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Renforcer nos relations économiques avec l’Algérie

En 2009, les Chinois sont devenus les premiers partenaires de l’Afrique. 13,5% du commerce extérieur se faisait alors avec ce géant économique naissant contre seulement 2,7% avec le pays du soleil levant. En Algérie, ces données se vérifient notablement aussi. La Chine est le premier fournisseur commercial de ce pays du Maghreb arabe avec 7,44 milliards de dollars, sur un total de 53,29 milliards de dollars d’importations durant les onze premiers mois de l’année 2014. Pour ne pas se faire distancer par la Chine, le Japon y investit et s’y implante encore davantage. Le terrain est loin d’être étranger aux Japonais qui ont toujours nourri une ambition spéciale pour cette partie du globe.

 

Les relations entre l’Algérie et le Japon remontent, en effet, aux années 70 quand les entreprises nippones étaient présentes dans les grands chantiers. Les événements douloureux que traversera le pays durant les années 1990 entraineront la perte du terrain pour la partie nipponne qui s’attelle à rattraper le temps perdu. En 2014, les importations algériennes du Japon étaient de l’ordre de 388 millions de dollars. 40% représentent les véhicules, 20% la machinerie et le reste s’articule autour des dérivés de métaux. La partie algérienne n’a rien d’éblouissant dans ses relations économiques avec ce pays du soleil levant. Ses exportations en hydrocarbures est de l’ordre de 1,6 milliard de dollars en 2014 : 57% pour le gaz naturel et 43 % pour les produits pétroliers. Masato Akahori, chargé des affaires culturelles et de la communication auprès de l’ambassade du Japon en Algérie, fait pour ANA le point de la coopération entre les deux pays.

Entretien

Quelle appréciation faites-vous des relations algéro-japonaises ?

Historiquement parlant, les relations entre l’Algérie et le Japon datent d’avant l’indépendance de l’Algérie à travers l’installation du bureau du FLN à Tokyo, en 1958. Depuis lors, les deux pays maintiennent toujours de bonnes relations. Nos relations sont marquées par la coopération économique et technologique, notamment dans le domaine du développement de l’hydrocarbure, un des secteurs clé en Algérie. Cependant, nos relations économiques s’élargissent aujourd’hui à d’autres domaines tels que le commerce, le transport, la télécommunication, la pêche, etc. Par ailleurs, depuis quelques années, nous avons aussi développé notre dialogue sur la question politique. Les consultations et le dialogue politique et sécuritaire sont renforcés. Ainsi, nos deux pays travaillent davantage dans le sens du développement d’un partenariat stratégique.

Le Japon s’investit davantage en Afrique et y suit la voie de la Chine qui y est déjà imposante. Quelle en est votre lecture ?

Depuis 1993, le Japon organise la Conférence Internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique « TICAD » pour renforcer ses relations avec les pays africains afin de soutenir leur croissance. L’engagement du Japon vis-à-vis du continent africain a commencé par l’accroissement de l’APD (Aide Publique au Développement) telle que la coopération financière et technique. Mais depuis des années, nous sommes passés au stade du renforcement du commerce et des investissements. Actuellement, l’économie du continent africain est en bonne voie de développement. Aujourd’hui, le commerce et l’investissement japonais avec les pays africains ont considérablement augmenté. Nous ne suivons pas la voie des autres pays. Nous considérons que la coopération économique japonaise est tout à fait originale. Nous mettons beaucoup l’accent sur le partenariat gagnant-gagnant. L’avantage de notre coopération est que nous avons beaucoup de haute technologie et de point de vue à moyen et long terme, nous travaillons ensemble pour réaliser la formation professionnelle et le transfert des technologies dans le but de contribuer au développement durable de l’Afrique.

Quel est l’état actuel du volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et le Japon ?

La valeur des deux volumes d’importation et d’exportation représente deux milliards de dollars.

L’investissement des entreprises japonaises en Algérie reste quand-même en deçà des espérances. Comment expliquer cette situation ?

Je constate qu’il y a beaucoup de potentialité entre l’Algérie et le Japon sur le plan de l’accroissement du commerce et de l’investissement. Je voudrais faire le mieux pour le renforcement de nos relations économiques. Cependant, les sociétés japonaises ne sont pas très bien informées sur le marché algérien, donc, il est nécessaire pour les sociétés japonaises de mieux comprendre le marché algérien. De son côté, l’Algérie doit faire l’effort d’informer les sociétés japonaises de son marché, ses avantages ainsi que sa politique d’accueil de l’investissement étranger. Le Japon s’intéresse beaucoup à investir en Algérie. Si l’Algérie assure la transparence et la prise de mesures en faveur des investissements, ça serait l’occasion pour les sociétés japonaises de plus s’engager dans l’investissement en Algérie.

Comment voyez-vous l’avenir du Japon en Afrique en général et en Algérie en particulier ?

Le Japon souhaite travailler en étroite collaboration avec les pays africains à travers la TICAD. L’année prochaine, la TICAD VI se tiendra, pour la première fois, dans un pays africain. Le Gouvernement du Japon envisage de renforcer ses relations d’amitié et de coopération avec les pays africains à travers la TICAD. A cette occasion, nous souhaitons discuter des divers problèmes qui touchent la communauté internationale tels que la réforme des Nations Unies et le changement climatique.

Quelle place envisagez-vous avoir dans les années à venir en tant que troisième puissance économique mondiale aussi bien en Algérie que sur le reste du continent?

L’Algérie est en étroite relation avec les régions subsahariennes. Le Japon considère que l’Algérie est un partenaire stratégique, donc  une porte d’entrée vers les pays d’Afrique. Nous avons déjà un bon exemple. Chaque année, la JICA organise le séminaire sur le « Renforcement de l’Enseignement maritime au Moyen-Orient et en Afrique francophone ». Aussi, dans le domaine de la prévention des catastrophes naturelles, l’Algérie et le Japon souhaitent partager leur expérience des leçons acquises avec les pays africains. Nous voulons promouvoir cette coopération triangulaire avec l’Algérie et d’autres pays africains.

Un forum Japon-Afrique est prévu à Addis-Abeba le 31 août 2015. Quelles en sont vos attentes ?

J’ai reçu la nouvelle que le forum d’affaires aura lieu à Addis-Ababa en Ethiopie. C’est un forum des affaires, et j’espère qu’il y aura de bonnes discussions entre des hommes d’affaires africains et japonais. Cela est une bonne occasion pour la préparation du futur meeting du TICAD. Le gouvernement du Japon félicite de la tenue de ce forum et n’épargne pas des efforts pour soutenir sa réussite.

 


Par Kaci Racelma

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