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Parcours Camélia Leclercq « Saisir les opportunités que nous offre le digital »

Gabonaise de charme et de poigne, Camélia Leclercq prend la direction du Premier JFD Club en Afrique qui ouvrira ses portes début 2020 à Libreville. Énarque, elle accompagne la transformation digitale du Gabon au sein de la Primature, et attend bien positionner son pays comme hub numérique régional. Interview.

 

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed

 

Camélia, c’est dans votre petite enfance, rude, que votre engagement va naître…

 

Je suis née à Libreville au Gabon, fruit d’un brassage culturel, avant dernière d’une fratrie de 23 enfants. J’ai été à l’école dans une commune rurale après le décès de mon père quand j’avais 7 ans. Pour aller au collège, je me levais tous les jours à 4h du matin. Petite fille, j’accompagnais ma mère dans ses activités politiques car elle gérait une fédération de femmes engagées. Mon plaisir était d’aller à la chorale et faire des exercices de mathématiques. Pendant les petites vacances, j’allais aux champs avec ma grand-mère et les grandes vacances je voyageais à la découverte de l’Afrique et de l’Europe.

 

 

Des champs à l’ENA, la prestigieuse fabrique à élite, il y a un monde. Que vous franchirez : vous êtes une des rares femmes africaines énarque…

 

Après avoir passé le bac au Gabon, je souhaitais faire des études commerciales en France. La situation dans mon pays était alors morose. J’étais pourtant convaincue qu’une économie dynamique passait par une bonne vitalité des entreprises. J’ai donc commencé par un BTS d’action commerciale, simplement parce que je suis l’avant dernière d’une fratrie nombreuse et que je devais me limiter à des études courtes.

 

Mais mon intérêt, je devrais dire ma passion, s’est toujours porté sur la science politique et la communication. Ma détermination était forte d’aller au bout de ce désir. BTS en poche, j’ai continué à l’ESARC-CEFIRE d’Aix-en-Provence pour obtenir un master en management d’entreprise, puis j’ai intégré Sciences Po Aix où j’ai été diplômée en Ingénierie politique suivi d’un master de politique comparée, complété par un master en information et communication préparé au CELSA en même temps que l’ENA. Dans tout ce parcours, l’ENE fut comme un aboutissement ! Ce fut une période faste, dynamique, stimulante et aussi souvent exténuante ! Période pendant laquelle je me suis également mariée et eu mes premiers enfants. Chaque étape que je franchissais était une victoire collective que mes enfants résumaient par un « on a gagné ! » En 2010 je décide après l’ENA de rentrer au Gabon avec mari et enfants. Et avec un projet : créer l’équivalent du SIG en France dénommé dans mon pays la Direction de l’Information Gouvernementale. C’était l’époque du Grand réveil, le « Gabon émergent » et je voulais apporter ma modeste contribution.

 

C’est ce qui m’a amené à mes fonctions actuelles, que j’occupe depuis 2010 où je travaille dans les services du Premier ministre au Gabon. Actuellement je suis conseillère chef de Département Communication, Économie Numérique, chargée de la Décennie de la Femme et de la Coordination de la Communication Gouvernementale au Cabinet du Premier ministre. Au titre de mes fonctions, j’ai dirigé notamment le comité communication-presse de l’AGOA lors du forum USA/Afrique en 2015, le comité communication pour la journée internationale de la femme et la journée nationale de la femme gabonaise en 2016 et le séminaire panafricain sur les partenariats public/privé sur le thème « quels enjeux pour l’Afrique ? ».

 

Vous êtes également très impliquée sur la scène associative, en faveur des femmes notamment ?

