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Maxime Niyomwungeri
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Parcours Maxime Niyomwungeri, le jeu comme outil pédagogique

Des cartes à jouer avec des personnages inspirés de l’histoire africaine. Plus qu’un simple jeu de carte, Gakondo, qui signifie « héritage » en kinyarwanda, est un outil pédagogique qui vise à promouvoir le patrimoine culturel du continent. Une création du jeune designer Maxime Niyomwungeri.

 

Par DBM

 

 

Tout petit, Maxime Niyomwungeri, se passionne pour le dessin. Né au Burundi où il passera une partie de son enfance et adolescence, il rejoint le Rwanda pour finir son parcours scolaire et universitaire. Des études de sciences en informatique. « C’était une période où l’on nous encourageait à aller vers les sciences et la technologie ». Ceci dit, Maxime, qui garde son intérêt pour le dessin, s’oriente vers le graphisme et le design. Il commence par travailler pour des agences avant de créer sa propre entreprise de design en 2012. « J’adore le branding, créer et travailler l’image d’une marque. Je regardais avec attention les groupes comme Apple et IBM, la manière dont ils ont conçu et imposé leur logo, leur image. Ma formation en technologie m’a aidé à passer à l’art numérique. Même si à ce moment-là je n’avais aucune idée de l’entreprenariat. Il a fallu apprendre. Apprendre à manager une équipe, gérer un budget, … Tout était nouveau. J’ai suivi des formations, ce qui m’a beaucoup aidé. Et les institutions locales, comme le Rwanda Development Bord, encourageaient alors les jeunes à créer leur entreprise, avec des facilitations et des allègements de charges et taxes notamment. Beaucoup se sont créés à ce moment-là… même si peu d’entre elles existent encore aujourd’hui. »

 

Si Maxime, lui, a pu évoluer et développer sa structure, c’est notamment pour sa touch, le « local ». « Au début, je ne faisais que du service, progressivement on a évolué, développé d’autres prestations. » Et de souligner. « A ce moment, il y a avait beaucoup de Kenyans dans la communication mais très peu de Rwandais. J’ai eu à effectuer des missions à Hong-Kong, en Grèce, j’ai travaillé pour des grandes sociétés présentes au Rwanda, Brioche, Axiom networks, Farm Fresh, la première ferme de production de haricot au Rwanda…Dans différents secteurs, les mines, l’énergie, l’agriculture…Pour certains, on a juste créé leur logo, pour d’autres on s’est également occuper de leur site web, et pour certaines on a gérer tout le package de création de leur image. »

 

« Avec ses cartes, on peut initier les enfants, et les adultes, à leur propre histoire »

 

 

Et c’est l’année dernière, au cours d’une partie de carte avec ses amis, que Maxime a un déclic. « Pourquoi nous n’avions pas nos propres cartes, avec notre héritage. Nous avons eu des rois et de reines, des outils traditionnels. J’ai décidé de les dessiner. Comme quand j’ai créé l’entreprise, au début, je me suis lancé sans réelle connaissance dans le domaine. Je me suis inspiré des rois et des reines du Rwanda, des tenus de l’époque, des danseurs… de la culture rwandaise en somme. J’ai lancé les premières cartes en mars cette année. Tout était risqué. Je les aient faites imprimer en Belgique, avec mes propres fonds, sans aucune certitude que ça marche. Parce que c’est une première, ce sont les premières cartes à jouer qui s’inspirent de l’histoire rwandaise. » D’où leur nom, Gakondo, qui signifie héritage en kinyarwanda.  « Avec l’idée de transmettre un héritage. Et avec ses cartes, on peut initier les enfants, et les adultes, à leur propre histoire. »

 

Des puzzles, des boîtes de jeu de société, des jeux traditionnels remis au goût du jour…

 

Et dans un pays où le made in Rwandaa le vent en poupe, les cartes de Maxime ont très vite connu le succès. « De mars à novembre, nous en avons vendu 740, essentiellement au Rwanda mais aussi en Afrique et à l’international. J’ai signé un contrat avec la compagnie internationale qui gère les Duty Free et qui va vendre nos cartes qui seront également proposés dans les magazines des vols Rwandair. »

 

Fort de cette première réussite, à 35 ans, Maxime Niyomwungeri, veut désormais développer toute une série de jeux avec la même vocation. « On va créer des puzzles, des boîtes de jeu de société, on va également reprendre des jeux traditionnels et les moderniser. C’est une manière d’éduquer, de sensibiliser nos populations à notre patrimoine culturel. »

En attendant,  le concept de Gakondo doit être décliner dans d’autres pays. « On va travailler avec des artisans locaux pour que chaque jeu de cartes s’inspirent de l’histoire et de la culture locale. Mon rêve est de voir le même concept adopté dans toute l’Afrique. »