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Palu’Art, parler du paludisme sur des notes artistiques

Les 24 et 25 avril derniers, sur la place de la République, à Paris, l’association Esprit d’Ébène a réuni des graffeurs, des représentants de la mode africaine ainsi que la Communauté Emmaüs de Paris pour une exposition artistique unique contre le paludisme. Un événement grand public, dédié à recueillir des fonds pour lutter contre la maladie en Afrique.

Aujourd’hui, on meurt encore beaucoup du paludisme en Afrique. Selon un rapport de l’OMS, environ 3,2 milliards de personnes dans le monde sont exposées au risque de paludisme. En 2013, 584 000 décès dus à cette maladie ont d’ailleurs été estimés. « Avec Palu’Art, Esprit d’Ebène œuvre à sensibiliser le grand public sur les effets du paludisme, dont 90% des cas sont en Afrique Subsaharienne. En associant toute forme d’art durant un événement, Esprit d’Ebène prône un message positif sur les progrès réalisés en matière de prévention contre le paludisme, qui ont permis de passer d’un décès toutes les 30 secondes à un toutes les minutes. Il faut continuer sur cette voie, même si les résultats sont encore faibles », indique Anne Faleu, coordinatrice d’Esprit d’Ebène, une association qui favorise l’insertion des jeunes en difficulté. « Notre association se donne pour but l’intégration des jeunes à la vie de la cité par le biais du sport, de la mode, de la musique, du cinéma, du théâtre, de la photo. L’association les aidera à promouvoir leur activité de création, dans les domaines artistiques et culturels de leur choix. Avec Palu’Art, ils ont la possibilité de participer à un événement qui leur permettra de s’investir davantage dans la pratique de ce qu’ils ont appris », ajoute Anne Faleu.

 

Des moustiquaires vintages et customisées

Pour susciter l’attention du public à cette manifestation, des moustiquaires ont été installées sur la place de la République, arborant des mises en scène côtoyant l’univers du street art et empruntant des codes vintages avec du mobilier rustique. Pour cette troisième édition de Palu’Art, c’est la seconde fois qu’Esprit d’Ebène collabore avec des graffeurs tels que Colorz, Jay One, Kongo, Gilbert… Les objets qui décorent les moustiquaires exposées sur des baldaquins ont été récupérés auprès du temple des trésors vintage, appartenant à la Communauté Emmaüs de Paris. « Chaque moustiquaire est une pièce unique. Elles sont  customisées par les street artistes en exclusivité pour Palu’Art et abritent une scénographie thématisée », ajoute Anne Faleu.

 

La mode et la coiffure s’installent sur la place

Les visiteurs ont pu découvrir, pendant deux jours, des créations de prêt-à-porter, uniques proposées par Mike Sylla, un génie du cuir de la mode africaine ainsi que celles de Wéré Wéré, maître du bazin. Outre les défilés, cet événement était également animé par d’autres représentations artistiques, telles que les coiffures africaines de Nadeen Matéky, mais aussi l’exposition informative sur le paludisme, réalisée par des adolescents de l’association Mosaïque. Tout ceci est organisé dans le but de faire connaître la maladie au grand public et d’impliquer chaque individu à travers la recherche de solutions pour y mettre fin.

 

Un tour du monde et une vente solidaire pour lutter contre la maladie

Après cette exposition, les objets présentés sous les moustiquaires ont été proposés à la vente au public. Ainsi, chacun pouvait repartir avec l’objet de son choix. Les fonds générés par ces ventes sont reversés au profit d’Emmaüs de Paris. En parallèle, les moustiquaires feront leur tournée mondiale, par le biais de l’association Roll Back Malaria. « Elles traverseront plusieurs grandes villes du monde, telles que Genève ou encore New-York. A la fin de cette tournée, une grande vente aux enchères de ces moustiquaires sera réalisée, au bénéfice d’associations actives, dans les pays concernés par cette endémie », précise Anne Faleu.

La prévention et les moyens mis en œuvre pour lutter contre le paludisme semblent porter leurs fruits, puisque depuis le début des années 2000, les taux de mortalité ont baissé de plus de 47%, au niveau mondial. Malheureusement, cela n’est pas encore suffisant car le paludisme continue de faire des décès continuent.

 

 


 

Par Darine Habchi

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