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OIF Michaelle Jean, son ultime plaidoyer : des médicaments pour l’Afrique

Alors qu’elle se présentera pour un second mandat à la tête de la Francophonie, en octobre prochain, Michaelle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie, a, depuis Genève où elle participait à une conférence, exprimait son ultime plaidoyer. En faveur de médicaments pour l’Afrique.

Par Bilkiss Mentari

« Le droit à la santé est un droit fondamental pour toutes et pour tous. Il détermine tous les autres droits. Les enjeux sont énormes, car si nous ne prenons pas le problème de la santé à bras le corps, nous risquons de compromettre des années d’efforts en faveur du développement. » Participant, le 22 mai au Palais des Nations, à Genève, à la Conférence sur l’accès aux médicaments et autres produits médicaux de qualité en Afrique francophone, co-organisé par l’OIF et l’UNAIDS, en marge de la 71e session de l’Assemblée mondiale de la santé, Michaelle Jean, Secrétaire générale de l’OIF, a exhorté les participants à se mobiliser en faveur de l’Afrique. Un continent qui, compte tenu de sa démographie, représente l’avenir de la Francophonie. « La  démographie galopante de l’Afrique est une chance pour l’Occident et la francophonie. Kinshasa est la première ville francophone. Il faut canaliser la jeunesse africaine, investir dans ce formidable capital humain » a-t-elle déclaré. Invitant à ce titre l’Occident à « mieux gérer sa politique migratoire », Michaelle Jean a plaidé pour l’accueil d’une migration » notamment africaine, utile pour son renouvellement » .

Un mandat consacré à l’Afrique

L’ancienne gouverneure générale du Canada, avec rang de chef d’Etat, exilée haïtienne, qui se revendique comme afro-descendante, descendante d’esclaves, après un parcours dans le journalisme, a consacré son mandat, qui a démarré le 5 janvier 2015, à l’Afrique. Alors qu’elle a présenté sa candidature à sa réelection, en octobre prochain, où elle fera face entre autre au Béninois Lionel Zinsou et et la rwandais Louise Mushikiwabo_ qui a reçu le soutien de la France_, elle a utilisé la tribune qui lui était offerte à Genève pour un ultime playdoyer. En faveur de médicaments pour l’Afrique.

Une déclaration pour l’accès pour toutes et pour tous aux médicaments de qualité

Placée sous le haut patronage du Président du Bénin, Son Excellence Monsieur Patrice Talon, du Directeur exécutif de l’ONUSIDA Monsieur Michel Sidibé et de la Secrétaire générale de la Francophonie Son Excellence Madame Michaëlle Jean, la Conférence internationale sur l’accès aux médicaments et autres produits médicaux de qualité en Afrique francophone, réunissant près de 400 participantes et participants dont de nombreux ministres de la santé de pays francophones, a adopté une Déclaration et pris des engagements concrets pour faire progresser l’accès pour toutes et pour tous, et spécialement les plus pauvres, aux médicaments et produits médicaux de qualité.

« L’objectif final est de transformer ce texte en un Plan d’action ambitieux »

« La déclaration soumise aujourd’hui, n’est pas une déclaration de plus ! L’objectif final est de transformer ce texte en un Plan d’action ambitieux et cette ambition sera portée auprès des chefs d’Etat et de gouvernement lors du XVIIe Sommet de la Francophonie, en octobre prochain, en les mobilisant autour de solutions concrètes et de financements durables au plan national, régional et international  », a déclaré Michaëlle Jean.

Cette Déclaration est en effet présentée comme » le socle d’un futur Plan d’action mobilisant les Etats engagés et, plus généralement, tous les acteurs et partenaires impliqués, dans une approche multi sectorielle (organisations internationales, société civile, secteur privé, experts et chercheurs, médias locaux et nationaux) ». « Les engagements fermes pris à la conférence montrent une volonté de passer de la parole à des actions vigoureuses et décisives, dont celles aussi de sévir avec la plus grande fermeté contre les trafiquants, les producteurs et les organisations criminelles qui sont à l’œuvre, de renforcer la gouvernance, de sensibiliser et d’éduquer, de soutenir les initiatives de la société civile, de tout engager pour mettre fin à tant de souffrances et d’inégalités dont les populations les plus vulnérables sont les premières victimes alors que la santé est un droit fondamental, poursuit la Sécretaire. Là est notre responsabilité collective, nous devons et nous pouvons y arriver. »


 

Par Bilkiss Mentari