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Tourisme Un renouvellement de l’activité sur fond de crise Covid 19   

Tourisme sanitaire en Tunisie ; local au Sénégal ; de patrimoine au Rwanda… Alors que la pandémie Covid 19 a bouleversé le secteur touristique, premier touché par la crise, acteurs publics et privés cherchent à développer de nouvelles niches pour sauver la saison.

 

Par DBM

 

Frontières fermées, liaisons aériennes coupées, hôtels et sites touristiques fermés… Les pertes sont colossales pour le secteur du tourisme, premier touché par la crise Covid 19, à travers le monde. Au niveau des compagnies aériennes en premier lieu pour lesquelles les pertes estimées ont atteint 6 milliards de dollars selon l’IATA.  Selon les Nations Unies jusqu’à 2 millions d’emplois directs et indirects sont menacés sur le continent.

 

Une saison qui s’annonce morose…

 

« Il est urgent que les gouvernements donnent la priorité à l’aviation et annoncent des mesures de sauvetage spécifiques pour les compagnies aériennes et l’industrie aéronautique en ligne avec les autres nations » a exhorté Muhammad Albakri, vice-président de l’IATA pour l’Afrique et le Moyen-Orient lors d’une vidéo conférence. Certains s’y sont déjà attelés. Parmi lesquels, le Sénégal. Le gouvernement a affecté 3 milliards FCFA pour soutenir les sociétés et agences inféodées au ministère du Tourisme et des Transports aériens. Ce financement, inscrit dans le cadre du Plan de résilience économique et social (PRES), d’un budget de 1 000 milliards FCFA, mis sur pied par le gouvernement pour atténuer les impacts économiques et sociaux de la pandémie de Covid-19, depuis la fermeture des frontières le 20 mars, devrait permettre de pérenniser 1 500 emplois dans le secteur.

 

En attendant, si plusieurs pays sont entrés en déconfinement, la saison estivale, la plus importante pour le secteur du tourisme, s’annonce morose. Cependant, alors que autorités et compagnies aériennes annoncent une réouverture des frontières et la reprise du trafic aérien pour début juillet, acteurs publics et privés planchent sur leur stratégie touristique pour développer de nouvelles niches et reprendre une activité qui pour beaucoup pèse sur le PIB.

 

Sauver le secteur sans pour autant remettre en péril la santé de la population

 

 

Ainsi, en Tunisie, seul pays de la région qui ne connait plus de nouveau cas de Covid 19, avec une gestion maîtrisée de la crise, les autorités misent sur « un tourisme sanitaire ». Le pays, déjà en pointe dans le domaine de la thalasso thérapie, met en avant sa bonne gestion de la pandémie, la qualité de ses infrastructures sanitaires, et l’adaptation de ses établissements hôteliers aux nouvelles règles en vigueur dans ce contexte post-Covid 19, afin d’attirer les touristes. Ceci étant dit, des inquiétudes demeurent, y compris parmi les acteurs du secteur quant à la durée d’auto-confinement à imposer aux visiteurs pour éviter d’ « importer » à nouveau le virus ; comment accueillir les traditionnels, et si importants, voisins algériens alors que le pays est toujours en proie à la pandémie ; etc. Des questions à l’étude, alors que la Tunisie annonce la reprise des vols et activités touristiques début juillet, en collaboration avec les traditionnels pays habitués de la destination, la France, l’Italie, l’Allemagne… Pour le gouvernement, il s’agit avant tout de sauver le secteur, en pleine reprise avant l’apparition de la pandémie, important dans la fragile économie tunisienne ; sans pour autant remettre en péril la santé de la population.

 

De nouvelles règles imposées aux acteurs du secteur

 

Une problématique partagée avec le Rwanda. Si le pays, un pays qui jusque-là misait sur le tourisme d’affaires et de haut standing, a autorisé la reprise des activités touristiques le 18 juin, avec notamment la réouverture des parcs, l’aéroport de Kigali reste fermé aux vols commerciaux et les autorités se limitent pour l’heure au tourisme national. Imposant de nouvelles règles aux acteurs du secteur. « Les visiteurs doivent présenter un certificat de moins de 72h attestant qu’ils ne sont pas infectés par le Covid 19 », indique un responsable du parc national de Kinigi, le célèbre parc à gorilles, situé aux pieds des volcans, dans le nord du Rwanda. De même, alors que des lave-mains ont été disséminés dans l’ensemble du territoire et imposés aux abords de toutes les structures accueillant du public dès le début de la pandémie, les établissements hôteliers, désormais rouverts, sont soumis à des consignes strictes : enregistrement et prise de température dès l’entrée de tous les visiteurs, obligation de porter le masque pour le personnel comme les hôtes, adoption des gestes barrières dans les espaces communs, etc.

 

« Cette crise nous impose de penser autrement le tourisme »

 

Même schéma au Sénégal, où pour l’heure, la seule alternative pour les acteurs du secteur à l’absence de touriste internationaux, est de miser sur les locaux. A travers une politique de baisse des prix, découverte et redécouverte du patrimoine géographique et culturel du pays, assurance du respect des conditions sanitaires. « Tant que l’aéroport reste fermé, nous devons nous renouveler et développer ce tourisme national, » observe Éric FIHEY, gestionnaire de l’hôtel Sindia, situé à quelques mètres du nouvel aéroport de Diamniadio. Stratégiquement implanté dans cette ville nouvelle en plein développement, l’hôtelier était en plein investissement de son établissement quand la crise a freiné l’activité. « Nous avons maintenu une petite activité essentiellement pour aider les naufragés de l’aéroport ». Une bouée de sauvetage pour les visiteurs bloqués au Sénégal à la suite de la fermeture des frontières, pour l’hôtelier également. Mais à court terme. « Cette crise nous impose de penser autrement le tourisme. »

 

Pour prendre le temps de mettre en place cette nouvelle stratégie, des pays comme l’Afrique du Sud, pourtant première destination en Afrique, se sont résignés à sacrifier la saison, et à repousser la date de reprise du tourisme à 2021. « En Afrique du Sud, on s’attend à ce que le tourisme intérieur et les voyages d’affaires soient les principaux moteurs de la reprise, suivis par les voyages régionaux et internationaux (long-courriers)», a précisé le ministère sud-africain du tourisme dans un communiqué de presse publié au début du mois. Ce qui ne devrait en effet pas redémarrer avant 2021 avec la reprise des conférences internationales et évènements. A condition qu’une nouvelle vague de Covid ne viennent perturber cette fragile reprise…