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Le dossier du mois

RSM Le choix de la mixité

S’associer à des acteurs locaux pour se développer est au cœur du modèle choisi par le cabinet d’audit RSM. Une approche qui marche : le groupe est présent dans 46 pays en Afrique. Explications avec Amaury de la Bouillerie, François de Bustamante, associés et Alioune Touré, associé gérant au Sénégal ainsi que Bassam Dahman, responsable du bureau Middle East & North Africa.

Propos recueillis par DBM

 

Présentez-nous RSM ?

 

Amaury de la Bouillerie :RSM est un réseau construit sur l’association de trois grands cabinets spécialisés dans l’audit et l’expertise, présents aux États-Unis, en Angleterre et en France, qui vont décider de se réunir, chacun restant propriétaire de son propre cabinet, pour faire du business.

 

Cette association entre cabinets va finalement être le modèle de RSM pour son expansion à l’international, et notamment en Afrique ?

 

Amaury de la Bouillerie : En effet, ce modèle nous l’avons étendu dans une centaine de pays dans le monde et dans 46 pays en Afrique.

 

François de Bustamante : Il faut savoir qu’à l’origine, nous étions très peu présents sur le continent. Lequel était géré via notre bureau en Afrique du Sud. Aussi, la première étape a constitué à détacher la partie Afrique du Nord et Subsaharienne pour la rattacher à la zone Middle East avec laquelle il y avait plus de liens. Ensuite, il a fallu trouver des partenaires solidaires. Ce qui s’est fait sur l’humain. Ce sont d’abord des relations humaines, de confiance, sur laquelle on développe du business. C’est comme ça que nous avons démarré notre relation avec Alioune (NDLR : Alioune Touré, associé, Sénégal). Il nous a été recommandé par un partenaire au Niger. Et c’est ainsi que depuis cinq ans nous étoffons notre présence sur le continent. Et nos collaborateurs sont ravis que les équipes soient mixtes.

 

Amaury de la Bouillerie : De même que la diaspora. Quand on a lancé le Desk Afrique, beaucoup de nos collaborateurs à Paris ont manifesté le désir de travailler sur le continent.

 

Cette mixité, et donc cette complémentarité au sein de vos équipes, avec à la fois les standards internationaux et l’expertise locale, c’est le ciment de votre réussite ?

 

Amaury de la Bouillerie : Par exemple, quand on répond à des appels d’offres, nous faisons travailler différentes équipes ensembles ce qui fait que nous avons une offre complète.

 

François de Bustamante : Ainsi,  le correspondant tchadien peut répondre à tous les appels d’offres, même s’il ne dispose pas de toutes les compétences requises, parce que celles qui lui manquent, nous les lui apportons à travers les autres bureaux.

 

Alioune Touré : Ce qui fait que cela fonctionne, c’est que contrairement à d’autres grands groupes, qui sont de grosses machines sans âme, c’est que RSM créé du lien. J’ai passé une grande partie de ma carrière dans ce type de groupe où j’étais relégué à une case, où nous étions arrivés à un tel niveau de compétitions, entre les équipes, que j’ai décidé de me retirer. Je me suis lancé, seul. Mais quand on est seul, on est limité. C’est là que l’on m’a présenté François et RSM, et l’aventure a commencé.

 

Selon vous, ce sont ces PME françaises qui font le choix du partenariat local, du transfert de compétence, de l’humain, qui offrent une alternative à la perte de vitesse de la présence française en Afrique ?

 

Alioune Touré : C’est simple, avant, les entreprises françaises qui arrivaient en Afrique nous disaient « on sait tout, on va vous montrer ». Or, j’ai une expérience, et une expertise. Aussi, je n’attends pas qu’on me dise ce qu’il faut faire mais ce que le « partenaire » sait faire et donc m’apporter. RSM c’est cela. D’abord une disponibilité. Quand on demande un RDV, il faut attendre une semaine au Sénégal avant de décrocher un premier entretien avec une personne qui n’est pas la bonne. Chez RSM, c’est instantané. La deuxième chose, l’écoute. Dans les grands boîtes, on vous consacre à peine trois minutes. Ici, on prend le temps de comprendre avant de proposer des solutions.

Amaury de la Bouillerie : Notre stratégie est de focaliser sur les hommes. On veut prouver que 1 + 1 donne 3 à la fin. L’énergie, le succès vient de l’équipe.

 

Bassam Dahman : Les sociétés françaises, les PME notamment, quand elles viennent dans la nouvelle Afrique, elles sont effrayées par la législation, la réglementation, la fiscalité locale. Alors elles deviennent humbles. Pour éviter les erreurs. Parce que pour une PME, la moindre erreur peut être fatale. Donc, quand elles s’implantent, ce n’est pas en tant que société française, mais juste comme une société. Le meilleur moyen pour la France de gagner des points dans cette compétition mondiale, c’est de miser sur les PME , parce qu’elles sont « normales ». Ce sont des entrepreneurs qui viennent faire du business sans donner de leçon.

 

Peut-on parler d’une French touch en Afrique ?

 

François de Bustamante : La touch française, c’est d’abord de l’humain. On a acquis de l’humilité en quelques années. Le gouvernement français, parce qu’il a un vice-président français à la Banque Mondiale, pense qu’il sait tout faire. Or, il faut de l’humilité.

 

Amaury de la Bouillerie : Une proximité naturelle également. La langue déjà nous structure. Elle nous permet d’avoir accès assez vite à nos interlocuteurs africains. En plus, je pense que, de part et d’autre,  on est de moins en moins décomplexé par l’histoire. Les blessures historiques ont été exprimées, aujourd’hui on regarde vers le futur. C’est l’expérience de l’Afrique qui peut lever les barrières.