ActualitéParcours

Parcours Tehui, profession artiviste

Rappeur old shool qui s’assume, Tehui est avant tout un observateur de la société ivoirienne, et au-delà africaine qui l’entoure. Dans ces textes, il fait rimer les travers de ses contemporain sur des sonorités hip hop mixées avec la musique africaine qui l’a bercée. Sa musique, une arme de destruction massive pour interpeler, sensibiliser, éduquer également. A 36 ans, il récidive avec un nouvel album « LIVE FROM BAO CAFE », premier album live rap avec orchestre complet de l’histoire de la musique Ivoirienne.

Par DBM

« A l’origine je suis assureur, pour gagner mon pain comme on dit. » Plus pour longtemps ? Jean Martial Tehui Yacé, alias Tehui, neveu de Marcellin Yace, fondateur du groupe Woya, a baigné dans un univers musical. « Je fais de la musique depuis vingt ans. Quand j’étudiais à Montpellier, j’avais monté un groupe avec des amis. À mon retour à Abidjan, j’ai tout de suite travaillé, et la musique est passée au second plan. » Avant de s’y remettre, il y a quelques années. Sérieusement. Après la sortie de son premier album, « Itinéraire d’un gars Anormal », il vient de sortir un album « LIVE FROM BAO CAFE », premier album live rap avec orchestre complet de l’histoire de la musique Ivoirienne. Fruit de ses réflexions et de ses influences musicales multiples. « La musique africaine a bercé mon enfance mais une fois adolescent, les États-Unis nous fascinaient. Forcément, le rap s’est imposé comme une influence majeure. » Le temps des années 90, l’avènement des radios libres et de la culture hip-hop aux États-Unis, et en France. « J’assume ce côté old-school. Les nineties, c’est la base. On observe un certain revival aujourd’hui. »

« On est des artivistes. Autrement dit, des artistes qui utilisent leur art comme liberté d’expression »

C’est en Côte d’Ivoire aussi qu’ont émergé les premiers artistes rap. Avec des textes très engagés. « Le rap à la base c’est une musique à messages. Je trouvais que ça manquait un peu ici. On est passé pour des ovnis mais pour moi, c’était une évidence, je ne peux pas écrire sur des choses qui ne sont pas réelles. Je parle du quotidien, de la difficulté d’avoir un job, de notre génération sacrifiée. La Côte d’Ivoire est un pays avec une économie développée mais avec tous les paradoxes d’une grande capitale. On est des artivistes. » Autrement dit, des artistes qui utilisent leur art comme liberté d’expression.

« Notre combat : ramener l’éducation dans la musique »

« On travaille avec des slameurs, des écoles nous contactent. Par exemple, je suis intervenu une fois sur l’utilité des réseaux sociaux. J’ai expliqué comment je les utilisais pour ma stratégie marketing. Ma musique est née sur les réseaux. Ma première vidéo a été filmée avec trois potes et ensuite balancée sur le net. Je leur montre la valeur d’internet en prenant l’exemple des brouteurs. Des gars que je ne condamne pas, je dis même être épaté par leurs capacités. Mais j’essaie d’orienter les jeunes vers un meilleur usage des opportunités que nous offre internet. C’est notre combat. Ramener l’éducation dans la musique. On peut faire danser tout en portant un message. Avec un sens de la rime et du flow, auteur et compositeur, Tehui est aussi un découvreur de talents. TEHUI est le cofondateur de la soirée de découverte et de jam session en Live nommée VIBIN, destinée à devenir un festival. Il fut également cofondateur de « IF YOU GOT SOUL », qui a été un grand succès des musiques indépendantes et évènement incontournable des fans de musique « live » en Côte D’Ivoire. Tehui a par ailleurs fondé son label NOLIES. Entouré d’une solide équipe il ambitionne aller aussi loin que son Art le conduira.

L’écouter :

Nouvel Album Live Disponibles sur toutes les plateformes d’écoute et de téléchargement légal

Spotify : https://open.spotify.com/album/3ebd1LUQpEtEoy1mcDr0Op

Deezer : http://www.deezer.com/album/9469808

Youtube : https://www.youtube.com/playlist?list=PLLeJXH87n0yonL_jQ6g1DGYNIrBuZTTwN