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Portrait : Martin Oloo, Fab Lab Winam pour créer un impact

Au milieu de la pandémie et des défis qui l’accompagnent, Fab Lab Winam se bat pour rester à flot, soutenir et aider les jeunes et créer un impact. Un pari lancé par Martin Oloo. Portrait

Par Ange Iliza, à Kigali

C’est sur les rives du lac Victoria, à Kisumu, que se trouve leur atelier. L’équipe et les travailleurs sont principalement des jeunes qui travaillent avec des machines, des métaux, du bois et de l’électricité, entre autres. Cet atelier est ouvert à toute personne ayant une idée qui peut être concrétisée.

Le Fab Lab Winam existe depuis 2018. Il a été initié par Martin Oloo, un jeune de 32 ans qui a vu la nécessité d’aider les jeunes qui avaient des idées mais qui manquaient de moyens pour les exécuter.

Lorsque Martin a commencé, il a compris que les Fab Labs sont l’œuvre de l’ingénierie et des machines. Il n’avait pas de formation en ingénierie. Il a donc décidé de retourner à l’école, a fait un sprint d’un an, des cours approfondis sur l’ingénierie, et est revenu pour créer le Fab Lab Winam.

“C’était fou et risqué à l’époque”

“J’ai toujours eu à cœur d’améliorer mes communautés. Quand j’ai découvert l’idée du Fab Lab, j’étais sûr que c’était nécessaire. Mais je n’étais pas sûr de la façon dont j’allais le réaliser, car je n’avais ni les fonds ni les compétences nécessaires. C’était fou et risqué à l’époque”, raconte Martin dans une interview.

Un Fab Lab (ou laboratoire de fabrication) est un atelier de fabrication numérique personnelle à petite échelle, équipé d’un ensemble d’outils flexibles contrôlés par ordinateur et de divers matériaux, dans le but de fabriquer “presque tout”.

Il existe plus de 1 750 Fab Labs dans le monde entier, dans plus de 100 pays, dont le Kenya et le Rwanda.

Être un Fab Lab signifie se connecter à une communauté mondiale d’apprenants, d’éducateurs, de technologues, de chercheurs, de fabricants et d’innovateurs – un réseau de partage des connaissances qui s’étend sur 50 pays et 24 fuseaux horaires. Comme tous les Fab Labs partagent des outils et des processus communs, le programme crée un réseau mondial, un laboratoire distribué pour la recherche et l’invention.

Encourage les idées originales uniques, innovantes et qui résolvent un problème concrêt

Fab Lab Winam travaille avec des jeunes et des entreprises du secteur informel. Ils aident à améliorer les idées originales, en les faisant passer d’une simple idée à un dispositif possible, puis à un dispositif réel et fonctionnel. Leurs produits comprennent des appareils ménagers, des machines pratiques et des outils.

En expliquant ce qu’ils font, Oloo a noté que le laboratoire encourage les idées originales qui sont uniques, innovantes et qui résolvent un problème concret.

“Nous encourageons nos équipes à proposer de nouvelles idées. En effet, nos produits sont en concurrence avec ceux de l’Italie et d’autres entreprises plus avancées et nous ne disposons pas de ces ressources. Nous devons donc faire preuve d’une créativité accrue et être uniques”, explique Oloo.

Le Fab Lab est convaincu que tout le monde, quel que soit son âge, son sexe, son origine ethnique, sa race ou sa langue, peut fabriquer et innover s’il a accès aux connaissances, aux outils et au soutien nécessaires. Il fournit aux fabricants et aux innovateurs de différents niveaux d’expertise, du débutant à l’expert, des outils, des machines et des formations techniques et commerciales qui leur permettent d’établir une voie claire dans leur parcours de développement de produits, de l’idée au marché.

Le Fab Lab travaille avec des experts dans des domaines particuliers qui aident les jeunes innovateurs à améliorer leurs idées et leur fournissent des compétences professionnelles pour qu’ils trouvent encore plus d’idées.

L’objectif du Fab Lab est de donner aux communautés locales kenyanes des compétences et des connaissances qui leur permettent de devenir économiquement aptes en leur donnant la capacité de résoudre les problèmes locaux. “Nous tenons à offrir des possibilités de formation aux jeunes entrepreneurs et aux communautés de femmes pour les aider à mettre leurs idées sur le marché, poursuit Martin. Notre richesse réside dans les personnes et la communauté. C’est pourquoi nous investissons dans le renforcement des connaissances et des compétences de notre communauté. Nous entretenons également une culture de collaboration, de créativité et de localisation dans la production, tout en travaillant en réseau avec la communauté mondiale.”

Financement et Covid-19

L’un des problèmes les plus préoccupants auquel le Fab Lab Winam est confronté est le manque de financement, qui a été exacerbé par la pandémie de Covid-19. Covid-19 a incité certains partenaires à réduire leurs dépenses, à retirer leur soutien ou à reporter leur soutien au laboratoire.

“La situation a été difficile. Nous avons eu du mal à payer le loyer, car nos produits se vendent à peine, et le financement a été considérablement réduit. Nous recherchons des financements et nous espérons pouvoir soutenir notre équipe”, explique Martin.

Selon Martin, ce problème est courant pour les jeunes entreprises au Kenya, car le gouvernement offre rarement des incitations pour ce type d’entreprises. Il ajoute qu’il est prévu de faire appel aux autorités concernées pour au moins réduire les coûts des matières premières, du loyer, de l’électricité et des taxes.

FabLab Winam travaille pour au moins trois clients par semaine. Leurs produits vont des appareils ménagers aux machines, entre autres.

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