Emmanuel Macron est annoncé à Kigali en mai prochain-DR
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Rwanda-France Une nouvelle page …

Une visite, plus que symbolique, au Mémorial du génocide de Kigali (en anglais : Kigali Genocide Memorial, KGM ), un discours très attendu, l’inauguration du nouveau centre culturel français et des RDV économiques stratégiques. Ce sont les grandes étapes du déplacement du président français Emmanuel Macron à Kigali, les 27 et 28 mai. Une visite qui vient confirmer le rapprochement entre les deux pays, alors que de nouvelles relations s’ébauchent sur les plans économiques, technologiques, culturels également…

Par Dounia Ben Mohamed, à Kigali 

Ouverture des archives, publication de rapports sur l’implication de la France, procès de génocidaires réfugiés en France… Ses derniers mois, les dossiers qui avaient conduit à une rupture entre la France et le Rwanda semblent se dénouer, alors que de nouvelles relations s’ébauchent sur les plans économiques, technologiques, culturels également. Une nouvelle ère qui s’ouvre confirmée par la visite du président français Emmanuel Macron à Kigali, les 27 et 28 mai.

« Les dernières années ont en effet été marqués par un travail commun entre la France et le Rwanda tant sur les sujets multilatéraux comme le numérique, la santé, l’égalité entre les femmes et les hommes que sur le volet bilatéral, notamment à travers l’investissement dans le secteur privé et les projets locaux portés par l’Agence française de développement »

Au programme, une première étape, incontournable et plus que symbolique, au Mémorial du génocide de Kigali (en anglais : Kigali Genocide Memorial, KGM ), suivi d’un discours très attendu, « l’étape finale de la normalisation » des relations entre les deux pays, selon l’Élysée. « A l’invitation du Président de la République rwandaise, M. Paul KAGAME, le Chef de l’État se rendra tout d’abord au Rwanda à Kigali. Ce déplacement intervient dans le cadre d’une dynamique de normalisation des relations entre les deux pays faisant suite à plusieurs étapes de rapprochement avec les autorités rwandaises, précise l’Élysée. Outre la question mémorielle, les dernières années ont en effet été marqués par un travail commun entre la France et le Rwanda tant sur les sujets multilatéraux comme le numérique, la santé, l’égalité entre les femmes et les hommes que sur le volet bilatéral, notamment à travers l’investissement dans le secteur privé et les projets locaux portés par l’Agence française de développement. »

Même si tout laisse à penser que le président français ne demandera pas officiellement d’excuses au peuple Rwandais, ceci dit il devrait reconnaître, dans la lignée des conclusions apportées par le rapport Duclert, « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes ». Un «important pas en avant» selon les termes de Paul Kagamé, lequel participait, signe du rapprochement, au Sommet sur le financement des économies africaines qui se tenait le 18 mai à Paris. 

Un processus de rapprochement initié par Nicolas Sarkozy et confirmé par Emmanuel Macron 

Le résultat d’un délicat processus de rapprochement initié par Nicolas Sarkozy. Celui que l’on dit « proche » du président Kagamé, encore récemment, en visite au Rwanda, est qualifié d’ « ami du Rwanda ». « Dans notre culture, on ne juge par une personne sur ses propos ou son passé, explique un jeune entrepreneur rwandais. Si elle fait un pas vers vous, on l’accueille favorablement ». Ce pas sera accompli en 2010, Nicolas Sarkozy lors d’ un déplacement à Kigali – le premier d’un chef d’État français depuis le drame_, admettra «de graves erreurs d’appréciation» de la France. Des efforts poursuivis par son successeur Emmanuel Macron. A travers notamment le soutien, apprécié, de Paris à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’OIF, effectif depuis octobre 2018. 

« Ces financements s’inscrivent dans une dynamique de relance du partenariat entre le Rwanda et la France, au service de la population rwandaise et en particulier de sa jeunesse »

Entre temps, les bases d’un rapprochement économique sont posées. A travers notamment la visite à Kigali d’une délégation de l’Agence française de développement (AFD), conduite par Rémy Rioux, en juin 2019. Un déplacement qui s’est traduit par la signature, été 2020, de deux accords pour près de 50 millions d’euros en prêts et en subventions. « Ces financements s’inscrivent dans une dynamique de relance du partenariat entre le Rwanda et la France, au service de la population rwandaise et en particulier de sa jeunesse » commentait alors l’AFD. En octobre dernier, Bpifrance, la banque publique d’investissement française, signait un protocole d’accord avec la toute jeune Rwanda Finance Limited (RFL), une société détenue par le gouvernement du Rwanda, pour renforcer la coopération économique entre la France et le Rwanda. Tandis que le commerce bilatéral entre la France, même s’il reste faible, augmente nettement. Au cours de la dernière décennie il est passé de 13,7 MEUR en 2010 contre un total de 25,3 MEUR en 2019. 

De nouveaux partenariats économiques pour sceller le rapprochement

D’autres signatures et partenariats devraient marquer la visite de Macron au Rwanda et sceller le rapprochement. Sur le volet industriel, l’énergie, la formation. Sur le plan de la Tech également, alors que Kigali s’érige comme la Mecque de la Tech en Afrique, à travers des initiatives comme l’ouverture annoncé d’un bureau de Digital Africa à Kigali. « Le Rwanda est un pays ouvert aux investissements, à tous les investissements, d’où qu’ils viennent, à condition qu’ils nous accompagnent sur le chemin du développement » indique un responsable du Rwanda Development Board, l’incontournable agence publique qui conduit tous les chantiers inscrits dans la stratégie de développement du Rwanda. 

Sur le plan culturel également. Si le Rwanda a remplacé le français contre l’anglais, l’enseignement du français est de retour, à travers les initiatives de l’OIF notamment. Avec la réouverture du Centre culturel francophone du Rwanda, qui doit être inauguré par Emmanuel Macron, six ans après la fermeture du centre culturel français. Le président français devrait également profiter de sa visite pour proposer à ses homologues rwandais la nomination d’un nouveau ambassadeur français à Kigali. Le signe tangible du début d’une nouvelle ère dans les relations franco-rwandaises…  

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