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Parcours Mohamed Mbougar Sarr prix Goncourt 2021

A 31 ans, le romancier sénégalais Mohamed Mbougar Sarr reçoit le plus prestigieux des prix littéraires, le prix Goncourt pour son roman « La Plus Secrète Mémoire des hommes ». 

Par DBM

Cent ans après René Maran, Mohamed Mbougar Sarr est le deuxième écrivain noir récompensé par le prix Goncourt. Plus qu’une distinction, le romancier sénégalais inscrit ainsi désormais son nom sur la liste des grands auteurs de la « négritude ». Heureux hasard ou signe du destin pour ce jeune homme de 31 ans qui,  étudiant à l’École des Hautes Études en Sciences sociales, consacrait ses travaux à Léopold Sedar Senghor. Une thèse qu’il ne terminera pas. Le désir d’écrire l’emportera. 

Plusieurs récompenses à son palmarès

Une soif d’écriture qui se manifestera très tôt chez le jeune homme. Né au Sénégal en 1990, Mohamed Mbougar Sarr est l’aîné d’une famille de sept garçons. Il intègre le Prytanée militaire de Saint-Louis du Sénégal en 2002. Meilleur élève des classes de Terminale au Concours général de 2009 (1er Prix de Philosophie, 1er Prix d’Histoire, 2e Prix de Géographie), Mohamed Mbougar Sarr se distingue très vite. Après des études en classes préparatoires littéraires, il poursuit en France son cursus à l’École des Hautes Études en Sciences sociales et ne tarde pas à écrire… et à multiplier les récompenses.

Lauréat du prix Stéphane Hessel pour sa nouvelle La cale (2014), il décroche ensuite le Prix Ahmadou Kourouma et du Grand Prix du Roman métis pour son premier roman « Terre ceinte » (2015). Ce qui lui vaudra d’ être élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mérite par le Président de la République du Sénégal. Son second roman « Silence du chœur » (Éditions Présence africaine – 2017) est lui récompensé du Prix littérature monde au Festival Étonnants voyageurs de Saint-Malo. Après « De purs hommes », en 2018, paru aux Éditions Philippe Rey, il marque la rentrée littéraire 2021 avec son dernier roman « La plus secrète mémoire des hommes », publié par le même éditeur. 

L’histoire, celle Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, qui découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. « D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel » écrira l’éditeur. 

« Que la littérature africaine reste largement à connaître, c’est aussi une chance pour elle »


« J’ai eu beaucoup de chance, d’avoir été soutenu : ce n’est pas le cas de tous les écrivains africains. Ni de tous les écrivains tout court ! confiera-t-il dans une interview à l’AFP en septembre dernier. Je suis bien conscient qu’être un écrivain africain publié en France peut être compliqué, comme pour tous ceux qui viennent d’une marge. Mais c’est en train de changer. Que la littérature africaine reste largement à connaître, c’est aussi une chance pour elle. »

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