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Parcours Nabil Ayouch « Haut et fort »

« Haut et fort » le dernier film de Nabil Ayouch est en compétition pour la 74e édition du Festival de Cannes. Le 1er long-métrage de l’histoire du cinéma marocain à arriver à un tel niveau de compétition dans lequel le cinéaste franco-marocain se livre en partie… Portrait. 

Par DBM 

Les cultures juive et musulmane, Sarcelles et Casablanca, la France et le Maroc… Nabil Ayouch incarne la diversité à lui seul. Celle du Maroc, de la France, du cinéma qu’il rejoint assez tôt. 

Né le 1er avril 1969 à Paris dans une famille où plusieurs cultures coexistent : musulmane et marocaine du côté de de son père, française, juive et tunisienne du côté de sa mère. De 1987 à 1990 il prend des cours de théâtre à Paris puis devient concepteur rédacteur dans une grande entreprise publicitaire. Parallèlement, il fait plusieurs stages sur des tournages de cinéma.

Son premier court-métrage, « Les Pierres bleues du Désert », révèle Jamel Debouzze

En 1997, il réalise son premier long métrage, « Mektoub », qui comme « Ali Zaoua » (2000) a représenté le Maroc aux Oscars, puis viennent « Une minute de Soleil en moins » (2003) et « Whatever Lola Wants » (2008), produit par Pathé. Son premier court-métrage en 1992, « Les Pierres bleues du Désert » révèle Jamel Debouzze.

Entre temps, il s’engage en faveur du cinéma marocain. En 1999, il créé Ali n’ Productions, société avec laquelle il aide de jeunes réalisateurs à se lancer grâce à des initiatives telles que le Prix Mohamed Reggab, concours de scénario et production de 8 courts métrages en 35 mm. Entre 2005 et 2010, il produit 40 films de genre dans le cadre de la Film Industry. En 2006, il lance le programme Meda Films Development – avec le soutien de l’Union Européenne et de la Fondation du Festival International du Film de Marrakech- une structure d’accompagnement des producteurs et scénaristes des dix pays de la Rive Sud de la Méditerranée, dans la phase de développement de leurs films. Et en 2002, il fonde le G.A.R.P. (Groupement des Auteurs, Réalisateurs, Producteurs) en 2002 et la « Coalition Marocaine pour la Diversité Culturelle » en 2003. Début 2014, il ouvre avec la Fondation Ali Zaoua – qu’il préside – un Centre Culturel destiné aux jeunes dans le quartier périphérique de Sidi Moumen, dont sont issus les kamikazes du 16 mai 2003. A ce jour, près de 400 enfants et adolescents sont inscris au Centre « Les étoiles de Sidi Moumen » et viennent y apprendre toutes les formes d’expression artistique.

Un engagement qui se lit également dans ces films. En 2011 également, il sort son premier documentaire de long métrage, « My Land », qu’il a tourné au Proche-Orient. En 2012 « Les chevaux de Dieu », adaptation au cinéma du roman de Mahi Binebine « les étoiles de Sidi Moumen », s’inspire des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Le film représentera le Maroc aux Golden Globes et aux Oscars et remportera 26 prix à l’international.

En mai 2015, son dernier film « Much Loved » qui évoque le sujet, tabou, de la prostitution au Maroc, est sélectionné au festival de Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs. Interdit au Maroc, le film connaître un succès mondial. 

« Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on arrive à monter en compétition officielle« 



Nabil Ayouch, qui a les honneurs de la compétition pour la première fois, tout comme le Maroc qu’il représente, est en compétition pour la Palme d’Or avec « Haut et fort », un film qui « vient témoigner ». « Anas, ancien rappeur, est engagé dans un centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca. Encouragés par leur nouveau professeur, les jeunes vont tenter de se libérer du poids de certaines traditions pour vivre leur passion et s’exprimer à travers la culture hip hop », indique le synopsis du film.

« Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on arrive à monter en compétition officielle », confiera-t-il au media marocain Medi 1.

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