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NYFA : Ali Bongo propose un sommet Europe-Afrique sur la migration

Le Président gabonais Ali Bongo Ondimba a proposé, le 28 août 2015 à Libreville, au 1er jour de la 4e édition du New York Forum Africa (NYFA), l’organisation d’un sommet Europe-Afrique autour de la question des flux migratoires et de leurs conséquences.

Conscient qu’aucune partie ne peut résoudre seule l’ « alarmante » question des flux migratoires et leurs conséquences, Ali Bongo Ondimba a sollicité, vendredi, sur la tribune du NYFA, l’organisation d’un sommet Europe-Afrique consacré à la question. « Aucune barrière physique, aucun mur, aucune politique répressive, ne peut empêcher chez un être humain, l’aspiration au bonheur et au mieux-être. De tout temps, sous toutes les latitudes, l’homme confronté aux difficultés liées au climat, à la faim, à la guerre, a toujours recherché ailleurs, sous d’autres cieux, des espaces cléments pour l’accueillir. Ceci est vrai depuis le Neandertal, et rien ne peut stopper irrémédiablement cette quête de paix, de sécurité et de bonheur inhérente à tout être humain. A moins de trouver des mécanismes adaptés, pour que chacun trouve sur son sol, cette paix, cette sécurité et ce bonheur », soutient Ali Bongo Ondimba, sollicitant l’organisation d’un sommet international sur la question des flux migratoires.

Il ajoute qu’une solution définitive ne peut être trouvée au problème des flux migratoires « sans la contribution des pays de départ » dont des Etats africains. Ali Bongo Ondimba estime que l’examen approfondi de cette alarmante question devrait amener l’Europe et l’Afrique à « imaginer de nouvelles coopérations, mais aussi de nouvelles règles juridiques », devant régir les futures relations entre les deux parties.

La proposition du Président gabonais a été saluée par le ministre français de l’Environnement et du Développement durable, Ségolène Royal, qui a soutenu par ailleurs que les dérèglements climatiques et leurs conséquences constituent l’une des principales causes des migrations africaines.  Réagissant à la même question, le Président ivoirien Alassane Ouatarra, qui prend part à cette 4e édition du NYFA a parlé de « drame » et de « honte pour l’Afrique », faisant allusion aux milliers de jeunes Africains décédés dans la traversée de la Méditerranée, qu’il qualifiera d’ailleurs de « cimetière » des migrants africains. Le chef de l’Etat ivoirien a mis en cause la responsabilité de ses pairs dans ces « drames de la Méditerranée » car, selon lui, c’est la mauvaise gouvernance financière et politique, les guères, la faim, l’instabilité politique, le chômage et le désespoir qui poussent des milliers de jeunes Africains à quitter, chaque jour, le continent, à la recherche d’une vie meilleure.

 

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 300 000 migrants africains ont franchi la Méditerranée depuis le début de l’année 2015. Plus de 2 500 d’entre eux ont péri dans la mer, en tentant de rejoindre les côtes italiennes ou grecques.


 

Par Pierre Eric Mbog Batassi