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Rencontres Africa : des cliniques modulaires façonnées en France à destination de l’Afrique

Les Rencontres Africa, tenues les 24 et 25 septembre au Palais des Congrès à Paris, ont réuni près de 2000 entreprises françaises et des décideurs africains. Parmi les stands, celui de Bovis, société de transports de matériaux fragiles. Installé au Maroc, son PDG vise le marché africain.

Par Mérième Alaoui, à Paris

Le stand de la société française Bovis est important est bien fourni. De grandes affiches mettent notamment en valeur les projets de cliniques modulables. L’entreprise familiale de transports et d’installation de matériaux lourds, fragiles ou précieux aux 140 millions d’euros de chiffres d’affaires, cherche à se diversifier. « Nous travaillons beaucoup dans l’aéronautique, dans les transports d’œuvres d’art mais aussi dans le matériel de santé. C’est sur ce secteur que nous souhaitons nous développer sur le continent » explique le président directeur général, Pascal Bovis. C’est justement l’un des secteurs phares des Rencontres Africa 2018 avec le BTP-infrastructures, la sécurité -défense et l’agroalimentaire. « C’est tout récent, nous sommes installés au Maroc depuis l’année dernière. C’est pour nous une vraie plateforme, une bonne porte d’entrée » poursuit-il.

Née en 1977, la société qui a multiplié son chiffre d’affaires par 100 an 20 années seulement, veut se démarquer de ses concurrents en proposant un produit complet et qui réponde à l’urgence. « Nous avons eu l’idée de monter des cliniques modulaires puisque nous sommes spécialistes de l’installation des équipements médicaux et que nous avons la certification Haute autorité de santé. Un point important qui facilite l’accès aux assurances et aux financements » souligne-t-il.  La clinique modulaire porte bien son nom car l’objectif est de répondre au cas par cas en fonction de la demande du pays acheteur. L’idée est de partir d’une « feuille blanche » et de monter très rapidement une clinique avec 6 ou 14 lits par exemple selon les besoins. Comme un assemblage de kits. Une offre qui serait sur-mesure.

« Au Maroc, nous avons vite vu la différence entre le littoral et l’arrière-pays. Faire une dialyse à Casablanca ne pose pas de problème mais dans l’Atlas c’est autre chose » détaille Pascal Bovis qui mise sur la capacité de la société crée par son père en 1977, à s’adapter rapidement. « A mon avis, le modulaire est même aujourd’hui plus performant qu’un gros centre hospitalier. Il permet de répondre rapidement aux demandes et de changer de techniques en fonction des besoins »

« Ce genre de salon est utile pour rencontrer directement les décideurs. Sentir le marché également ».  

Pour répondre à la promesse de rapidité, les murs sont construits en France et amenés sur site en bateaux. Pas de béton pour la construction mais des matériaux composites. « C’est plus résistant. Dans des climats parfois humides comme en Afrique subsaharienne, le béton se désagrège ». C’est aussi un bon moyen d’offrir un coût plus bas pour un résultat « de bonne qualité ». Cette nouvelle génération de centre de soins pas cher, est déjà concrète à Troyes, (Aube) et jusqu’au Viet-Nam. Aucun contrat n’est encore signé avec un pays africain. « Au Maroc, nous avions bien avancé en partenariat avec l’ancien ministre de la Santé. Puis il a été remplacé et il a fallu tout recommencer… C’est comme ça ! » déplore le PDG. « C’est aussi pour cela que ce genre de salon est utile, pour rencontrer directement les décideurs. Sentir le marché également ».   

Et Bovis ne s’y trompe pas. La santé est un des besoins criants du continent, dans lequel la France est en retard par rapport à ses concurrents chinois. « La santé est devenu un enjeu crucial en Afrique qui reste le territoire ou le taux de morbidité est le plus élevé au monde (…), et avec 3% des professionnels de soin formés » rappelle Nora Berra, ancienne secrétaire d’état la santé de Nicolas Sarkozy en conférence d’ouverture. Et de préciser que l’investissement de la banque mondiale dans la santé est à hauteur de 7 milliards de dollars. Le secteur privé français est ainsi vivement invité à prendre sa part dans ce marché africain émergent. L’édition de Rencontres Africa 2018 semble remplir ses objectifs dès l’ouverture, c’est ce dont se réjouit Marc Hoffmeister, commissaire général de l’événement. « Nous avons enregistré près de 2000 entreprises, nous avons et 3600 rendez-vous à gérer à l’avance ». A voir si les entreprises françaises arriveront à signer les contrats visés.


Par Mérième Alaoui, à Paris