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Sénégal : Le tourisme en déclin

Ancien fleuron de l’économie nationale, le tourisme sénégalais traverse des périodes difficiles à tel point que sa disparition n’est pas écartée par les professionnels du secteur.

Le dernier rapport de la Banque Mondiale l’avait souligné, les professionnels du secteur l’ont explicité davantage avec des mots qui renseignent sur le niveau de crise : « à l’agonie », « un marasme sans précédent » etc… Aujourd’hui, le tourisme sénégalais se meurt à petit feu. Une situation corroborée par le diagnostic sans complaisance fait par le Syndicat des Agences de voyage du Sénégal (SAVS). « Le taux de remplissage des hôtels est catastrophique, la fréquentation a chuté de 75% à Saly, de 80% au Sine-Saloum et en Casamance, 90% au Sénégal-oriental. Même le tourisme d’affaires concentré à Dakar ne tient plus. Aujourd’hui, les hôtels 4 et 5 étoiles font moins de 40% et les hôtels 3 étoiles en sont à moins de 70% », dénonce Mamadou Sow, le président du SAVS. Ces difficultés commencent déjà à produire leurs effets. En effet, des hôtels ont mis la clé sous le paillasson, de même que certaines agences de voyages et de location de véhicules.

Le ralentissement du secteur du tourisme s’explique par l’érosion des plages de Saly, des taxes aéroportuaires trop élevées qui font du Sénégal la destination touristique la plus chère, l’entrée en vigueur du visa biométrique ou encore une fiscalité trop lourde. Comble de malheur, le contexte Ebola fait craindre le pire aux éventuels voyageurs. Pour sortir de ce gouffre, les professionnels du tourisme proposent une thérapie intensive. Mamadou Sow, le président du SAVS, montre la voie du salut : Le visa biométrique qui complexifie et renchérit inutilement les formalités de départ des visiteurs doit être supprimé. Les taxes aéroportuaires doivent être réduites pour baisser le prix des billets et attirer les compagnies aériennes notamment Low Cost. La fiscalité et les poursuites pour fraude doivent être abandonnées pour permettre aux entreprises de se rétablir et enfin l’Agence sénégalaise de promotion touristique doit se voir attribuer un financement de 4 milliards CFA ». Une batterie de mesures dont l’application devrait sauver ce vivier de l’économie nationale.


Par Mouhamed Camara