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Paul Kagamé au secours de l’Union africaine

À la tête du Rwanda depuis 2000, Paul Kagamé est aujourd’hui le nouveau président de l’Union africaine. Une nouvelle casquette pour celui qui s’est fait connaître lors des heures les plus sombres qu’a connu le continent africain ces 30 dernières années, et qui aujourd’hui donne un nouveau souffle à son pays. Malgré les critiques qu’il subit, notamment par une opposition politique muselée, l’homme, réformateur, transforme jour après jour son pays en prenant exemple sur Singapour.

Par Simon Vermot Desroches

 

L’équilibre entre démocratie et développement économique est bien difficile à trouver. C’est ainsi que pourrait se résumer les mandats successifs qu’a eus Paul Kagamé à la tête du Rwanda. Arrivé à la vice-présidente du pays et au ministère de la Défense après le génocide qu’a connu le pays en 1994 (800 000 morts en un peu plus de trois mois), Paul Kagamé se mesurait à un immense défi : une population meurtrie et traumatisée, une économie totalement à l’arrêt, une image dans le monde loin d’être reluisante. 24 années sont passés depuis dont 18 sous la présidence de Paul Kagamé. Sa réélection à la présidence en 2017 avec 98 % des voix met en avant les deux facettes du personnage : le musellement de son opposition et ses réussites économiques.

Rwanda, « le Singapour d’Afrique »

Singapour, le petit archipel d’Asie du Sud, sans ressources et qui, il y a un peu plus de 50 ans se caractérisait par un chômage de masse, des émeutes raciales et des problèmes d’accès à l’eau, est aujourd’hui l’une des économies les plus prospères du monde. Une inspiration pour le Rwanda et son programme de développement Rwanda 2020, adapté en Rwanda 2050 il y a quelques mois. L’économie rwandaise se base sur trois grands axes : l’innovation, la technologie et l’industrie. En mettant d’abord l’accent sur les projets structurants, comme l’accès à l’eau potable ou l’électricité, le Rwanda construit peu à peu une société active. Le taux de raccordement au réseau électrique est ainsi passé de 6 % à plus de 24,3 % de 2009 à 2016 et des projets hydroélectriques sont soit à l’étude soit en cours de réalisation. « Le taux de mortalité infantile a baissé de deux tiers et le pays a presque atteint l’objectif d’éducation primaire universelle. Le Rwanda a beaucoup progressé dans l’accès aux services et dans les indicateurs de développement humain en donnant la priorité aux politiques publiques et initiatives endogènes », assure la Banque Mondiale. Avec une économie basée à 50 % sur les services, le Rwanda s’autorise un taux de croissance de 5,1 % en 2017 et prévoit 6,3 % pour l’année 2018 d’après l’institut Coface. 

Une politique elle aussi inspiré de Singapour

Derrière ces progrès économiques notables, il y a également une envie par le pouvoir exécutif de rendre son pays propice aux affaires. Là aussi, Paul Kagamé s’inspire de Singapour. D’abord en instaurant une continuité politique. Difficile d’être un opposant politique au Rwanda et l’élection présidentielle de 2017 n’a pas fait exception. Pour exemple, Diane Rwigara, dont la candidature a été refusée par le pouvoir et qui « a signalé à la police et à la Commission électorale nationale que ses représentants avaient subi des intimidations alors qu’ils sillonnaient le pays pour recueillir les signatures », selon Amnesty International. Autre point important dans la recherche d’un milieu propice aux affaires, la lutte contre la corruption, ennemi de la finance. Transparency International, ONG ayant pour but la lutte conte la corruption des gouvernements, a classé le Rwanda à la 48e position de son classement des pays les moins corrompus du monde, en nette progression depuis plusieurs années. Troisième pays africains derrière la Bostwana et les Seychelles le Rwanda se place devant des pays comme la Corée du Sud ou la Grèce. Un classement dans lequel Singapour truste les premières places depuis de nombreuses années.

Si le nouveau président de l’UA, arrive à mettre en œuvre, la politique économique ou celle de diminution de la corruption qu’il a mise en place dans son pays, alors l’Afrique aura fait un grand pas.


 

Par Simon Vermot Desroches

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