Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
A la uneParcours

Parcours Rodrigue Fouafou Business Mentor

Entrepreneur, startup investisseur, business mentor, Rodrigue Fouafou cumule deux talents : ingénieur en informatique de formation, c’est à la fois un génie des Ntics mais également un fabriquant de succes story entrepreneuriales. Une aptitude qu’il met au service de son continent. Camerounais de naissance, Canadien d’adoption, il fait le lien entre l’Occident et l’Afrique pour mobiliser des fonds en faveur des start-ups africaines. Aujourd’hui, au cœur de ses centres d’intérêt, les diasporas africaines qu’il perçoit comme une alternative au manque de financement des projets de développement sur le continent. Portrait.

 

Par Dounia Ben Mohamed

 

Depuis 18 ans, Rodrigue Fouafou, Camerounais de naissance, vit au Canada où il y a mené de brillantes études en génie informatique à l’Université d’Ottawa – École d’ingénierie et de technologie de l’information. Mais très tôt, Rodrigue s’oriente vers l’entreprenariat. Un domaine pour lequel il va révéler des talents presque innés. « J’ai commencé par travailler pour une Start-up au Canada, puis pour IBM en tant que développeur de logiciel avant de me de lancer en 2007 comme entrepreneur. Avec un associé, nous avons monté une plateforme internet de consultation de vidéo gratuite. On faisait notre argent sur la publicité. C’était un peu comme You tube aujourd’hui, mais nous n’étions qu’en 2007. »

 

« Pendant que j’évoluais en Occident, mes amis blancs allaient créer des start-up en Afrique. Ce qui m’a interpellé »

 

Précurseur, le jeune entrepreneur va connaître une réussite fulgurante : en cinq ans, son site, The New Yorker, est le quatrième le plus populaire au monde. « De deux employés on est passé à une vingtaine au Canada, 15 aux États-Unis, et des centaines en Asie… » Mais suite à des divergences avec son associé, Rodrigue quitte l’aventure en 2012 et décolle pour la Mecque des start-ups, la Silicon Valley. « J’ai eu l’opportunité de rencontrer les plus grands patrons de la Silicon Valley, un espace unique en termes d’innovation dans le monde. » Là, Rodrigue a un déclic. « Pendant que j’évoluais en Occident, mes amis blancsallaient créer des start-ups en Afrique. Ce qui m’a interpellé. C’est à ce moment que mon intérêt pour l’Afrique est né. Alors que j’étais encore un afro-pessimiste, tous les experts en économie annonçait l’Afrique comme la dernière frontière, là où se trouvait les opportunités. J’ai alors changé ma vision. »

 

« Ces succes story démontrent comment le monde peut s’inspirer de l’Afrique et changer le narrative de l’Afrique »

 

Son come-back sur le continent se traduira par la création de HartNamtemah, une société d’investissement et de conseil spécialisée dans le mentorat et l’investissement dans les startups africaines, qu’il co-fonde avec un ami canadien. « La seule façon d’agir pour l’Afrique selon moi, c’est d’agir sur tout le continent. Je vais donc monter une venture capital qui va de l’Occident vers l’Afrique. En créant des succes story. Parce que nos amis Américains, Canadiens et autres pour y investir, ne vont pas aller directement en Afrique, ils vont passer par ses fonds. Pour sécuriser leur investissement. » C’est ainsi qu’il commence par mobiliser 75 000 $ dans Kiro Games, le premier jeu vidéo camerounais. « C’est un exemple de succès story. Elle démontre comment le monde peut s’inspirer de l’Afrique et changer le narrative de l’Afrique. De voyage en voyage à travers le continent, d’afro-pessimiste à afro-optimiste, j’invite les investisseurs à voir l’Afrique comme une opportunité. »

 

« Alors que l’Union Africaine est financée par l’Occident, la diaspora doit être l’alternative »

 

Pour les convaincre, Rodrigue, qui a gardé un pied au Canada et l’autre sur le continent, multiplie les rencontres. A l’attention des investisseurs occidentaux. De la diaspora également. « Il y a trois ans, on a commencé un network informel entre les diasporas au Canada, États-Unis, en Europe, pour voir comment elles peuvent contribuer à résoudre les problèmes de l’Afrique. La dernière rencontre a eu lieu à Londres où nous avons réuni une centaine d’entrepreneurs d’origine africaine basés en Hollande, en France, en Allemagne, et en Grande-Bretagne. Assis autour d’une table on a lancé le sujet ouvert : comment impulser le développement de l’Afrique, en termes d’image, de leadership, d’investissement… Après nos échanges, on en a conclu qu’il fallait arrêter de parler et transformer nos échanges en actions concrètes. A travers une structure qui peut englober la famille africaine à l’extérieur. C’est ainsi qu’est née l’idée de la Chambre africaine de la diaspora. Une voix de la diaspora pour accompagner le développement de l’Afrique. Alors que l’Union Africaine est financée par l’Occident, la diaspora doit être l’alternative. »

 

Conçue comme une boîte à réflexion, un catalyseur de savoir-faire made in Africa, la Chambre, lancée en novembre à Londres où elle est établie et présidée par Dr Tina Allton, a également vocation à mobiliser les fonds des diasporas africaines en direction de projets concrets