Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Actualité

RD Congo Une reprise économique « modérée »

La crise politique ayant trouvée une issue avec la tenue des élections et l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Une stabilisation de la scène politique qui se traduire par une reprise économique ? Perspectives avec Jean-Baptiste Ntagoma, économiste, ancien conseiller auprès de Matata Ponyo, à la Primaire de RD Congo.

Propos recueillis par DBM

 

Après des années de stagnation causées par la situation politique dans le pays, la reprise économique est-elle au RDV en RD Congo ? 

 

Après un repli constaté en 2016, la croissance a timidement rebondit au 2ème trimestre 2017 en se situant à 3,5% entre 2,9%. Cette reprise de la croissance a été tirée essentiellement par le secteur minier avec une augmentation vertigineuse des cours du cuivre et du cobalt (respectivement 7215 et 70 816,7 USD).  Cette embellie a permis l’amélioration du compte courant. Les réserves de change se sont accrues et se sont situées à 858,7 millions USD à fin décembre alors qu’au début de l’année, elles s’étaient situées à 845,44 millions USD.

 

Cette tendance haussière de l’activité économique Congolaise a continué avec un taux de croissance estimé à 4,1% en 2018. Au premier trimestre 2019, les cours du cuivre, du cobalt, du zinc, de l’or, du diamant, du coltan et du pétrole ont fortement baissé comparativement aux cours d’autres produits de base. En se basant sur les perspectives de cours de métaux exportés par la RDC, les perspectives individuelles sont telles que la production du cuivre, du cobalt et du zinc projettent une tendance modérée en réponse aux perspectives baissières de cours et celles de leur demande par les principaux pays exportateurs.

 

Donc une croissance qui continue d’être tirée par l’activité minière. Ceci dit, d’autres secteurs émergent ?  

 

 

Comparativement à la situation de l’année 2017, le secteur primaire a affiché une performance de 8,5%, le secteur secondaire de 2,3% et le secteur tertiaire de 1,1%. S’agissant de l’agriculture, elle s’est accrue de 1,5% particulièrement dans la branche production vivrière. La branche banque et assurance a enregistré une augmentation tandis que la contribution des branches industries manufacturières, énergie, construction, transports et télécoms, et commerce a diminué.

 

L’indice de confiance des entreprises qui s’était relevé au cours de l’année 2018 s’est à nouveau effrité à partir de septembre/octobre (respectivement -1 et -3,1 contre 26,4 en juin) sous l’influence de la fragilité de la situation politico-institutionnelle et sécuritaire du pays ainsi que du déficit infrastructurel.

 

Et l’agro-business, l’or vert, qui devait ouvrir la voie d’une RDC moins dépendante du secteur minier… Les parcs agro-industriels n’ont pas attiré les investisseurs attendus. Qu’est ce qui ne fonctionne pas ? 

 

Pour arriver à l’agro-business, il faut nécessairement plus d’investissements dans ce secteur. Le pays a tenté de relancer ce secteur avec le projet du parc agro-alimentaire de Bukanga Lonzo, en partenariat public-privé. En 2015, ce parc agro-alimentaire a enregistré son première production et celle-ci a comblé dans une certaine mesure les attentes de la population.

Les difficultés rencontrées dans le fonctionnement du parc sont dues essentiellement au roulement du personnel dans les principaux ministères du gouvernement, un vide de leadership politique, qui a affecté le financement et la supervision. Il s’ajoute que la baisse des prix des produits de base avait réduit les revenus du gouvernement congolais, rendant difficile la poursuite du niveau de soutien financier nécessaire à la maintenance du parc.

 

Reste le méga projet Inga, là aussi, qu’est ce qui coince ? 

 

C’est un projet pharaonique que le gouvernement ne peut supporter seul la charge du financement. La BAD qui avait déjà financé les études de faisabilité du projet à hauteur de 73 millions USD, a décidé de porter à cœur ce projet qui favoriserait l’industrialisation de l’Afrique. Le Président de la BAD a affirmé récemment à Kinshasa que son institution financera la construction de cet énorme barrage.

 

Pour conclure, comment voyez-vous la situation évoluer à court, moyen et long terme ?

 

Le rythme de la croissance reste légèrement modéré. Les prévisions tablent sur taux de croissance à 4,3% en 2019 et 4,4% en 2020 dû au redressement des investissements en capital notamment par les perspectives à la baisse de cours de produits de base principalement ceux de métaux tels que le cuivre, le cobalt et le zinc.

 

Ces chocs résultent de la baisse de la demande globale, ainsi qu’à la recrudescence de tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, en dépit de la réduction de l’incertitude liée à l’environnement politique.