ArchivesLe dossier du mois

Togo : Feuille de route 2010-2020, le gouvernement lance le chantier de l’éducation

«Donnez un poisson à un homme, et il aura à manger pour une journée ; apprenez à un homme à pêcher, et il aura à manger toute sa vie ». Cette maxime du chinois Lao Tseu est traduite dans les faits par les autorités togolaises à travers la politique sectorielle de l’éducation pour la période de 2010 à 2020. 

Les autorités togolaises toujours dans le souci de favoriser la contribution de l’éducation au développement économique, social et culturel ont adopté ces dernières années une déclaration de politique sectorielle de l’éducation pour la période de 2010 à 2020. Ce programme fixe les objectifs à moyen terme mais décrivent aussi les ressources nécessaires ainsi que les stratégies et les actions à mettre en œuvre pour les atteindre. «Pour atteindre l’objectif d’une scolarisation primaire universelle de qualité, la part du budget de  l’Etat  consacrée  à  l’enseignement  primaire  sera  relevée  à  40  pour  cent  des  dépenses courantes  de  l’éducation  d’ici  2020 », a déclaré le chef de l’état togolais Faure Gnassingbé, dans son traditionnel discours à la nation en début de cette année. En effet, dans le cadre de sa politique de développement du système éducatif, le gouvernement togolais a adopté respectivement en 2009 et en 2010, une déclaration de politique sectorielle de l’éducation (DPSE) et un plan sectoriel de l’éducation (PSE). Après une première phase triennale de mise en œuvre, le plan sectoriel de l’éducation a été révisé et projeté à l’horizon 2025 avec à la clé, la définition de nouveaux objectifs nationaux en matière d’éducation au Togo. Selon le ministre des enseignements primaire et secondaire et de la formation professionnelle, Prof. Komi Paalamwé Tchakpélé, ces différentes réformes permettront en partie, d’étendre la couverture du préscolaire à travers le développement de l’expérience communautaire au bénéfice des populations rurales et des milieux les plus défavorisées.  «Tous ces efforts permettront aussi de développer un enseignement fondamental de qualité prenant en compte le primaire et le premier cycle du secondaire avec pour objectif prioritaire l’atteinte de la scolarisation primaire universelle en 2022 », a-t-il ajouté. Le ministre assure que ces réformes comptent aussi développer l’enseignement technique et la formation professionnelle en référence aux demandes de l’économie togolaise en termes d’emploi.

Déjà, dans le cadre de la nouvelle orientation, grâce à la coopération sino-togolaise, le Togo a bénéficié de la construction au centre-ville de Lomé d’un nouveau complexe scientifique d’un coût d’environ 7 milliards de FCFA financé par le gouvernement chinois. Ce bâtiment  de six grands blocs pédagogiques, comprenant quarante-sept salles, vingt-cinq laboratoires (physique, chimie, sciences de la vie et de la terre, informatique…), une bibliothèque, une salle multimédia de plus de 300 ordinateurs, un laboratoire informatique, une cantine et des équipements sportifs avec un stade multisports de 1400 places.

 

Mise en place des réformes pour la gratuité du préscolaire et de l’enseignement primaire

Après près de 17 ans de crise sociopolitique, le système éducatif togolais a connu des changements majeurs depuis 2008. En effet,  afin de réaliser la scolarisation primaire universelle en 2015, le gouvernement togolais a décrété, en octobre 2008, l’abolition des frais scolaires pour l’éducation préscolaire et primaire. Cette nouvelle politique adopté par le Togo s’inspire des trois dernières réformes que le pays a connues en 1975, en 1998 et  en 2005.

Pour accompagner la mesure de la gratuité de l’école primaire, le gouvernement a mis en place une dotation de 2 milliards de FCFA. Selon certains analystes, la gratuité a été une mesure courageuse puisque en cette période, le Togo sortait d’une longue léthargie liée à la crise socio-économique. «Cette décision a soulagé les parents que nous sommes. Nous avons même souhaité que cette mesure s’étende plus loin pour couvrir les autres aspects », a confié le président de la fédération des associations des parents d’élevés du Togo, Alassane Tchakpedeou.

La suppression des frais de scolarité pour l’éducation primaire a permis au Togo de remplir les dernières conditions pour son élection au fonds catalytique du Partenariat mondial pour l’éducation en mars 2010. Ce fonds a alloué une subvention de 45 millions de dollars US pour financer le Projet éducation et renforcement institutionnel (PERI). «Sur le plan pédagogique, l’Etat s’est engagé à recruter et à former l’ensemble des enseignants non qualifiés sur toute l’étendue du territoire. Grâce au projet PERI, il compte aussi ouvrir de nouvelle écoles de formation qui sera spécialisé dans l’encadrement pédagogique des enseignants volontaires en service dans les écoles primaires publiques», a expliqué le président de la Fédération des syndicats de l’éducation national (FESEN) M. Essotina Boyode.

 

Une nette augmentation du taux de scolarisation au Togo

Ces différentes réformes ont permis au Togo d’atteindre ses objectifs en matière de fréquentation des écoles et ceci grâce à la politique de gratuité de l’école primaire et préscolaire décidée en 2008 par l’Etat togolais.

Selon les derniers chiffres rendus publics, le taux net de scolarisation au primaire est passé de 86,5% en 2013 à 96% en 2016. Dans ce même contexte, selon les autorités en charge de l’éducation, les politiques d’alphabétisation en direction des adultes affichent aussi de bons résultats. « Entre 15-45 ans, le taux d’alphabétisation est en hausse dans le pays. Ce taux qui était de 62,5% en 2012, passera à 72,7% en 2017 », a confié, la direction des statistiques. Elle explique que ces résultats ont été rendus possibles, grâce à l’engagement du gouvernement qui a mis à disposition 944 centres d’alphabétisation qui ont formé 14.824 femmes et 4.254 hommes. «Nous avons 1500 nouveaux enseignants diplômés de l’Ecole normale de instituteurs qui seront déployés à la rentrée 2016-2017 pour renforcer le système éducatif togolais de même que 3375 professeurs des collèges qui bénéficieront aussi d’une formation continue en français et en sciences toujours dans le souci d’apporter un plus à l’éducation togolaise», a renchéri la Direction des enseignements primaire et secondaire.

En ce qui concerne la transition primaire-secondaire, le taux est en perpétuelle hausse passant de 69,8%   à 74% entre 2013 et 2014, dépassant ainsi les résultats attendus en 2014  qui sont de 70%. Le taux d’achèvement du secondaire est quant à lui passé de  36,6% en 2013 à 37% en 2014, soit une légère  progression alors que la cible attendue est de 48,3% pendant que le taux moyen de redoublement au secondaire est passé de 21,8% en 2013 à 22,5% en 2014 pour une cible de 16,3%, renseigne le gouvernement.

Selon le ministère, au plan des contenus, les reformes curriculaires sont en cours de finalisation autant que la mise en place des politiques d’intégration des TIC dans le système éducatif togolais.


 

Par Emmanuel ATCHA

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe