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Rapport McKinsey « La technologie n’est ni bénéfique ni néfaste : seuls importent l’usage qui en est fait »

À l’occasion du Forum VivaTechnology, McKinsey publie une étude exclusive sur l’apport des technologies à l’intérêt général. Ses conclusions nourrissent le débat actuel autour des bouleversements technologiques.

Le cabinet a analysé 600 cas d’usage technologiques et a dressé quatre scénarios alternatifs afin de quantifier la plus-value qu’ils pourraient engendrer sur les différentes composantes du bien-être des populations : sécurité de l’emploi, niveau de vie, santé, éducation, environnement et égalité des chances. Cette recherche apporte des éléments analytiques nouveaux permettant de nourrir le débat actuel autour des bouleversements technologiques. Sur la base de son approche par scénarios, elle identifie les pistes d’action prioritaires pour les pouvoirs publics et les entreprises en faveur d’une croissance technologique inclusive. Une croissance tirée par l’innovation au service de l’intérêt général Le surplus de valeur socio-économique créé par la technologie en Europe et aux Etats-Unis pourrait atteindre 2 % par an d’ici 2030 en additionnant croissance du PIB (+ 1,5 point) et amélioration d’autres indicateurs du bien-être des populations (+ 0,5 point). Un tel résultat correspond à un scénario optimal où, d’une part, le déploiement des technologies dans l’économie et la société est activement soutenu et, d’autre part, les transitions technologiques font l’objet d’une gestion volontariste pour en atténuer les effets négatifs.

Le McKinsey Global Institute (MGI) a développé trois autres scénarios alternatifs, dont le plus pessimiste irait jusqu’à un ralentissement de la croissance doublé d’un accroissement des inégalités et du risque de chômage. Surtout, il conduirait à freiner la progression de certains indicateurs de bien-être (santé, espérance de vie, qualité de vie, niveau de stress…). Dans le scénario médian, correspondant à un « laisser faire » de la part des pouvoirs publics comme des entreprises, seule la moitié du potentiel du scénario optimal pourrait se concrétiser, soit un gain de 1 % par an. Dans ce cas, la création de valeur se limiterait exclusivement à la croissance du PIB.

Des priorités claires pour les gouvernements et les entreprises dans le déploiement des nouvelles technologies Le rapport identifie des pistes prioritaires pour les pouvoirs publics et les entreprises afin de favoriser, en parallèle, le développement des nouvelles technologies dans l’ensemble des activités économiques et sociales et la gestion anticipée des externalités négatives qu’il peut générer.

Les décideurs publics gagneraient à centrer leurs actions sur quatre priorités :

1. Améliorer l’accès aux infrastructures en favorisant les politiques publiques et les investissements qui visent à développer la couverture et la qualité des réseaux, notamment au travers de la généralisation de l’accès au très haut débit et la multiplication des réseaux wifi publics.

2. S’assurer que les franges les plus vulnérables de la population ne restent pas en marge du développement des technologies et des services associés. Les politiques d’éducation et de formation professionnelles jouent ici un rôle déterminant.

3. Réduire le coût marginal de l’innovation, grâce aux leviers de la commande publique et de l’accès aux marchés publics.

4. Gérer de manière proactive les usages des données, notamment à travers leur rôle de régulateurs en matière d’open data.

Les entreprises, de leur côté, devraient :

1. Orienter aussi fortement que possible le déploiement des technologies vers le développement de nouveaux produits, services et marchés.

2. Accroître et adapter les compétences de leurs salariés afin de s’assurer qu’elles soient en phase avec les besoins émergents qu’impose l’ère technologique.

3. Faciliter la mobilité de leurs collaborateurs en renouvelant et en enrichissant les parcours professionnels qui leur sont proposés. Une croissance tirée par l’innovation, combinée à un accompagnement volontariste et optimisé des transitions induites par les technologies apparaît comme la condition d’une amélioration simultanée de la rentabilité des entreprises et du bien-être des populations.

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