ActualitéArchives

PADDEL « Le développement inclusif de l’Afrique sera porté par les territoires locaux »

La plate-forme d’appui conseil en décentralisation et développement local pour l’Afrique francophone programme d’appui à la décentralisation et au développement local  (PADDEL AFRIQUE) a officiellement lancé ses activités en Afrique à Dakar avec un forum consacré à l’utilisation du numérique et à la facilitation des investissements étrangers. Dans l’entretien accordé à ANA l’Expert Doudou Sow Président de Paddel Afrique évoque la question de l’accès au numérique pour les populations vulnérables encore en quête de développement inclusif.

 Propos recueillis par Yannick Ndiaye, Dakar

 

Quel est le lien entre le développement local en Afrique et l’usage des outils numériques ?

La rencontre de Dakar avait plusieurs ambitions. D’abord rassembler les services du gouvernement et les structures qui œuvrent sur le terrain de même que les sociétés privées. Les échanges ont été très enrichissants.

S’agissant du thème relatif à l’usage du numérique, il a été retenu que les mutations profondes attendues en Afrique passeront forcément par l’outil numérique car c’est quelque chose d’abordable, accessible dès lors que l’on se donne les moyens. Plusieurs projets numériques seront déroulés pour appuyer le développement local. 

Que faut- il retenir des conclusions de ce conclave ?

Avec les autorités sénégalaises, nous avons procédé à une signature symbolique d’une convention de collaboration entre le ministère de la décentralisation et Paddel Afrique. Une grande première et c’est le début d’une collaboration entre l’Etat et notre organisation. 

Quelle est la plus-value que Paddel Afrique compte apporter à l’économie africaine ? 

Notre conviction forte, c’est que le développement de l’Afrique passera par les territoires afin qu’il soit inclusif pour rejaillir sur toutes les couches de la population. Nous insistons là-dessus car on observe que l’Afrique accomplit des progrès et marche vers le développement. De même, les classes moyennes émergent mais malheureusement la pauvreté continue aussi de s’accroître. C’est justement parce que le développement et les progrès qu’on observe sur ce continent ne sont pas encore inclusifs. Jusque-là les cibles qui sont concernées par ce développement sont exclusivement urbaines. Les cibles populaires qui sont les plus nombreuses sont encore laissées en rade pour rester à la périphérie de ces changements. Ce que nous souhaitons apporter comme nouveauté dans le développement local, c’est de nous intéresser aux territoires et aux terroirs.

Outre le Sénégal, Paddel va-t-il d’autres champs de réflexion et d’expérimentation ailleurs en Afrique ? 

Paddel Afrique vise essentiellement l’espace francophone à savoir l’Afrique francophone, la France, le Canada, la Belgique, etc. C’est parce que ces pays francophones ont un peu le même modèle de décentralisation même si on remarque quelques nuances. Notre conviction c’est que les politiques régionales de développement (CEDEAO, UEMOA, CEMAC, etc.) doivent absolument passer par les territoires. C’est notre conviction et nous allons y travailler et on est d’ailleurs en discussions avancées avec ces organisations communautaires.

Quid des investissements étrangers ? 

Nous sommes une organisation internationale née en France et nous savons comment aider à drainer des investissements au profit des territoires en Afrique francophone. Avec la diaspora africaine établie en Occident, nous allons bâtir des synergies. Paddel Afrique va donc s’investir dans le financement du développement. Qu’il s’agisse de l’énergie, l’éducation, la santé, la pêche ou d’autres domaines, nous allons travailler à apporter des financements. Nous sommes une organisation transnationale. L’avenir du développement local en Afrique réside dans un processus de travail acharné car les chantiers sont énormes. Il faut d’abord encourager une évolution des mentalités. L’Union africaine a déjà lancé une charte de la décentralisation mais combien de pays africains ont ratifié cette charte ? Très peu. Il faut donc corriger toutes ces imperfections.


 

 Propos recueillis par Yannick Ndiaye, Dakar

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe