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Parcours Faty Ly « J’utilise la porcelaine comme un canevas pour raconter des histoires africaines »

A l’occasion de la 14ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain qui se tenait à Dakar, l’artiste sénégalaise Faty Ly revient sur son parcours et confie ses sources d’inspirations. 

Propos recueillis par DBM

Faty Ly@Fatylabs

Faty, comment est née chez vous cette passion pour la céramique ? 


Mon travail dans le domaine de la céramique a commencé à la fin des années 90 à Bobo-Dioulasso (au Burkina Faso) où le virus de la céramique m’a piqué et poussé à étudier son côté industriel à Londres. Puis je me suis intéressée aux formes et aux surfaces décoratives. 

« Je pense que mes assiettes renvoient à une identité sénégalaise voire africaine et mes client.e.s se reconnaissent dans mes produits »

En tant que passionnée de la gastronomie, la conception de produits d’art de la table a été une progression naturelle. En 2013, j’ai dessiné la collection ‘Nguka’ qui est devenue emblématique dans mon parcours de ceramic designer. Je pense que mes assiettes renvoient à une identité sénégalaise voire africaine et mes client.e.s se reconnaissent dans mes produits.

Qu’est ce qui nourrit votre créativité ? Vos sources d’inspirations semblent multiples…

La base de mon inspiration est le fruit de mon histoire familiale, transmise par une mère et une grand-mère fortement attachées aux savoir-faire traditionnels. Et puis il y a aussi la rencontre, lors du Salon International de l’Artisanat à Ouagadougou, avec une potière de Bobo Dioulasso Diénébou Zon dont l’originalité des œuvres, des figurines en terre cuite m’a séduite.

J’ai aussi été marquée par les sculptures d’Awa Séni Camara dans mon enfance. Par ailleurs, mon passage à l’école Saint Martins of London m’a permis de découvrir le monde du design. Aujourd’hui, mon savoir-faire et mon expérience m’emmènent à explorer la matière et la forme.

« Pour un créatif, il est plus difficile de créer une entreprise créative »

Je pense que la passion et la résilience sont à la base de mon travail. Alors que pour un créatif, il est plus difficile de créer une entreprise créative. J’ai d’abord commencé par la sublimation de l’art de la table et aujourd’hui je me tourne un peu vers une approche artistique avec des éditions limitées.


L’art « contre » le design a été un sujet pendant longtemps, mais les frontières entre les deux sont floues et évoluent constamment. Dans mon travail, les deux se chevauchent puisque j’utilise la porcelaine comme un canevas pour raconter des histoires africaines mais j’explore aussi la forme et la matière. La conception graphique et l’exploration formelle partagent de nombreux principes visuels avec l’art, et je souhaite contribuer à réduire la frontière en travaillant davantage la forme et la matière céramique.

Vous co-organisez l’exposition Ôde à Ndaté. Dites-nous en plus… 

« L’exposition est une collaboration qui s’intitule « Ode à Ndaté », créée autour d’une passion commune entre Damien Ajavon et moi-même pour le personnage de Ndaté Yalla, la dernière souveraine du Waalo »

J’ai saisi l’opportunité de cette 14ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar pour présenter mon travail qui s’appuie sur l’exploration des formes et de la matière céramique.

L’exposition est une collaboration qui s’intitule « Ode à Ndaté », créée autour d’une passion commune entre Damien Ajavon et moi-même pour le personnage de Ndaté Yalla, la dernière souveraine du Waalo.

Nous avons souhaité revisiter l’histoire à travers la tenue vestimentaire de la reine pour provoquer l’émotion et permettre à nos visiteurs de contempler les savoir-faire et leur offrir une perception des métiers d’art en constante évolution dans notre contexte.

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