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Patrick Bucyana : un entrepreneur multi-solutions

Directeur général d’AC Group, une société rwandaise connue pour son populaire système de paiement par carte à puce Tap&Go, Patrick Bucyana est un homme de solutions, qu’il exporte avec succès ailleurs en Afrique. Portrait d’un entrepreneur passionné par son pays comme par son continent. 

Par DBM, à Kigali

                  

Jeune trentenaire et homme discret, Patrick Bucyana a déjà un beau parcours derrière lui. Après avoir suivi des cours de gestion avancée à la prestigieuse Stanford Graduate School of Business- le berceau de Google, basé en Californie (États-Unis)-, complétés par un cursus de gestion exécutive à la Harvard Business School, le rwandais figure aujourd’hui parmi les entrepreneurs qui montrent la voie, et font entendre leur voix, sur la scène économique du pays des Mille Collines. 

Passionnée par le développement des jeunes, les technologies et l’énergie, Patrick Bucyana créé au début des années 2010 une première société spécialisée dans le développement de logiciels et nommée Afnov- qui sera récompensée en 2014 par l’initiative Microsoft4Afrika- avant de lancer une seconde entreprise d’énergie en Côte d’Ivoire produisant 60 mégawatts à partir d’un hybride de solaire et de biomasse. Un succès précoce qui ne passe pas inaperçu : sollicité par la Private Sector Federation (PSF), le patronat rwandais, il se voit propulsé président des jeunes entrepreneurs de la Chambre en charge des technologies de l’information et de la communication (TIC). Mais c’est avec AC group, une entreprise active sur le segment des solutions de transport intelligent, lancée fin 2015, que le jeune entrepreneur se fait définitivement remarquer. Développé par ses équipes, le système de paiement par carte à puce électronique « Tap & Go » est aujourd’hui omniprésent dans les transports publics kigalois et permet ainsi de fluidifier le trafic et d’optimiser les opérations des entreprises de transport clientes. Mieux, il s’exporte au-delà des frontières du Rwanda, à Yaoundé (Cameroun) notamment. 

« J’ai grandi en regardant les hommes et les femmes qui ont construit l’Afrique, et le Rwanda , et avec cela, j’ai été mis au défi et j’ai senti qu’il était temps de faire ma part »

« J’ai commencé tout ce que je fais aujourd’hui parce que j’ai grandi en regardant les hommes et les femmes qui ont construit l’Afrique, et le Rwanda en particulier. Avec cela, j’ai été mis au défi et j’ai senti qu’il était temps de faire ma part », confie posément Patrick Bucyana. Toujours discret et humble, à la manière rwandaise où il est souvent mal vu de se mettre en avant. L’homme pèse pourtant sur la scène économique locale puisque le système « Tap&Go » revendique aujourd’hui plus de trois  millions d’utilisateurs. De quoi conférer une valeur significative à sa société et lui donner les moyens de nouvelles ambitions. 

Homme de solutions, il multiplie les expériences entrepreneuriales dans l’énergie et les transports, avec toujours pour fil conducteur les nouvelles technologies et la manière dont celles-ci peuvent résoudre les défis propres au continent. Évoquant son incursion dans le secteur énergétique, il explique ainsi, en toute candeur, s’être « lancé dans [cette filière] lorsqu’[il a] constaté qu’il y avait un besoin d’énergie […]. Il s’est alors « aventuré dans ce domaine avec des entreprises qui l’avaient fait sur tout le continent ». En somme, le chef d’entreprise est allé chercher l’expertise requise auprès de partenaires fiables pour faire la différence. Une approche pragmatique et collaborative qui lui a valu d’être nommé président du kLab (Knowledge Lab), le premier incubateur de start-up du Rwanda. 

« Tout le monde ne devrait pas être un entrepreneur. Cela demande beaucoup de travail et d’engagement et si quelqu’un n’est pas passionné, il vaut mieux qu’il soit employé »

C’est cette expérience du monde entrepreneurial qu’il cherche aujourd’hui à partager avec la jeunesse rwandaise, qu’il représente en tant que président des jeunes entrepreneurs de la Chambre TIC de la fédération du secteur privé (PSF). Lucide sur les écueils propres au monde des affaires, Patrick Bucyana rappelle toutefois que « tout le monde ne devrait pas être un entrepreneur [car] cela demande beaucoup de travail et d’engagement » et que « si quelqu’un n’est pas passionné, il vaut mieux qu’il soit employé et même dans ce cas, il peut encore changer les choses et transformer son pays », observe-t-il. Avant de concéder « qu’il n’est pas facile d’arriver là où nous voulons être [..]», en donnant notamment son propre exemple, lorsque enfant, il rêvait de « devenir président, puis, plus tard, footballeur jouant pour le Real Madrid ». Comme quoi, on peut être un modèle de réussite et avoir encore bien des ambitions inassouvies.  

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