqué les esprits puisqu’elle était reprise par l’actuel nouveau ministre en charge du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi. Ce dernier, membre du gouvernement d’union nationale en place depuis à peine une trentaine de jours est en plein road show dans les capitales occidentales. Avec pour mission, et non des moindres, promouvoir la destination Tunisie auprès des investisseurs internationaux. Les Français, entre autres, présents le 18 octobre pour le Forum Planète PME qui se tenait Palais Brongniart, Place de la Bourse, à Paris.

 

« La Tunisie a traversé cinq années difficiles mais sa capacité de résilience est très forte, ce qui confirment les atouts du pays. »

 

Au cours de « cette réunion de famille » selon le représentant de la CGPME, organisation patronale française qui réunit des PME et organisatrice du forum, a vocation à vous convaincre « que nous avons des intérêts communs. Nous avons intérêts, nous Français, si ce n’est déjà fait à nous ouvrir à la Tunisie. Pour du co-développement. » « De la co-localisation » précisera Tarak Cherif, Président de la CONECT-Tunisie, Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie.  « La Tunisie est passée par cinq années laborieuses. La révolution, beaucoup de changements, des pertes au niveau de l’entreprise… Désormais, la situation est beaucoup plus sereine avec des perspectives prometteuses, et c’est ce que nous voulons aujourd’hui partager avec vous. Ce que nous voulons : c’est de la co-localisation, développer des partenariats très utiles pour nos deux pays. Et nous avons des exemples, 1300 entreprises françaises sont présentent en Tunisie. Il y a des filières performantes, des secteurs porteurs,  dont la santé et l’éducation. La Tunisie aujourd’hui a besoin d’investissements. Les investissements nationaux sont insuffisants pour avoir un taux de croissance important, et créer les richesses, les emplois que nous voulons créer. » Et de souligner : « Il ne faut pas voir la Tunisie comme un petit marché de 11 millions d’habitants, mais il faut également prendre en compte ses voisins, l’Algérie et la Libye, mais également l’Afrique. Il y a des choses que nous pouvons faire ensemble ! La Tunisie a traversé cinq années difficiles mais sa capacité de résilience est très forte, ce qui confirment les atouts du pays. »

 

«  Nous avons mis en places les bases solides d’un investissement à moyen et long terme, à savoir un cadre démocratique dans lequel les libertés individuelles sont protégées. »

 

Des atouts énumérés par le ministre tunisien, mais après avoir « rassuré » quant à la nouvelle stabilité politique en Tunisie. « La Tunisie a en effet traversé cinq années difficiles mais au cours desquelles nous avons mis en places les bases solides d’un investissement à moyen et long terme, à savoir un cadre démocratique dans lequel les libertés individuelles sont protégées. » Il poursuit avec la mise en place de réformes destinées à relancer la machine économique tunisienne. « Nous sommes arrivés en tant que gouvernement d’union nationale fin aout. Notre première mission a porté sur l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement, fruit, pour être honnête avec vous, du ministre qui m’a précédé. Ce n’est pas la meilleure loi au monde, mais c’est incontestablement un pas en avant. » Chiffres à l’appui, il souligne que la nouvelle loi compte 25 articles contre plus de 70 pour l’ancienne. « Ce n’est pas suffisant, poursuit le ministre marqué par ses vingt cinq années passées dans le secteur privé décidé à aller plus vite, plus loin. Aujourd’hui, nous sommes en cours de faire voter une loi de la relance économique. » Au cœur de cette loi dite « d’urgence économique », l’accompagnement, directement par le ministère, des opérateurs économiques à partir d’un certain montant d’investissement et d’emplois créés. C’est l’urgence, créer des emplois dans un pays qui compte aujourd’hui près de 600 000 chômeurs selon les statistiques officiels. « Ce gouvernement est en phase de prendre les mesures rapides sur le plan économique, assure-t-il, même  s’il rappelle au passage que la Tunisie a du faire face « à des phénomènes exogènes : la situation en Libye, la conjoncture internationale, la baisse de croissance de notre partenaire commercial, l’Union européenne mais aussi sur le plan interne, l’apprentissage de la vie politique. » Ceci dit, il promet « : « nous sommes aujourd’hui sur le point d’arriver à une société mature et plus stable, sur le plan politique. » Et pour répondre au déficit public, qui s’élève à 4 milliards d’euro, des mesures difficiles ont été prises, comme le gel des salaires dans la fonction publique. « Avec la dévaluation de la monnaie, nous sommes plus compétitifs ».

 

« La sécurité de l’Europe relève également de la sécurité en Tunisie or il n’y a pas eu beaucoup de choses à ce niveau. La Tunisie a dû acheter aux prix du marché son armement et sa sécurité »

 

Le ministre fera également marque de son « étonnement » quant au soutien, où plus précisément au manque de soutien, à l’égard de la première démocratie dans le monde arabe. Sur le plan sécuritaire notamment. « La sécurité de l’Europe relève également de la sécurité en Tunisie or il n’y a pas eu beaucoup de choses à ce niveau. » Allusion aux engagements du dernier G8 qui annonçait un plan Marshall pour la Tunisie. A l’inverse, la Tunisie a du « acheter aux prix du marché son armement et sa sécurité », souligne le ministre. Lequel conclu toutefois sur une note positive : «Nous avons découvert deux choses après Ben Ali : la pauvreté existe en Tunisie_ de l’ordre de 13% de la population_et il n’y a pas appareil sécuritaire. Mais le plus dur a été fait, à savoir une transition politique sans violence. Les principales villes tunisiennes sont aujourd’hui aussi sécurisées que les capitales européennes. Je suis confiant quant à l’avenir de  la Tunisie. »

 

Conférence Internationale pour l’Investissement à Tunis les 29 et 30 novembre prochains

 

En attendant, le pays, qui a perdu 2000 entreprises, dont 500 étrangères, depuis la révolution, organise, les 29 et 30 novembre prochains, à Tunis, la Conférence Internationale pour l’Investissement. La tournée internationale de la délégation tunisienne, qui a démarré à Washington, suivi de Londres, puis Paris, et demain Bruxelles et Rome, doit justement inviter les partenaires privés à participer à l’événement. L’occasion de découvrir, voir redécouvrir, le potentiel de la Tunisie « Start Up démocratie ».

 

Pour en savoir plus : www.tunisia2020.com


 

 

Par Dounia Ben Mohamed

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