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Le dossier du mois

Tourisme Nouvelles ambitions, nouveaux acteurs, nouvelles offres

En berne ses derrières années, la destination touristique sénégalaise affiche un regain d’intérêt. L’installation de chaines hôtelières internationales, la relance de la compagne nationale, le développement de nouvelles sources d’attractivité touristique y participent…

 

Par Bilkiss Mentari

 

Ancien fleuron de l’économie nationale, au second rang après la pêche, le tourisme sénégalais aura traversé des heures difficiles. Si le pays a été épargné par les attentats terroristes à l’inverse de ses voisins, le vieillissement de ses infrastructures hôtelières et l’absence de renouvellement de son offre, aura couté sa place à la principale destination touristique régionale, qui a perdu 5 points en quelques années. Un positionnement que le pays entend retrouver.

 

Dakar modernise ses infrastructures d’accueil et ambitionne de se hisser comme la capitale du tourisme d’affaires dans la région

 

En misant, comme d’autres, sur une niche, le tourisme d’affaires. Avec la nouvelle ville de Diamniadio et son temple des affaires, le Centre international de conférences Abdou-Diouf (Cicad), inauguré en grande pompe en 2014 à l’occasion du quinzième sommet de la Francophonie ; le nouvel aéroport international ; le Dakar Arena ; le Radisson Diamniadio et la prochaine implantation d’un hôtel Mövenpick, prévu pour les premiers jeux olympiques africains en 2022, Dakar modernise ses infrastructures d’accueil et ambitionne de se hisser comme la capitale du tourisme d’affaires dans la région. Allant, là aussi, marcher sur les plates-bandes de la Côte d’Ivoire.

 

Mais à l’inverse de sa voisine, le Sénégal ne part pas de zéro dans le domaine alors que le tourisme contribue déjà à plus de 6% du PIB dans le pays et emploie près de 150 000 Sénégalais. Essentiellement axé sur le balnéaire, avec ses 700 km de côtes, l’offre sénégalaise se voulait, jusqu’à présent, une harmonieuse conjugaison entre une position géographique stratégique, à 5 heures de vol du grand marché émetteur européen ; un climat favorable avec un ensoleillement constant pendant toute l’année ; une multitude de parcs nationaux et de réserves, une culture riche et variée, un patrimoine historique, qui plait à la clientèle afro-américaine et des Caraïbes, avec notamment les îles de Gorée et de Saint-Louis ; sans oublier la légendaire hospitalité de la Terranga, devenue l’un des éléments clés des slogans publicitaires touristiques.

 

« Un accroissement de l’offre et de la qualité́ »

 

Reste qu’aujourd’hui il s’agit de, en partant de ces acquis qui ont fait les grandes heures du tourisme sénégalais, de rafraichir la politique touristique, en termes d’infrastructures comme de développement de nouvelles niches. Une nouvelle feuille de route inscrite dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), qui vise à porter la contribution du secteur à 15 % du PIB en cinq ans, par un « un accroissement de l’offre et de la qualité́ » selon l’Apix. Laquelle mise sur la nouvelle desserte aérienne assurée par Air Sénégal pour inviter les investisseurs, et notamment les Européens, à saisir les opportunités qu’offre le secteur. Selon le schéma prédéfini par l’Apix. A savoir : la mise en place de sites de développements touristiques intégrés et cibles autour de segments clairs (balnéaire, culturel/religieux, affaire, éco-tourisme), avec une offre produit riche, diversifiée et spécifique aux segment(s) cibles; le développement de l’offre d’a aire et de « city trip » à Dakar et sa zone périphérique ; le réaménagement de Saly avec le développement d’un tourisme d’a aire domestique ; l’aménagement du Niokolo-Koba et développement d’une offre d’éco-tourisme/tourismecynégétique (safari) ; l’aménagement de stations touristiques de nouvelle génération (Joal-Finio : Ile de 800 mètres de long à aménager avec une parcelle hôtelière d’une capacité́ de 250 chambres, un espace commercial, un jardin écologique, etc. ; Pointe Sarène : 110 ha à aménager avec cinq hôtels d’une capacité́ globale de 1600 chambres, 120 villas haut de gamme, une base nautique, etc. ; Mbodiène : 504 ha à aménager avec quatre hôtels, des centres commerciaux, des terrains de golf, un parc d’attraction, etc. ); les réceptifs touristiques (hôtels, resorts, restaurants). Sans oublier la formation, pour gagner en qualité, à travers la création d’instituts professionnels.

 

Valorisation de l’offre culturelle

 

Enfin, le Sénégal entend également valoriser son offre culturelle avec les cercles mégalithiques de Sénégambie classés au patrimoine de l’Unesco, mais aussi le Monument de la Renaissance africaine et le tout nouveau musée de Dakar.

 

En attendant,  les autorités multiplient les opérations de communication afin de séduire les touristes, les investisseurs par la même occasion. Ce qui semble fonctionner. Ainsi le Club Méditerranée, déjà présent dans le pays depuis les années 70,  va contribuer à la relance du tourisme sénégalais, à travers un projet de 40 milliards FCFA. Ce projet, développé sur la réserve de Saraba, sur la Petite Cote, via un partenariat public-privé , et le plus grand investissement touristique de la sous-région ouest-africaine. De même, la chaîne RIU Hotels & Resorts, laquelle élargit son développement en Afrique, a annoncé un investissement estimé à 150 M EUR au Sénégal. En collaboration avec la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal (SAPCO), la chaîne internationale prévoit l’implantation de 2 propriétés hôtelières sur 25 hectares de terrain acquis dans la zone de Pointe-Sarène, sur la côte ouest du Sénégal, à 35 km du nouvel aéroport international Blaise-Diagne.