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Tribune Babacar Ndiaye « La deuxième moitié du XXIe siècle sera afro-asiatique »

La quatrième édition de la conférence Ndiaye, qui a eu lieu le 20 octobre, a été organisée à un moment où se produisent de grands changements dans le monde. Elle était placée sous le thème de « L’Afrique et la refonte du nouvel ordre mondial », lequel reflète ces développements à l’échelle planétaire. Sous la forme d’un évènement virtuel, en raison de la pandémie de Covid-19, la conférence a attiré plus de 2 000 participants. *

 

Dans son discours d’ouverture, le professeur Kishore Mahbubani, membre de l’Asia Research Institute et ancien doyen fondateur de la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l’université nationale de Singapour, a pronostiqué un basculement du pouvoir économique de l’Occident vers l’Asie dans la première moitié du XXIe siècle, tandis que la deuxième moitié du siècle sera afro-asiatique.« De l’an un à 1820, la Chine et l’Inde ont été les deux plus grandes économies du monde. Ce n’est qu’au cours des 200 dernières années que l’Europe a pris son envol, suivie par les États-Unis. Alors qu’actuellement 50% de la population des États-Unis vit une situation difficile, les 50% des personnes les plus défavorisées en Chine viennent de connaître leurs meilleures quarante années de progrès socio-économique en quatre mille ans d’histoire chinoise », a déclaré le professeur Mahbubani, penseur géopolitique de renommée mondiale et diplomate. « Dans les années 1990, la Chine a opté pour plus de pragmatisme, tandis que l’Occident a décidé de mettre l’accent sur l’idéologie », a poursuivi le professeur Mahbubani. Quarante ans plus tard, le pragmatisme, qui prône l’adoption de modèles et de solutions de développement ayant fait leurs preuves, a permis à la Chine de dépasser les États-Unis en s’imposant comme première économie au monde après avoir réussi sa transition démographique.

 

Le défi, juguler la corruption endémique qui a été le principal obstacle au développement

 

Le professeur Mahbubani a pronostiqué que la deuxième moitié du XXIe siècle serait afro-asiatique, d’autant que la population africaine devrait doubler dans les prochaines décennies. La normalisation de la culture de la méritocratie, du pragmatisme et de l’honnêteté, qui a contribué à la réussite des transitions démographiques en Chine, jouera le même rôle dans le processus de renaissance africaine et le retour du continent sur la scène internationale. La structure du triptyque MPH est également susceptible de juguler la corruption endémique qui a été le principal obstacle au développement, au fil des ans. Le professeur Mahbubani a exhorté les futures générations d’Africains « à aspirer à être aussi honnêtes que le Mahatma Gandhi et Nelson Mandela ».

Avant cela, le professeur Benedict Oramah, président du conseil d’administration de l’Afreximbank, a souligné l’esprit visionnaire du Dr Babacar Ndiaye et son influence sur le développement. « L’Afreximbank, qui a été créée pour faire face à la crise de la dette souveraine des années 1980, est devenue l’institution africaine de gestion de crise par excellence », a déclaré le professeur Oramah. L’évènement a également donné l’occasion à l’ancienne collègue du Dr Ndiaye, Arunma Oteh, de lui rendre hommage. Elle a été vice-présidente de la Banque africaine de développement pour les services aux entreprises, trésorière de la Banque mondiale et est actuellement universitaire en poste à la Said Business School de l’université d’Oxford. Elle a rendu un hommage émouvant à l’œuvre du Dr Ndiaye qui fut son mentor, et elle a fait part de la vision que celui-ci avait de l’Afrique comme puissance économique.

 

« Dans nos âmes africaines, nous portons toujours notre capacité à nous élever »

 

Le poète Dike Chukwumerije a ensuite donné une interprétation de l’histoire africaine, en soulignant la contribution de l’Afrique au monde et en rendant hommage aux civilisations organisées méthodiquement qui émaillent le passé de l’Afrique. Mettant en exergue l’importance de l’histoire dans la survie des civilisations, il a invité les Africains à chérir et à préserver leur histoire. « Dans nos âmes africaines, nous portons toujours notre capacité à nous élever », a déclaré M. Chukwumerije dans son discours de clôture. Après avoir remercié les participants et les intervenants pour leur contribution à la quatrième édition de la conférence Ndiaye, le Dr Hippolyte Fofack, économiste en chef à l’Afreximbank, a fait remarquer que « l’essor de l’Afrique dans la seconde moitié du XXIe siècle ramènera le monde au début de l’histoire » et a ainsi souligné le rôle joué par l’Afrique au titre de berceau de la civilisation.

 

Pour consulter le discours liminaire du professeur Kishore Mahbubani : https://ndiayelecture.afreximbankevents.com/

 

*La série de conférences Babacar Ndiaye, lancée par l’Afreximbank il y a quatre ans, rend hommage au rôle fondateur que Babacar Ndiaye a joué dans la création de l’Afreximbank. Ayant été président de la Banque africaine de développement de mai 1985 à août 1995, il a été le grand défenseur de la croissance économique et du progrès de l’Afrique.

Compte rendu rédigé par Afreximbank.

 

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