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Réseau 4G : Les Togolais veulent la fluidité et rapidité de la connexion

Le marché de l’Internet au Togo est animé par quatre acteurs : Togo Telecom avec 63 610 abonnés, CAFE Informatique avec 2 964 abonnés, Togo cellulaire avec 431 869 abonnés 3G et 23 096 abonnés EDGE/GPRS et Atlantique Telecom Togo avec 381 711 abonnés EDGE/GPRS. Les deux derniers étant des opérateurs mobiles. Après la 3G, l’opérateur de la téléphonie mobile public du Togo, Togocel, va lancer le réseau de la quatrième génération, 4G, dans le courant de cette année. En effet, Ekoué Amaïzo, le responsable marketing de Togocel, a confirmé que la 4G sera une réalité au Togo en 2016 avec sa société qui enregistre 2,6 millions d’abonnés soit 85% des clients abonnés au mobile sur toute l’étendue du territoire.

Le réseau 4G que le premier opérateur de téléphonie mobile ambitionne de déployer utilise une technologie LTE (Long Term Evolution) et offre un accès haut débit qui peut aller jusqu’à 100 mégabits par seconde. Au sujet de ce réseau que le gouvernement togolais prétend lancer, Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Economie numérique a indiqué qu’« actuellement, dans la sous-région, il n’y a que 2 ou 3 pays qui ont véritablement lancé la 4G. Tous les autres sont à la 3G et réfléchissent sur l’opportunité de déployer la 4G. Le Togo envisage d’ailleurs d’enchaîner avec la relance du processus d’attribution de la licence 4G au cours de cette année 2016 ». Certes pour la ministre, le gouvernement vient de faire un grand pas en manifestant sa volonté, mais le tout doit être conjugué avec l’engouement des investisseurs. « En plus, il faut admettre que tout n’est pas lié à la volonté du gouvernement d’accorder des licences 4G. Il faut composer avec l’engouement des investisseurs à opérer sur notre marché et aussi la capacité d’absorption des services 4G au regard des besoins spécifiques du marché togolais ».

Les deux opérateurs de téléphonie mobile sur le même pied d’égalité

Avec l’introduction de cette technologie améliorant fortement la qualité, la fluidité et la rapidité de la connexion internet mobile, le Togo pourrait ainsi rejoindre le cercle très fermé des pays africains disposant d’une telle technologie. Les autorités togolaises ont décidé de mettre les deux operateurs de téléphonie mobile du pays sur le même pied d’égalité pour faciliter le passage au réseau 4G dans les mois à venir. Ainsi, Atlantique Telecom Togo, filiale du groupe Maroc Télécom, s’est vu octroyer une licence 3G, le 25 janvier 2016. « Cela va relancer certainement la concurrence sur le segment de la téléphonie mobile et notamment sur l’internet, mobile car le consommateur aura à faire un choix entre les deux opérateurs mobiles. Le choix du consommateur souvent dicté par le rapport qualité / prix », a tenu à préciser la ministre des Postes et de l’Economie numérique pour qui désormais le passage au réseau 4G n’est qu’une question de temps. Si tout semble concourir à l’arrivée imminente de cette technologie tant attendue par les Togolais, cela nécessitera d’importants investissements de la part des opérateurs. C’est dans cette optique que les autorités togolaises ont exigé des deux operateurs de téléphonie mobile d’importants investissements afin d’offrir une connexion fluide à leur clientèle.

L’attente est grande chez les utilisateurs de la toile au Togo

Les internautes togolais apprécient diversement cette information et beaucoup d’entre eux nourrissent toujours des réserves vis-à-vis de la qualité, d’autant que la 3G ne comble toujours pas leurs attentes. Ils sont nombreux, ceux qui estiment que les sociétés de téléphonie mobile doivent plutôt faire de leur possible pour renforcer la qualité défectueuse du réseau 3G déjà existant. « Si nous ne sommes pas satisfait de la 3G, moi je ne pense pas que c’est la 4G qui va nous satisfaire. Je préfère qu’on nous renforce la 3G, avec la fluidité, la rapidité de la connexion internet au lieu de nous servir une 4G qui serait à mon avis une coquille vide », a déclaré Roger Lawson, un cadre de Banque de la place. Le pessimisme est encore plus accru chez Yves Agbemadon, étudiant en droit à l’université de Lomé. « Je n’attends absolument rien de la 4G annoncée par Togo Cellulaire puisqu’avec la 3G, la connexion est balbutiante et n’encourage guère à naviguer sur son téléphone, je ne pense même pas que nous sommes à la 3G ». Pour certains internautes togolais, l’optimisme est de mise avec la transition à la 4G. « Si c’est vrai cette histoire de 4G, ce serait une excellente chose pour la rapidité de la connexion afin de télécharger nos data en un temps record », confie Toulan Bénédicte, employée dans une société de la Zone franche au Togo. En tout état de cause, la 4G permettra au Togo de rentrer dans une nouvelle dimension en matière de connexion et c’est tous les utilisateurs de la toile qui vont en tirer profit. La 4G va ouvrir ainsi la porte à des usages multimédias tels que la transmission de vidéo, la visioconférence ou l’accès à internet haut débit. Déjà, une loi vient d’être votée en avril 2016 pour la suppression de taxes et droit de douane à l’importation des équipements informatiques et autres appareils. Ceci, pour une « démocratisation » de l’outil informatique.

Des chiffres qui parlent de l’essor de l’internet au Togo

Selon les chiffres de l’Autorité de Réglementation des secteurs de Postes et de Télécommunications (ARPT), l’organe régulateur du secteur, au 31 décembre 2015, le Togo enregistrait un taux de pénétration de 7,10% dont 6,20% pour le taux de pénétration de l’internet mobile haut débit et 0,90% pour l’internet fixe. Des chiffres en nette augmentation par rapport à l’an 2014 où le taux total de pénétration était de 3,80% dont 3,10% pour l’internet mobile haut débit et 0,70% pour l’internet fixe. Ces chiffres s’expliquent en partie par la hausse du nombre d’abonnés data mobile et du nombre d’abonnés à internet fixe qui s’élevant respectivement de 526.984 personnes en 2014 à 836.676 en 2015 et de 45.174 en 2014 à 63.610 en 2015. Les chiffres d’affaires sont aussi en nette progression. Selon l’ARPT, le chiffre d’affaires provisoire segment mobile est passé de 140 à 150 milliards de FCFA tandis que celui du segment fixe passe de 46,8 à 47,6 milliards de FCFA.


 

Par Blamé Ekoué

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