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Parcours Cédric Yamdjeu « ReBuild Africa »

Né au Cameroun, formé en France et aux USA, aujourd’hui installé à Paris, Cédric Yambjeu est un Young leader dont le parcours illustre les connexions, de plus en plus nombreuses, entre la diaspora africaine et le continent. Convaincu du potentiel de l’Afrique, ce dernier a fondé la plateforme 50 Afrique, une plateforme d’information qui valorise les leaders africains, ainsi que le Club Africa Telecom, un espace d’innovation et de connexion autour du numérique made in Africa.

 

Propos recueillis par Lilia Ayari

 

Parlez-nous de vous, d’où venez-vous, votre parcours… votre petite histoire ? 

 

Je m’appelle Cédric Yamdjeu jeune Africain né au Cameroun, vivant en France et formé en France et aux USA.

 

Après avoir obtenu mon bac en 2004 et un cycle en classes préparatoires, j’ai obtenu un Bachelor en sciences (Bsc) puis un diplôme d’Ingénieur (Msc ) de l’École Supérieure Électronique de Lyon suivi d’un Diplôme à TelecomParistech (Msc).

 

Après ces formations, j’ai commencé en 2011 comme Consultant à Accenture , puis Consultant à Bouygues. Après ces deux premières expériences j’ai co-fondé Teamycorps Capital, un jeune fonds d’investissement et holding qui a accompagné et investi dans des startups et PME comme Kiroo Games un des premiers studios de jeux vidéo en Afrique, Biocharis une PME dans les cosmétiques.

 

A la suite de cette expérience entrepreneuriale, j’ai repris une activité salariale en tant que spécialiste des marché financiers pour des banques européennes. Plus récemment je gère une équipe autour des produits taux , de crédit dont la mission est la bonne intégration des deals, résolution de différents incidents fonctionnels (Pricing , market data , intégration…)

 

Enfin , j’étoffe en ce moment mon parcours à Harvard Kennedy School (Program public policy and digital transformation) dans l’optique d’aiguiser mes compétences en politiques publiques.

 

Présentez-nous la plateforme 50 Afrique que vous avez fondé et le Club Africa Telecom ? 

 

Entre 2013 et 2015, suite à un séjour dans mon pays natal Cameroun et conscient du potentiel   du continent africain , j’avais pris la décidé de m’engager dans différentes associations principalement le Think tank Afrique des idées et l’African Business Club ESCP Voulant aller plus dans ma démarche, j’ai fondé 50Afrique et le Club TelecomParis Africa en décembre 2015.

 

Née dans les années 2010 avec pour slogan ReBuild Africa , 50Afrique est une plateforme d’information qui valorise les leaders africains, afro-descendants : entrepreneurs , cadres , artistes , société civile , politiciens , tous ces doers qui participent d’une manière à une autre au mécanisme d’émergence du continent prévu en 2060 . Le média possède ainsi des rubriques entrepreneuriat, culture , économie , NTIC et leadership.

 

Le projet se différencie par son think tank Émergence constitué de scientifiques experts qui ont déjà soumis des recommandations (Zone de libre-échange , Index Émergence …) à des institutions , la société civile à travers différentes conférences et forums économiques. L’autre particularité du projet est son do tank Afropreneurs un mouvement d’entrepreneurs (lancement officiel en 2020) qui lanceras des actions concrètes (workshops , concours de pitch …) pour soutenir l’entrepreneuriat africain.

 

Dans la même dynamique, en 2015,  remarquant une révolution numérique en Afrique caractérisée par un nombre croissant de porteurs de projets innovants , le saut technologique dans le continent , j’ai eu l’idée de co-fonder avec Djibrine Lihmane membre du conseil d’administration de Telecomparis le club TelecomParis Africa .

 

L’analyse était simple à l’époque : l’école TelecomParis est une référence en nouvelles technologies en France et a formé de nombreux Technologues, l’idée de base était de rassembler tous les anciens originaires d’Afrique ou ayant des initiatives en lien avec le continent à l’image de HEC Afrique , X-Afrique , Essec-Africa. Au fil des années et des actions,  le club est devenu un véritable club d’innovation ouvert à tous sur le numérique africain organisant des conférences , afterwork sur cette thématique avec pour but de connecter les « entreprenants » c’est-à-dire des entrepreneurs , associations , financiers , ou tout autre profil passionné de nouvelles technologies pour constituer un réseau , un cercle d’innovation.

 

Vous êtes par ailleurs un Young African leader… 

 

A mes yeux un leader est une personne inspirante aussi bien par ses paroles que par ses actes. En plus cette spécificité, j’ajouterais l’humilité, la conviction, l’exemplarité. Me concernant je ne suis pas né leader. En effet bien qu’ayant certes certaines aptitudes intellectuelles, je pense que ce sont mes initiatives (50Afrique , Club TelecomParis Africa , Teamycorps ), mon engagement associatif, mon parcours professionnel qui ont fait de moi , un peu à ma grande surprise , un jeune leader africain.

