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Parcours Jeanne Zézé, une femme de tête dans la finance

Si elle est longtemps restée dans l’ombre, Jeanne Zézé n’aura jamais été derrière mais plutôt aux côtés de son époux, Stanislas Zézé. Après des études dans la finance, elle a été, avec lui, à l’origine de la création de Bloomfield, première agence de notation africaine.

Par Dounia Ben Mohamed

« Jeune, je rêvais d’être une femme avec un impact certain dans sa communauté et je me voyais aider de nombreux enfants, notamment des petites filles, à être heureux et épanouis,confie Jeanne. J’étais persuadée que j’avais en moi la capacité d’accomplir et d’obtenir tout ce que souhaite. »Jeanne Zézé lit ainsi, dès ses 17 ans, ses premiers livres de développement personnel et s’enthousiasme pour ce que l’être humain peut accomplir lorsqu’il a conscience de son potentiel. Et elle en fera la démonstration. 

« Les femmes ont une capacité de résilience qui leur permet de faire preuve d’une grande force de caractère lorsque les circonstances l’exigent »

« J’ai un parcours académique et professionnel assez atypique. Après mon baccalauréat scientifique, je me suis d’abord lancée dans des études de préparation à l’expertise comptable et j’ai ensuite bifurqué pour entrer dans la compagnie aérienne Air Ivoire comme assistante de la responsable des ventes. Par la suite, j’ai dû me rendre à Tunis pour des raisons familiales, j’y ai repris des études pour obtenir un diplôme en gestion commerciale et financière que j’ai enrichi, à mon retour à Abidjan, avec un diplôme d’ingénieur financier à l’institut polytechnique Houphouët-Boigny. »

Elle intègre ensuite le monde de la finance par la grande porte en été embauché dans la prestigieuse banque anglaise Standard Chartered Bank au département des marchés financiers. Un univers réputé peu ouvert aux femmes mais où elle s’imposera. « J’y ai gravi les échelons pour atteindre la position de directrice des ventes marchés financiers, indique-t-elle.Mais c’est rare de voir des femmes à des postes stratégiques dans la finance. On se souvient de l’onde de choc qu’a créé la nomination de la première femme à la tête du New York Stock Exchange, le temple américain de la finance mondiale. Ce secteur est considéré comme un monde où ne peuvent réussir que des personnes extrêmement ambitieuses, qui n’ont pas peur de prendre des risques souvent démesurés et qui sont prêts à tout pour atteindre leurs objectifs. Ce qui n’est pas vraiment des caractéristiques qu’on attribue naturellement aux femmes. Elles sont considérées comme n’étant pas assez fortes pour supporter la pression et les exigences du monde des finances. En réalité, les femmes ont une capacité de résilience qui leur permet de faire preuve d’une grande force de caractère quand les circonstances l’exigent. Pour ma part, je me suis imposée par ma passion du métier, mes compétences et ma forte personnalité qui m’empêche de me laisser marcher sur les pieds. » 

« C’est passionnant d’être précurseur… »

Résultat, après dix ans dans la Standard, elle se sent assez mûre et forte pour monter son propre cabinet conseil en Corporate Branding -développement de marque entreprise- et Personal Branding -développement de marque personnelle- avant de prendre également la tête de Blueprint SA la filiale Immobilière de l’agence de notation Bloomfield Investment. Une aventure au départ un peu folle qu’elle mène avec conviction aux côtés de son époux, Stanislas Zézé. « Bloomfield Investment était le rêve de mon époux quand il était au département crédit de la Banque Africaine de Développement et ensuite à la direction crédit Afrique de l’Ouest et Central de Shell Oil Products Africa. Je savais qu’il avait les capacités pour réaliser cet ambitieux projet que tout son entourage qualifiait d’insensé. Il aime répéter que je suis la seule personne à l’avoir encouragé. Nous avons donc créé Bloomfield Investment en 2007, dont je suis également actionnaire et administrateur. Il y a eu énormément d’obstacles au début mais c’est passionnant d’être des précurseurs dans ce domaine et de contribuer ainsi à développer le marché financier dans la région. »  

Femmes entrepreneures : des capacités naturelles de leadership, de détermination et de discipline 

A travers Bloomfield, qui a fêté ses dix ans, et qui accompagne non seulement des Etats, des institutions, mais également des PME, Jeanne porte un regard expert sur les femmes entrepreneurs. « Elles sont malheureusement réputées pour avoir une aversion au risque et l’on voit peu de PME dirigées par des femmes devenir des PMI. Elles se heurtent souvent à des difficultés de financement car les établissements financiers sont plus enclins à prêter à des petites et moyennes entreprises dirigées par des hommes. Pourtant, les femmes sont en général très déterminées, compétentes et disciplinées. Elles ont de surcroît des qualités naturelles de leadership qui leur permet de gérer avec aisance leurs collaborateurs et en tirer le meilleur. » 

Reste que les acteurs de la finance font rarement confiance aux femmes. A qui la faute ? « Je pense que c’est un monde qui se veut très élitiste et qui a été longtemps perçu comme un cercle fermé réservé à la gente masculine. Mais les choses ont beaucoup évolué notamment en Côte d’Ivoire avec de nombreuses femmes à la tête de grandes institutions financières. Elles ont pris conscience que personne ne leur offrira le statut qu’elles méritent et que c’est à elles de se battre pour atteindre leurs objectifs. Elles le font très bien et les hommes finissent par s’en accommoder. »

Acquérir une visibilité et une crédibilité 

C’est aujourd’hui le message que Jeanne Zézé porte, forte de son parcours. « À travers mon cabinet Reflet Consulting, j’aide les femmes chefs d’entreprises à développer leur potentiel. D’abord au niveau de leurs sociétés, en les aidant à se démarquer des concurrents par un solide positionnement, à communiquer de façon « impactante » pour toucher leur cible et à sublimer l’expérience client pour le conquérir et le fidéliser. Ensuite, sur le plan personnel, je les aide à révéler leur spécificité et à influencer positivement la perception des autres à leur égard. Elles apprennent à communiquer efficacement et acquièrent une visibilité et une crédibilité favorables au développement de leur business. »