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Perspectives économiques en Afrique 2020 « Former la main-d’œuvre de demain »

Si selon le rapport annuel, « Perspectives économiques en Afrique 2020 », la Banque Africaine de Développement, annonce une poursuite de la croissance, malgré les chocs extérieurs; son président, Akinwumi Adesina, l’urgence reste de remédier à l’inadéquation formation-emploi en Afrique en vue de mieux appréhender la quatrième révolution industrielle.

 

Par Bilkiss Mentari 

 

« La croissance économique de l’Afrique est restée stable à 3,4% en 2019 malgré les chocs extérieurs, et elle est en passe d’atteindre 3,9 % cette année et 4,1 % en 2021″, selon la principale conclusion du rapport « Perspectives économiques en Afrique 2020 » publié le 30 janvier par la Banque africaine de développement.

Ainsi, la croissance du PIB continental, plus faible qu’anticipé, tient en partie à l’expansion modérée des « cinq grandes économies » du continent, l’Algérie, l’Égypte, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud, dont la croissance combinée représentait en moyenne 3,1 %, contre 4,0 % pour le reste du continent.

 

 » Pour la première fois en dix ans, les dépenses d’investissement ont représenté plus de la moitié de la croissance du PIB continental « 

 

Ceci dit, souligne le rapport, en 2019, pour la première fois en dix ans, les dépenses d’investissement, plutôt que celles consacrées à la consommation, ont représenté plus de la moitié de la croissance du PIB continental. Si elle se confirme, cette évolution contribuera, de manière structurelle, à soutenir l’économie et potentiellement à accélérer la croissance à venir de l’Afrique, tout en augmentant la base productive actuelle et future du continent et en améliorant la productivité de la main-d’œuvre.

De façon générale, les prévisions montrent que les bases fondamentales favorables à la croissance du continent se sont améliorées grâce à ses éléments moteurs, qui s’orientent, de façon progressive, vers les investissements et les exportations nettes et se détournent de la consommation individuelle.

L’Afrique de l’Est a maintenu son avance en tant que région ayant la croissance la plus rapide du continent, avec une croissance moyenne estimée à 5,0 % en 2019 ; l’Afrique du Nord a été la deuxième plus rapide, avec 4,1 %, tandis que la croissance de l’Afrique de l’Ouest a atteint 3,7 % en 2019, contre 3,4 % l’année précédente.

L’Afrique centrale a connu une croissance de 3,2 % en 2019, contre 2,7 % en 2018, tandis que la croissance de l’Afrique australe a considérablement ralenti sur la même période, passant de 1,2 % à 0,7 %, avec en cause l’effet des cyclones dévastateurs Idai et Kenneth.

Reste, selon l’Institution à remédier, d' »urgence » à l’inadéquation formation-emploi en Afrique. Ainsi, alors que le thème du rapport 2020 est « Former la main-d’œuvre africaine de demain », la Banque appelle à une action urgente pour assurer le développement du capital humain dans les pays d’Afrique où, en termes de quantité et de qualité, celui-ci est beaucoup plus faible que dans les autres régions du monde.

Le rapport fait état également du besoin urgent de renforcement des capacités et apporte plusieurs recommandations en matière de politiques, notamment en demandant davantage d’investissements de la part des États dans l’éducation et les infrastructures pour maximiser les bénéfices à long terme de la croissance du PIB. L’une des autres exigences fondamentales, soulignée par le rapport, est le développement d’une main-d’œuvre capable de répondre à la demande pour faire face aux besoins de l’industrie.

« L’Afrique doit développer les compétences dans les technologies de l’information et de la communication ainsi que dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques. La quatrième révolution industrielle imposera des exigences de plus en plus grandes aux systèmes d’éducation qui forment des diplômés possédant ce type de compétences », note le rapport.

Pour maintenir le chômage à son niveau actuel, l’Afrique devra ainsi créer 12 millions d’emplois par an, anticipent les experts qui ont rédigé le rapport : « compte tenu des prévisions de perturbations sur les marchés de l’emploi en raison de l’évolution rapide des technologies, il est urgent que les pays s’attaquent aux principaux goulots d’étranglement qui freinent la création de capital humain. »

 

« Le chômage des jeunes doit être une priorité absolue »

 

« Le chômage des jeunes doit être une priorité absolue. Avec 12 millions de diplômés qui arrivent sur le marché du travail chaque année et seulement 3 millions d’entre eux qui obtiennent un emploi, la montagne du chômage des jeunes grossit chaque année, a déclaré Akinwumi Adesina. Regardons la vie réelle au-delà des statistiques. Entendons leur voix, ressentons leurs aspirations ».

Si de nombreux pays affichent de solides indicateurs de croissance, un nombre relativement faible d’entre eux enregistre des baisses importantes de l’extrême pauvreté et des inégalités, qui restent plus élevées que dans les autres régions du monde.

Pour l’essentiel, une croissance inclusive (consommation moyenne en hausse plus rapide pour les pauvres et des inégalités moins grandes entre les différents segments de la population) ne s’est produite que dans 18 des 48 pays d’Afrique pour lesquels des données sont disponibles.

 

« L’Afrique est dotée de ressources, mais son avenir réside dans sa population « 

C’est la principale conclusion du rapport. « Alors que nous entamons une nouvelle décennie, la Banque africaine de développement se tourne vers ses citoyens. L’Afrique est dotée de ressources, mais son avenir réside dans sa population, a déclaré Hanan Morsy, directrice du Département des politiques macroéconomiques, des prévisions et de la recherche de la Banque. L’éducation est le principal facteur d’égalité. Ce n’est qu’en développant notre main-d’œuvre que nous pourrons commencer à réduire la pauvreté, à combler les disparités salariales et à adopter de nouvelles technologies pour créer des emplois dans les secteurs de la connaissance. »

 

Cliquez ici pour accéder à l’intégralité du rapport.