La Ministre de l’Éducation du Rwanda, Dr. Valentine Uwamariya et la Jeune Talent 2021 du Rwanda, Annette Uwineza-Fondation l'Oreal-DR
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Science : au Rwanda, la fondation L’Oréal célèbre les chercheuses du continent

Dévoilée à Kigali, la liste des lauréates du 12prix Jeunes Talents Afrique subsaharienne de la fondation L’Oréal a récompensé, une nouvelle fois, vingt chercheuses du continent pour leurs projets scientifiques à fort impact. Une initiative qui met en valeur tant les efforts éducatifs déployés par le pays hôte en faveur des femmes que le chemin restant à accomplir ailleurs sur le continent. 

Par Ange Iliza, à Kigali 

Engagée depuis 1998, au côté de l’UNESCO,  à « accélérer les carrières des femmes scientifiques et [à] lutter contre les obstacles qu’elles rencontrent, pour qu’elles puissent contribuer pleinement à la résolution des grands défis de notre temps », la Fondation L’Oréal a, une fois encore, décidé de soutenir des programmes de recherche menés par des femmes du continent africain en décernant le 25 novembre, à Kigali,  le 12prix Jeunes Talents Afrique subsaharienne L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science. 

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20 lauréates sélectionnées parmi 411 candidatures

Les 20 récipiendaires ont été sélectionnées par un jury international de L’Oréal-UNESCO et parmi 411 candidatures, avant d’être formées pendant quatre jours, à des compétences en matière de négociation, de gestion, de leadership et de communication aux médias. Autant d’éléments susceptibles de contribuer à l’accélération de leur carrière, au-delà de leur excellence scientifique. Lauréate de cette promotion 2021, la rwandaise Annette Uwineza- boursière postdoctorale en sciences de la vie et de l’environnement- a notamment été récompensée pour son projet de recherche qui permet d’identifier les troubles génomiques rares du développement neurologique à un stade précoce chez les enfants. Son rêve a toujours été qu’un jour, la science permette le développement de traitements peu coûteux basés sur la thérapie génique. 

Lenye Dlamini, une doctorante du Swaziland, estime pour sa part que « c’était une expérience révélatrice […] de voir de grands scientifiques venir encourager et reconnaître [leur] travail » avant d’ajouter que « pour devenir de bons modèles pour les jeunes filles, les [lauréates du prix L’Oréal-Unesco] avaient aussi  besoin de grands modèles». La directrice générale de la Fondation L’Oréal,  Alexandra Palt, a de son côté souligné l’importance du programme mis en place par son institution sur le continent, des questions telles que la résistance aux antibiotiques, le paludisme, le VIH, la perte de biodiversité et les enjeux de durabilité étant « des problèmes cruciaux que les scientifiques devaient aider à surmonter, en particulier à la lumière de la pandémie ». 

Le Rwanda, pays modèle dans l’éducation scientifique des filles

Quant à la décision d’organiser la cérémonie de remise des prix au Rwanda, celle-ci est tout sauf le fruit du hasard : le pays n’a cessé d’investir dans l’amélioration de l’éducation des filles dans les filières STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). À tel point que lors de la proclamation des résultats de l’examen national en août cette année, très orienté « sciences », sept des dix meilleurs élèves du pays étaient des filles. Présente lors de la conférence de presse de remise des prix, la ministre rwandaise de l’éducation, Valentine Uwamariya- elle-même une scientifique- s’est pour sa part félicitée que « les efforts [déployés] depuis dix ans pour soutenir l’éducation des femmes aient [commencé] à porter leurs fruits ». 

À l’échelle du continent néanmoins, le tableau d’ensemble est moins rose, avec seulement 14 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, soit 6,4 % de la population étudiante mondiale. Un chiffre trop faible au regard du poids démographique africain dans la population mondiale (environ 15 %). Or, « seulement un tiers d’entre eux sont dans les sciences, et nous arrivons ensuite à la pire partie de l’histoire, à savoir combien de femmes parmi ces étudiants ? Les choses commencent bien au niveau de la maîtrise et du baccalauréat, avec un meilleur équilibre entre les sexes, mais nous perdons des femmes au niveau du doctorat et nous les perdons encore plus lorsqu’elles entrent sur le marché du travail », a tenu à rappeler le professeur Hubert Gijzen, directeur régional de l’UNESCO. 

« Le monde a besoin de la science et la science a besoin des femmes » 

Or, pour lui, c’est une évidence, « le monde a besoin de la science et la science a besoin des femmes ».  

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