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Pierre Gattaz, Afrobytes : « Faire prendre conscience de l’importance de l’Afrique »

Haweya Mohamed et Ammin Youssouf, les deux fondateurs d’Afrobytes, le premier hub africain dédié à l’innovation technologique africaine, ont été reçus au siège du Medef, à Paris. L’occasion également pour le président du Medef, Pierre Gattaz, d’exprimer ses sentiments sur cette Afrique en pleine mutation.

C’est au sein du Medef que Pierre Gattaz, patron de l’institution patronale, recevait les entrepreneurs issus de la diaspora africaine, jeudi 9 juin 2016. Un événement lié à Afrobytes, le premier hub qui met la lumière sur l’innovation technologique africaine. Cet événement qui a lieu sur deux jours, du 9 au 10 juin 2016, a été mis en place par Haweya Mohamed et Ammin Youssouf. Un rendez-vous qui donne la parole aux différents intervenants et invités. Il est l’occasion pour chacun d’échanger sur l’objet qui l’anime. Une manifestation réalisée pour aider à prendre conscience du développement de l’Afrique en brisant tous les amalgames.

 

Démontrer une Afrique en mouvement

Haweya Mohamed et Ammin Youssouf ont rencontré Pierre Gattaz, président du Medef qui a fait part de ses impressions et de son regard sur le développement du continent africain. « Pour ma part, je ne connaissais pas bien l’Afrique, il y’a encore un an. J’ai découvert l’Afrique à travers des délégations au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Maroc… Lors de mes voyages, j’ai pu découvrir qu’avec les Africains, nous partageons des convictions de valeur. Mon souhait est de proposer des partenariats gagnants- gagnants. Contrairement aux investisseurs. (…) Au Medef, nous sommes une institution de 750 000 entreprises et nous nous battons pour réformer le pays, dans les domaines du fiscal, du social. Nous tentons également de démontrer qu’il ne faut pas trop attendre de la croissance pour avancer et cela est valable pour l’Afrique », indique le président du Medef.

 

Un double échange

Selon Pierre Gattaz, quatre facteurs contribuent à relancer la croissance : « Il s’agit de la mondialisation de l’économie, de la globalisation des filières d’avenir, de l’innovation au niveau de la santé, de l’industrie du futur, du numérique. Même si c’est encore un domaine qui suscite de la peur, de nombreuses technologies de rupture se mettent en route. Tout ceci représente des occasions extraordinaires de rebondir, pour des entreprises, des pays et même pour le continent africain tout entier. (…) Le dernier facteur qui favorisera la croissance c’est l’entrepreneuriat ». Un des rôles du Medef est « d’expliquer que l’entreprise, c’est 80% des solutions d’un pays par l’apport d’emplois, de richesses et même d’espoir », explique Pierre Gattaz. Pour lui, la nécessité de recréer l’image de l’Afrique passe par l’entreprise. Il se dit conscient de la richesse que peut apporter la jeunesse ayant une double nationalité, par exemple, de par sa culture, mais aussi de par la connaissance de son pays d’origine.

 

« Nous aimerions dire que l’entrepreneuriat et le digital vont révolutionner l’Afrique, le monde. Nous aimerions capter les talents pour les aider. Il est triste de voir que les entrepreneurs africains vont travailler ailleurs qu’en France », ajoute le président du Medef. L’investissement des entreprises françaises en Afrique est également faible. Pour Pierre Gattaz, une des raisons qui expliquerait cette faible présence est l’aspect financier. Le problème viendrait des taux de marges qui restent relativement faibles et les exportations sont moindres comparées à celles des Italiens ou encore des Allemands. « Je propose de redresser ces marges et d’expliquer que ce rêve africain est une réalité », renchérit le patron du Medef.


 

Par Darine Habchi

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