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L'usine MaraPhones à Kigali produit 1200 smartphones par jour-DR
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Smartphones La concurrence s’organise face aux géants asiatiques

Le marché des smartphones est en pleine explosion en Afrique et pourrait devenir un terrain de bataille commerciale. Aujourd’hui largement dominé par les groupes asiatiques et notamment chinois, le marché attire des concurrents européens mais aussi africains, tous deux aux stratégies bien différentes.

Par Simon Vermot Desroches

 

En 2018, le cabinet Deloitte, l’un des plus importants cabinets d’audit et de conseils au monde, prévoyait qu’en 2020, 660 millions d’Africains seraient équipés d’un smartphone. Un nombre qui aurait doublé entre 2016 et 2020. Et avec une population jeune et en pleine expansion de plus d’1,2 milliard de personnes, le marché est très alléchant pour les géants de la téléphonie mondiale. Si la marque à la pomme n’a jamais montré un intérêt particulier pour le continent, son concurrent mondial, le coréen Samsung, lui, s’en donne à cœur joie en dominant le marché depuis de nombreuses années. Et derrière lui, ce sont les groupes chinois qui imposent leurs marques, avec des prix en dessous de la moyenne. Car c’est bien le prix qui freine le plus les envies d’achat de smartphones en Afrique sub-saharienne selon GSM Association, l’association internationale représentant les intérêts des opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile.

Pour concurrencer, miser sur le toujours moins cher ou la qualité

 

Pour concurrencé cette assise asiatique, Orange a décidé de faire des téléphones encore moins chers, et en partenariat avec Google, a annoncé à la fin du mois de septembre l’arrivée d’un smartphone à 30 dollars. 30 dollars pour un téléphone et une offre mobile, cela devrait attirer quelques clients dans les filets de l’opérateur français, qui préfère tout de même y voir une manière d’intégrer une nouvelle population dans la révolution numérique. Mais souvent le low-cost, voire très low-cost, rime avec mauvaise qualité. Une concurrence africaine a donc décidé de prendre le contre-pied. C’est le cas par exemple de la marque Guinéenne Kunfabo. « Concurrencer les groupes chinois sur le marché du low-cost, ce n’est pas gagné », explique sa directrice générale Fadima Diawara avant de poursuivre : « Mais faire des smartphones de qualité, qui, avec les mêmes caractéristiques, sont moins chers que ceux de la concurrence et en intégrant une gamme de services c’est possible. » Kunfabo propose donc des smartphones avec des applications africaines intégrées « qui s’adressent aux africains », un service après-vente, une garantie, la possibilité de pouvoir payer en plusieurs fois… « Les mentalités ont changé et aujourd’hui les africains veulent des produits qui leur ressemblent surtout la nouvelle génération », explique la jeune femme.

 

Mara Phones, prémices d’un nouveau savoir-faire africain

 

Mais la route reste semée d’embuches, notamment face aux difficultés de financements qui empêchent la compagnie d’avoir son usine en Afrique et qui l’obligent à faire fabriquer ses téléphones à l’étranger alors que tout le processus de création est en Guinée. « Des investissements qui nous permettraient de créer un téléphone 100% africain, depuis les minerais du Congo jusqu’à la production et la vente uniquement sur le continent ». Et c’est précisément ce qu’a fait le Rwanda, de l’autre côté du continent avec la marque Mara Phones. Une usine de production a vu le jour au mois d’octobre 2019, faisant des Mara Phones les premiers smartphones 100% produits en Afrique, du plus petit au plus complexe de ses composants. Si bien sûr, l’aspect financier d’un tel marché est considérable, chacun des acteurs aiment aussi à rappeler la dimension humaine de la couverture en smartphones du continent. Notamment en termes d’accès à l’information, à l’éducation, à des services, et finalement à l’insertion de toute la population dans une Afrique qui s’annonce très digitale dans les prochaines décennies.

 

 

 

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