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Cart’Afrik Tunisie Le soleil, la mer… et la thalassothérapie

Si l’activité touristique aujourd’hui reprend, elle se renouvelle et connaît une nouvelle dynamique. Avec une niche qui se confirme. Thalassothérapie, cliniques ultra-modernes, opérations chirurgicales spécialisées, soins « low cost » … La Tunisie confirme son positionnement de plateforme du tourisme médical avec une clientèle de plus en plus diversifiée : aux traditionnels Européens se sont ajoutés les ressortissants d’Afrique subsaharienne, tandis que les voisins algériens confirment leur intérêt pour les côtes tunisiennes. Reportage à Sousse.

Par Lilia Ayari

Si les attentats de Bardo et de Sousse ont frappé le secteur touristique tunisien, l’activité, pilier de l’économie, était déjà en perte de vitesse depuis plusieurs années. « Le tourisme tunisien était déjà en déclin depuis quelques années. Le Maroc est devenu plus attractif, explique Montassar, guide à Sousse depuis plus de dix ans. Nous avons connu plusieurs crises mais depuis 2011, le contexte est différent. On aurait pu l’utiliser en notre faveur et inviter à mieux connaitre la culture et l’histoire de ce pays qui a déclenché le printemps arabe. Au contraire, on a laissé la situation se détériorer jusqu’aux attaques de Bardo et de Sousse qui ont donné le coup final… »

« Il n’y a pas que la plage et le désert en Tunisie ! »

Avec la révolution, et l’intérêt suscité à travers le monde pour le pays qui a fait tomber le tyran, Montassar a créé un site avec des amis afin d’inviter les touristes internationaux à découvrir la société tunisienne en vivant chez l’habitant. Une tendance qui se développe, avec d’autres, moins balnéaire, plus axée sur la culture, l’artisanat, le patrimoine historique national… « Il n’y a pas que la plage et le désert en Tunisie. On peut découvrir la cueillette d’huile d’olive ou de dattes dans le sud, la vie des pêcheurs à Kerkennah, au printemps les orangers du Cap Bon… les produits phares de la Tunisie. Il faut promouvoir le patrimoine culturel, artisanal, gastronomique de la Tunisie. Mais la priorité c’est le capital humain. Travailler sur le service ».

Le tourisme thalasso ne connait pas la crise

Ce qui est au cœur de la réputation des établissements du groupe Hasdrubal qui compte plusieurs hôtels… spécialisés dont la thalasso. A l’hôtel Port el Kantaoui – qui doit son nom au port de plaisance qui se trouve à deux pas – calme, convivialité et professionnalisme sont les mots d’ordre. « Notre hôtel n’est pas conçu pour un tourisme familial ou de masse, souligne le directeur, Charfeddine Mokhtar. C’est de l’hôtellerie haut de gamme. Nos clients, essentiellement des séniors, sont majoritairement des curistes ». Ici, tous les clients sont appelés par leur prénom, dès leur arrivée. La majorité, une clientèle européenne, vient bénéficier des soins thalasso dispensés par l’hôtel, pionnier dans le domaine en Tunisie et plusieurs fois distingués sur la scène internationale. Un hôtel par ailleurs 100% écologique. L’eau est récupérée de la mer et recyclée. Même si l’hôtel n’a pas été épargné par la crise touristique que connait la ville, il s’en sort néanmoins nettement mieux que les autres, et ce grâce à un concept qui a permis de fidéliser le client. En fonction de la formule de son séjour, le client bénéficie, dès le deuxième séjour, de mesures promotionnelles avec des services et soins offerts. Plus il vient, moins il paie en somme. Résultat, l’hôtel affiche un taux de retour de 60%. Y compris cette saison. Des Français, des Suisses et des Russes pour l’essentiel. Ainsi que quelques Tunisiens, ceux-ci bénéficiant d’une réduction de 30% sur le séjour, y compris pour les Tunisiens de la diaspora. Sans oublier les Algériens ! Et depuis peu, quelques Subsahariens.

Une catégorie de touristes longtemps négligée par les acteurs du secteur, mais qui aujourd’hui fait l’objet de toutes les attentions. « Le fait est que les professionnels du secteur ont longtemps méprisé le touriste algérien, comme Africain, reprend Montassar. On s’est concentré sur les Européens. C’est aujourd’hui qu’on commence à s’y intéresser… » Alors que le tourisme intra-Afrique se développe à mesure que les classes moyennes explosent sur le continent.

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