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Samia Suluhu Hassan, femme, musulmane … et présidente !

Depuis le 17 mars dernier, suite au décès du président tanzanien John Magufuli, Samia Suluhu Hassan est officiellement entrée dans l’histoire. Celle de la Tanzanie, de l’Afrique plus largement où elle figure désormais sur la liste des femmes cheffes d’État. Plus qu’un hasard de l’histoire, un destin… Portrait.

 

Par Bilkiss Mentari, à Paris

 

Comme souvent dans l’Histoire, c’est à la suite de tragédies que s’écrivent les plus grandes histoires. L’avenir nous dira si celle de Samia Suluhu Hassan sera jalonnée de succès, pour elle, pour son peuple en premier lieu. En attendant, depuis le 17 mars 2021 et le décès du président Tanzanien, l’homme qui aura depuis le début de la pandémie nié la réalité de la Covid 19 et laissé son pays plonger dans la crise sanitaire, puis, économique et sociale, Samia Suluhu Hassan est le nouveau président de la République unie de Tanzanie.

 

« Mama Samia », une personnalité politique discrète mais respectée

 

A 61 ans, « Mama Samia » est une personnalité politique discrète mais respectée sur la scène politique tanzanienne.  Née en janvier 1960 à Zanzibar – les îles semi-autonomes au large des côtes de la Tanzanie continentale, elle étudie l’administration publique, d’abord en Tanzanie, puis en tant que diplômée de l’université britannique de Manchester.

Membre du parti Chama cha Mapinduzi (CCM), elle est d’abord ministre dans la région semi-autonome de Zanzibar. De 2000 à 2005, elle occupe la fonction de ministre de l’Emploi des jeunes, du Développement des femmes et des enfants ; puis, de 2005 à 2010, ministre du Tourisme, du Commerce et de l’Investissement. De 2010 à 2015, elle est députée pour la circonscription électorale de Makunduchi ainsi que ministre d’État pour les Affaires de l’Union. En 2014, elle est élue vice-présidente de l’Assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle constitution du pays. À la suite des élections générales de 2015, elle devient la première femme vice-présidente de Tanzanie, créant la surprise, au côté du président John Magufuli, avant de, naturellement, lui succéder à sa mort.

 

Et c’est elle qui, le 17 au soir annoncera aux Tanzaniens la mort de leur président, et au passage son intronisation à la tête du pays. Selon la constitution, elle devrait servir le reste du mandat de cinq ans au poste suprême. Devenant ainsi la seule femme dirigeante politique actuelle en Afrique – la présidence éthiopienne est un rôle largement cérémoniel – et rejoint une courte liste de femmes du continent à avoir dirigé leur pays.

 

« Un leader très compétent »

 

Appréciée pour son calme, respectueuse de la hiérarchie, elle aura secondé John Magufuli, le « bulldozer » tout en prenant ses distances et affirmant ses positions quand elle le jugera nécessaire. Ainsi, elle n’hésitera pas en 2017 à rendre visite au chef de l’opposition Tundu Lissu à l’hôpital de Nairobi, après qu’il ait survécu à une tentative d’assassinat.

 

C’est la « femme politique la plus sous-estimée de Tanzanie, déclarera à son sujet un député, January Makamba. J’ai observé de près son éthique de travail, ses prises de décision et son tempérament. C’est un leader très compétent ». Cela l’avenir le dira…

 

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