 

En parallèle, j’ai eu le soucis de m’engager sur la scène associative notamment pour la valorisation du leadership féminin. Ainsi,  depuis 10 ans, je cumule :  vice-présidente de la fédération africaine des anciens élèves de l’École nationale d’administration chargée de la Promotion du Genre(ENA-Afrique ), première africaine administratrice du CELSA Paris Sorbonne Alumni qui est un réseau de 10.000 communicants répartis dans 40 pays, première africaine membre du Comité de rédaction de la Revue Hermès dirigé par Dominique WOLTON, Présidente fondatrice du Réseau des Femmes Africaines Diplômées de L’ENA dont les valeurs sont Sororité- Solidarité et Services et présidente fondatrice de l’association PACA Paludisme éducation et autonomisation de la personne handicapée,…

 

 

En juin 2019, je suis la première femme africaine élue Présidente de la confédération des Associations Françaises et Étrangères des Anciens élèves de l’ENA qui se réunira en Juin 2020 à Libreville au Gabon. C’est un réseau de 12 000 anciens élèves ou auditeurs de tous cycles confondus issus de 134 pays de 4 continents.

 

Aujourd’hui, vous accompagnez la transformation digitale du Gabon au sein de la Primature . Quelles opportunités pour le pays, les femmes notamment, offrent le digital ? 

 

J’ai pris conscience de l’importance de la digitalisation de l’administration en 2011 en travaillant avec l’Agence Nationale des Infrastructures Numérique et des Fréquences (ANINF) dans le cadre d’un projet commun, Gabon On Line. C’est à cette période qu’ on a créé pour l’ensemble des ministères, quelques ambassades et des Mairies des sites internes répondant à une charte graphique et ergonomique unique. Nous avons également vulgariser l’espace collaboratif du Gouvernement avec un extranet et des adresse mails professionnelles en Gouv. Ga.

 

S’agissant du Gabon dès 2009, le chef de l’État a fait du développement numérique une de ses priorités en inscrivant ce pan dans le volet Gabon numérique du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). L’ambition étant de faire du Gabon un exemple en Afrique de la digitalisation d’ici à 2025. Aujourd’hui, le Gabon est en phase de devenir un véritable hub numérique pour la sous-région. A cet effet, des investissements judicieux dans le numérique ont été fait. Pour réussir sa transformation digitale, le Gabon a intégré dans sa politique de développement la création d’entités et d’infrastructures numériques dans le but de promouvoir les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Selon la Banque mondiale, le Gabon est bien parti pour réaliser son ambition de hub numérique, puisqu’il a gagné 10 places dans le classement mondial 2017 de l’indice de développement de l’Internet, réalisé par l’agence spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication (UIT). Il est aujourd’hui, le 6ème pays le plus performant d’Afrique dans le secteur des TIC et le 1er de la sous-région.

Convaincue que la valorisation du leadership féminin est le moteur du développement de l ‘Afrique, il est fondamental d’établir des passerelles et de saisir les opportunités que nous offre le digital à la fois pour la modernisation de l’administration et pour le développement de l’entrepreneuriat au féminin.

 

C’est à ce titre que vous avez participé à la Journée de la Femme Digitale l’an dernier. Une plateforme qui s’implante en Afrique avec l’ouverture du JFD Club Afrique… à Libreville ? 

 

Le JFD Club a été mon coup de foudre digital. J’ai été émerveillée de voir un espace de networking réservé aux femmes avec un esprit de sororité et de solidarité qui correspond à mes valeurs. Je voudrais exprimer toute ma profonde gratitude à Delphine REMY BOUTANG qui m’a fait confiance et nommé Directrice Exécutif du Premier JFD club africain qui ouvrira ses portes début 2020 au Gabon.

 

Le choix de mon pays est une grande fierté et nous travaillons dur pour être à la hauteur. Merci également à sa dynamique équipe et à toutes les femmes formidables et inspirantes rencontrées au JFD dont vous qui valorisez nos activités et nos parcours.

Ce JFD Club sera le carrefour de rencontres entre les femmes du secteur public et privé, entre investisseurs et entrepreneurs pour parler innovation, sororité, coaching, formation aux femmes désireuses de se lancer dans l’économie Digitale et dénicher les championnes de la Tech Gabonaise.