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Projet Antidelestron Une alternative aux délestages électriques

L’Association Open Burkina vient d’initier le projet  Antidelestron au Burkina Faso. Il s’agit d’une solution dont la mise en œuvre, permettra d’alerter par email ou sms, le citoyen de la ville de Ouagadougou de l’imminence d’un délestage.

Par Ibrahima Sanou, à Ouagadougou

A Ouagadougou, les coupures d’électricités sont fréquentes et les populations ne disposent d’aucune possibilité pour savoir les raisons et la durée. Fort de ce constat, l’Association Open Burkina s’est engagé depuis septembre 2017, à trouver une méthode pour y remédier. La méthode baptisée projet Antidelestron n’est pas un remède contre les coupures intempestives de courant notamment pendant la période de pointe. Elle est plutôt une solution qui permettra d’alerter par email ou sms, le citoyen de la ville de Ouagadougou de l’imminence d’un délestage. Selon le coordonnateur de l’Association Open Burkina Idriss Tinto, les Ouagalais pourront donc s’informer à travers la carte de planification des délestages en ligne, et prendre les dispositions nécessaires pour éviter les désagréments causés par ces délestages. L’autre objectif visé par le projet, c’est l’efficacité énergétique. Le projet bénéficie d’un financement de plus de 4 millions de francs CFA (environ 6 106 euros) de la part de l’Open Data Institute. Pour sa réalisation, trois équipes ont été mises en place de l’avis de son coordonnateur. La première équipe est chargée de concevoir et de déployer les différents capteurs avec des cartes arduino en tenant compte du réseau de desserte de la SONABEL. La seconde équipe est chargée d’identifier les détenteurs de données, de collecter, de traiter et de publier lesdites données en ligne après avoir fait un plaidoyer auprès des partenaires. La troisième équipe, quant à elle, a pour mission de développer les différentes plateformes. Pour la réussite du projet, l’association a associé des acteurs importants à sa réalisation. Il s’agit de la SONABEL, de la mairie de Ouagadougou, de l’Institut géographique du Burkina (IGB) qui ont exprimé leur disponibilité à l’accompagner.  « Nous avons adressé un courrier au directeur général de la SONABEL qui nous a mis en contact avec le directeur de la distribution. Ce dernier a marqué son accord et nous a dirigés vers le directeur de la communication qui, lui, est partant à 500% ». Selon Idriss Tinto, le directeur de la communication leur a demandé de refaire un autre courrier afin de constituer un comité ad hoc pour voir concrètement la faisabilité.

Pas de brevet pour l’Association Open Burkina

Il a également noté que l’Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC) est partante pour héberger le système. Cependant, avant l’opérationnalisation de son invention, l’Association Open Burkina compte travailler avec la SONABEL, à découper la ville de Ouagadougou en zones de dessertes, puis de faire correspondre à ces zones, les plans de délestage publiés par la société. En attendant que le projet ne soit bouclé, Open Burkina ne compte pas breveter sa trouvaille, estimant qu’en tant qu’acteurs des logiciels libres, « les brevets empêchent l’innovation ». L’Association Open Burkina, officiellement créé en 2017, est une communauté de jeunes burkinabè de divers profils, animés par une même passion : celle de servir la Nation, la démocratie en utilisant les opportunités qu’offre le numérique.


 

Par Ibrahima Sanou, à Ouagadougou

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