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Reine Mbang Essobmadje Le numérique, levier de développement

Fondatrice d’Evolving Consulting, Reine Mbang Essobmadje, entrepreneure dynamique et ambitieuse,  mise sur l’innovation pour faire bouger les choses dans son pays, le Cameroun, mais aussi en Afrique.

 

Par Dounia Ben Mohamed

 

A peine son événement terminé, Reine repart déjà pour de nouvelles aventures. Fin août dernier, elle organisait la cinquième édition des Journées TIC (technologies de l’information et de la communication) et Numérique Africa 4.0. Cette manifestation illustre sa vision du développement. « La promotion du numérique en Afrique n’est pas juste un effet de mode. C’est d’abord un outil fondamental en Afrique pour combler les différents gaps, réduire les multiples fractures et surtout permettre au continent de combler son retard en matière d’industrialisation », rappelle-t-elle avant de poursuivre. « Le numérique en Afrique revêt un caractère essentiel pour rapprocher les territoires, apporter aux populations divers services et offrir la même qualité de vie partout. Et, enfin le digital permet de rapprocher les Africains entre eux et renforcer la coopération Sud-Sud. » Cette conviction, défendue par Reine, n’est pas née du jour au lendemain mais se veut le fruit d’années de réflexion liées au parcours de cette « passionnée du numérique » comme elle se définit.

Formée à l’internationale, Reine est titulaire d’un master en réseaux et télécommunications de l’Ecole centrale d’électronique (ECE) de Paris, obtenu en 2004, d’un MBA (master business administration) en management international, obtenu en 2013 à l’Institut d’entreprises d’Espagne et d’un  MBA à l’université de management du Singapour. Ses premiers pas dans la vie active se font d’abord en France puis aux Etats-Unis. « Inadaptée au salariat », selon ses propres termes, Reine se tourne alors vers l’entrepreneuriat et crée, en 2009, Evolving consulting, une structure de consulting spécialisé dans les TIC. Elle délivre ses conseils aux Etats, aux entreprises mais aussi aux institutions internationales. « Mon parcours reste principalement celui d’une passionnée du numérique. J’ai étudiée cet outil à l’école, je me suis formée, et j’en ai fait mon activité professionnelle principale. » Et d’ajouter : « J’ai beaucoup changé de postes à l’intérieur des entreprises. Finalement, ces changements m’ont fait comprendre que j’avais envie de choses différentes et que je ne pouvais m’épanouir qu’en créant mon propre emploi. Cela s’est traduit par la naissance de Evolving consulting en 2009 en France avec l’ouverture d’une filiale au Cameroun en 2010. »

Accroître la présence des femmes dans les filières scientifiques

En plus de son activité professionnelle, Reine s’engage sur le plan associatif. Elle est co-fondatrice de La coalition digitale, une ONG organisatrice des journées TIC et numérique Africa, membre du mouvement patronal camerounais, le Gicam dont elle préside, depuis septembre 2017, la commission économie numérique. « Beaucoup d’initiatives naissent et l’engouement pour les nouvelles technologies ne cesse de s’accroître d’années en années. Désormais, nous avons besoin d’une structuration du cadre de coopération entre les différents acteurs publics-privés et les ONG. Je crois qu’en renforçant cette coopération, nous serons collectivement beaucoup plus efficaces. D’ailleurs, notre ONG, la Coalition digitale, qui coorganise la 5eédition des journées TIC & numérique, en a fait son motto : « capitaliser sur le réseau et le savoir-faire des membres de la Coalition pour bâtir un écosystème digital résilient et une économie digitale inclusive. » Selon elle, la révolution est en marche… « Cet esprit d’innovation que l’on observe avec la jeunesse africaine est formidable. Il y a une volonté de se battre, de créer, d’innover, de faire des choses. Ces initiatives, d’abord motivées par des raisons individuelles, profitent par la suite à l’ensemble de la société. Des actions fortes doivent être menées pour encourager cette jeunesse africaine et lui permettre de prendre toute sa place. »

Le digital, assure-t-elle, participe également à l’émancipation des femmes. « La démocratisation des moyens de paiement, des outils comme le téléphone, permettent aux unes et aux autres de communiquer ; un certain nombre de services et d’applications facilitent l’accès aux soins des femmes enceintes par exemple. Le numérique bénéficie aux femmes. » A ce titre, Reine se mobilise en particulier pour l’éducation. «  Au niveau de la coalition digitale, nous avons des actions fortes pour que davantage de femmes s’impliquent et fassent des études dans les filières scientifiques et technologiques, ce qu’on appelle plus globalement les STEM (sciences technique engineering and mathematics). Cet engagement repose sur une équation simple : Nous avons tous besoin de produits et de services. En participant à leur création,  nous permettons aussi leur consommation. Participer à la conception permet de produire des services et des applications qui correspondent aux besoins des populations. Voilà pourquoi nous mettons en place des programmes de mentorat, le WoMentor, une contraction de Women et Mentor. Nous avons des programmes comme Hack4Girl pour former les jeunes filles au codage informatique, et des compétitions réservées aux femmes. Encourager le sexe féminin dans ces filières liées à l’ingénierie, nous participons aussi au développement des sociétés africaines. »

Le coaching pour encourager les femmes

Entre le Cameroun, l’Afrique, la France, les Etats-Unis, Reine est connectée dans tous les sens du terme. La source de son énergie : son continent, aux multiples richesses, humaines en premier lieu, qui ne demandent qu’à être révélées. Dans ce domaine, Reine croit en la force des réseaux et du mentoring. « Nous en avons toutes besoin. D’ailleurs, dans le cadre du programme de mentorat, nous essayons d’encourager des jeunes filles en leur permettant d’accéder à des conseils de professionnels. Il demeure important que chacune prenne pleinement conscience de sa valeur, de sa contribution pour le développement des sociétés africaines et du rôle de la femme dans ces sociétés. De tout temps, les femmes en Afrique ont toujours joué un rôle fondamental dans la société, et nous avons besoin que de plus en plus de femmes s’investissent pour l’Afrique, pour un développement inclusif, pour un écosystème numérique, pour plus d’égalité, plus de justice et surtout de durabilité. Les femmes ont un rôle à jouer pour construire une Afrique pleine d’opportunités dans les domaines de l’agriculture, de la finance, des médias, et autres, en utilisant le numérique et le digital comme levier d’innovation et d’impact. »