 

Tout a commencé par mes premiers Prix en Innovation et en Leadership décerné en 2016 par une association de la diaspora sous le patronage d’un Ministre Français. Ensuite cela s’est enchainé par ma Nomination puis ma sélection en tant que « New Leader of Tomorrow » ou Young Leader du Crans Montana Forum un forum économique suisse de renommée internationale. Plus récemment, avec la création du think tank Émergence cela m’a valu une nomination (pas une sélection je tiens à la préciser) pour être considéré comme un Young Global Leader du World Economic Forum de Davos.

 

 Vous incarnez cette génération d’Africains de la diaspora sui évoluent en Europe tout en gardant un lien avec le continent. Quel est le rôle de la diaspora selon vous ? 

 

Avec 8,5 millions de personnes présentes en Europe, dont 3,5 millions en France, la diaspora constitue un potentiel humain et économique extraordinaire. Clairement, les diaspora africaines constituent une force économique avec pour preuve les transferts de fonds africaine en direction de leurs pays d’origine d’Afrique qui ont atteint 70 milliards de dollars (10 milliards de dollars venant de France). Ces fonds sont devenus la première source de financement externe supérieure au double de l’aide publique au développement en Afrique qui s’estime à 30 milliards de dollars (dont 2,5 milliards attribué par la France). Néanmoins ces fonds sont en priorité destiné à solutionner les problématiques d’ordre social comme la santé , l’éducation , logement et l’amélioration des conditions des vies.

 

Quelques recommandations pour améliorer leur efficacité et le rôle de la diaspora ?

 

Capter de manière efficace le financement des diaspora. Il est impératif de multiplier des initiatives et mesures pour mobiliser l’épargne de la diaspora dans le but de financer des projets et PME à l’image de l’Efficience Africa Fund du club efficience et de la plateforme EIC Corporation qui fait la promotion de l’investissement direct étranger en Afrique. De plus, les nations africaines devraient soutenir cette connexion entre PME locales et investisseurs et ou talents de la diaspora. De nombreuses PME africaines n’exploitent pas leur potentiel à cause du financement et des compétences humaines pour réussir leurs projets.

 

Ensuite, valoriser l’image de la diaspora et des jeunes leaders. De part leur double culture (terre d’accueil et terre d’origine), les membres de la diaspora  sont les meilleurs ambassadeurs des deux continents, de véritables ponts entre l’Afrique et l’Europe. Cette spécificité le président Emmanuel Macron l’a bien remarqué par sa décision d’organiser une rencontre avec la diaspora africaine en juin dernier à l’Élysée en présence de son homologue ghanéen le Président Nana Akufo-Addo. Dans la même optique, la French-African Foundation a identifié 30 talents qui incarnent les agents de changement d’une nouvelle relation entre l’Afrique et l’Hexagone. Ces initiatives sont à encourager.

 

Également, inclure la diaspora dans les décisions politiques et de développement. Il serait judicieux pour les États africains d’effectuer un recensement des talents au sein des diasporas africaines par exemple à travers leurs ambassades pour pouvoir définir d’une stratégie ambitieuse de retour de ces talents comme cela se fait au Ghana, Rwanda ou encore par le phénomène des Repats incarné par le mouvement Movemeback. La diaspora est souvent appelée à forte raison la 6ème région du continent africain. Nous recommandons aux pays africains de créer des organes électoraux consacrés aux diasporas. Le but de ces division serait d’élire des représentants aux parlements de leurs pays de naissance et leur permettra de contribuer à la vie publique. Enfin, établir un Ministère entièrement dédié aux Africains de l’extérieur viendra solidifier l’apport général des diaspora.

 

Vos objectifs, agenda, projets à venir… 

 

Mon objectif avec mon équipe est de faire de 50Afrique une plate-forme incontournable basé sur le leadership et l’émergence du continent africain ; Émergence comme l’un des plus think tank de référence sur les problématiques de développement ; le média organisera un évènement autour de l’éducation vecteur de l’émergence en Janvier 2020. Et do tank Afropreneurs sera lancié officiellement en Juin 2020.

 

En attendant, le club TelecomParis Africa organise régulièrement des afterwork digitaux, le dernier en date en juillet 2020 avec les lauréats du startup week-end Africa . Notre prochain afterwork est prévu le Jeudi 31 Octobre 2020 au Bar AUX EMOTIONS , 1 rue Dante, dans le cinquième arrondissement parisien, dès 19h. Pour finir l’évènement phare du club le Forum TelecomParis Africa est planifié pour mi-2020.

 

Pour en savoir plus :

 

www.50Afrique.com

 

www.telecom-paristech.org/group/africa/133