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Togo Le secteur privé se mobilise en faveur du PND

Lancé le 4 mars dernier dans la capitale togolaise, le nouveau Plan national de Développement du Togo ambitionne de booster la croissance avec la création de milliers d’emplois à travers un partenariat public­ privé.  Pour y parvenir, les autorités togolaises auront la lourde tâche de convaincre des investisseurs privés qui commencent à se mobiliser…

Par Blamé Ekoué, à Lomé

D’un coût total estimé à environ 4622 milliards de FCFA, environ (7 milliards d’euros), le Plan National de Développement, un programme quinquennal couvrant la période 2018_­2022 envisage de solliciter le secteur privé à hauteur de 65% du coût total requis. Pour le chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, il ne fait aucun doute que l’apport des investisseurs privés sera capital dans sa réalisation. Pour ce faire, il pense mettre en place un environnement propice aux investissements. «Le PND attend de nous des attitudes qui favorisent un environnement propice aux investissements», a ­t’­il rappelé lors de la cérémonie de lancement le 4 mars dernier. Son appel a trouvé un écho favorable auprès des investisseurs privés.

Avec le PND le Togo vise une croissance économique de l’ordre de 7,5% avec plus de 500 milles emplois crées à l’horizon 2022

Déjà, le pays vient de signer un premier accord de partenariat avec le groupe Ecobank dans le cadre de ce plan national de développement, marquant ainsi l’intérêt que porte le secteur privé au partenariat public­privé dans les pays africains. La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), le bras financier des 15 Etats membres de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, entend aussi jouer sa partition dans ce plan.  «Le rôle de la banque c’est d’identifier les projets et programmes susceptibles d’être financés dans ce cadre. Tout dépendra de la nature des projets qui nous seront soumis et nous verrons ce que nous pourrons financer et dans les limites de la banque. Mais tout compte fait, nous sommes absolument prêts. Nous travaillons avec le gouvernement afin de mobiliser des ressources pour les financer » a tenu à rassurer Bashir Mamman Ifo, le président de la BIDC. Avec le PND le Togo vise une croissance économique de l’ordre de 7,5% avec plus de 500 milles emplois crées à l’horizon 2022. Pour l’ancien premier ministre et financier, Lionel Zinsou, les jalons sont déjà posés pour sa réussite.  «Le pays a déjà des résultats qui sont assez impressionnants et du progrès en termes de réformes économiques sanctionnées par la progression très forte au classement Doing business de la banque mondiale en matière d’environnement des affaires. C’est une méthode prudente et elle a été élaborée collectivement. Et la deuxième chose que je vois, c’est une vision simple et cohérente du plan», a ­t ­il expliqué.

« Les ressources publiques sont rares et il est impératif d’en rationaliser l’utilisation pour parvenir aux fins que nous nous sommes fixées »

La mise en œuvre de la défunte Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) initiée en 2013 a connu des avancées notables. En effet, le pays a connu un taux de croissance annuel du PIB de 4,4% en 2017, selon les autorités togolaises.  Mais pour l’atteinte les objectifs assignés à ce nouveau plan,  les autorités veulent mettre les bouchées doubles. Ainsi, une gestion rationnelle des ressources axée sur les résultats sera mise en place dans l’exécution de ce plan. «Les ressources publiques sont rares et il est impératif d’en rationaliser l’utilisation pour parvenir aux fins que nous nous sommes fixées» insiste Faure Essozimna Gnassingbé  pour qui il est aussi important de maintenir une paix et un environnement rassurant, afin d’attirer d’importants investissements nécessaires à la réussite des différents projets inscrits dans ce plan. Déjà, les autorités intensifient les efforts pour mobiliser davantage de ressources publiques, afin d’accompagner le secteur privé. L’office togolais des recettes (OTR) ambitionne mobiliser, pour les ressources fiscales et douanières, une recette annuelle de 699 milliards de FCFA pour le compte de cette année.  « D’importantes mesures ont été prises pour permettre à l’Office togolaise des recettes d’atteindre cet objectif », rassure Philippe Kokou Tchodié, le nouveau directeur général de l’OTR. En effet, le pays a adopté un nouveau code général des impôts en vigueur depuis  le début de cette année pour maximiser  les recettes fiscales. Certes, tous les signaux sont au vert pour la réussite de ce plan qui concerne tous les domaines porteurs de croissance. Toutefois, certains analystes pensent qu’il faudra y associer la communauté à la base à travers une campagne de sa vulgarisation.

Blamé Ekoué, Lomé