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Interview Amadou Diawara « Nous rêvons d’une nouvelle Afrique »

Ce serial entrepreneur, fondateur de FAMIB, éditrice de solutions digitales, implantée au Mali, au Rwanda, en Côte d’Ivoire, au Niger, Canada, à New York et en France, initiateur de plusieurs initiatives, dont l’Université Virtuelle du Mali, Kingui Event, KinguiSocial…s’emploie à la promotion d’une formation à la page des étudiants Maliens et Africains. Sans cesse dans la massification de l’écosystème digital, Amadou Diawara propose des pistes d’actions en faveur de l’innovation. Il relate sa vision d’une nouvelle Afrique dans ce bref entretien.

 

 

Propos recueillis par  Dounia Ben Mohamed

 

Amadou Diawara, vous êtes une personnalité aux multiples facettes, très engagé sur la scène malienne. Comment tout cela a commencé…

Je suis franco-malien. Je suis rentrée au Mali en 2010 pour des raisons familiales, j’ai décidé alors de lancer FAMIB une entreprise qui œuvre aujourd’hui dans l’édition de solutions. Nous sommes implantés dans plusieurs pays : France, Rwanda, Côte d’Ivoire, Canada, New York, Niger. Je suis également à l’origine de plusieurs initiatives, dont l’Université Virtuelle du Mali, Kingui Event, Kingui Social, etc.

Vous avez en effet fondé l’Université virtuelle du Mali ? Pourquoi et comment fonctionne-t-elle et avec quel impact ? 

L’université virtuelle du Mali a été fondée en 2018. C’est un projet à caractère social avant tout et entièrement financé par le Group FAMIB dans le cadre de sa politique RSE. Pourquoi UVM (Ndlr : Université virtuelle du Mali) ? C’est dans le souci de répondre à la problématique de faciliter l’accès à une éducation, qui est de plus en plus difficile. Cet écart considérable qui existe entre ceux qui y ont accès en Afrique et en particulier au Mali, a dicté la mise en place de ce projet.  L’Université virtuelle du Mali répond à ce besoin de former les jeunes, un peu partout en Afrique.

 

 

 

Nous nous donnons comme mission de permettre aux étudiants maliens, mais également Africains, de suivre et se former à des programmes connectés, pouvant leur permettre de valider leur cursus universitaire et pouvoir assurer leur insertion professionnelle.

 

Finalement, si l’e-learning s’accélère depuis la pandémie Covid 19, au Mali, peut-on dire que vous aviez déjà adopté la pratique en quelque sorte ?

Tout à fait ! Mais, toujours avec une légère difficulté. Nous sommes confrontés au problème de la connectivité au Mali. Dans l’ensemble à l’Université virtuelle du Mali, les étudiants suivent leurs cours normalement et leur rythme. Grâce à notre partenariat avec Orange Mali, tous les étudiants UVM ont l’avantage de pouvoir suivre les cours en ligne à moindre coût en termes de connectivité notamment.

La pandémie à COVID-19 a paralysé le système éducatif un peu partout dans le monde, certes mais elle a également donné un élan à l’enseignement virtuel et montré qu’il a une place pour ce secteur. Dans ce contexte, la crise de la pandémie à COVID-19 a changé la vision de beaucoup, concernant l’enseignement en ligne, et cela a été un moyen également de réduire les modes de contaminations.

L’Université virtuelle du Mali compte actuellement beaucoup d’étudiants un peu partout en Afrique et nous sommes fiers de pouvoir contribuer au développement de l’éducation.

Depuis, vous vous êtes lancé dans un autre projet, des plus ambitieux, le cluster Digital Africa ? Quel est le concept et surtout l’objectif ?

Ambitieux oui ! L’initiative du Cluster Digital Africa est mise en place par le Centre d’Innovation de Recherche Technologique et d’Industrie Créative (CIRTIC). Le Cluster Digital Africa fait partie de notre objectif de développement durable et vise à encourager l’innovation « made in Africa ». Je souhaite par le Cluster booster les jeunes dans le numérique, mettre en lumière les talents du domaine de la technologie, du digital, du digital, les hommes comme les femmes. Notre objectif est de proposer des pistes d’actions en faveur de l’innovation au Mali et surtout en Afrique.

 

 » Nous devons avoir confiance en la jeunesse, savoir s’appuyer sur eux pour prendre le relais là où le besoin se fait ressentir »

 

Concrètement, comment cela fonctionne ? Quelles sont les actions que vous menez à partir de ce cluster ? Puisque l’idée, au-delà d’échanger, et de passer à l’action n’est-ce pas ? 

Le Cluster regroupe plusieurs personnalités publiques, privées, des personnes ressources qui pourront jouer un rôle éminent dans l’évolution de la société.

Parmi les activités que nous avons menées : une rencontre B to B Mali/Tunisie avec le SITIC AFRICA, en partenariat avec Le club des DSI ; le Forum des femmes africaines chercheuses, à travers notre partenaire ITAUN (IT African University Network) lequel a réuni plusieurs femmes scientifiques du monde entier qui débattent de thématiques d’actualités pouvant solutionner des problématiques, liées à l’égalité des genres; une centaine de conférences animées par nos ambassadeurs volontaires, autour de thématiques divers relevant de leurs domaines d’expertise, en collaboration avec UVMALI… Nous avons également beaucoup d’activités à venir, telles que le Numeric Week, les Digital Learning Days, le Symposium sur la Radicalisation, la Dé-Radicalisation et l’Extrémisme violent, etc.

Vous avez réuni l’écosystème idéal in fine, avec des responsables publics, des acteurs du secteur privé, des membres de la société civile, des partenaires au développement, la diaspora… Des personnes qui se croisent mais travaillent en général « chacune de son côté ». C’est à ce niveau que se trouve l’originalité du concept ? 

Exactement, nous sommes ces femmes, ces hommes et ces jeunes d’Afrique et d’ailleurs qui œuvrent pour le développement socio-économique du pays quel que soit le domaine d’activité, pour apporter notre pierre à l’édifice, mais aussi contribuer à donner de l’espoir, créer un cadre de partage.

Nous évoluons dans un environnement universel, où toute initiative novatrice de développement est la bienvenue. Nous rêvons d’une nouvelle Afrique et nous pensons qu’avec des profils diversifiés. Chacun peut apporter une valeur ajoutée en s’identifiant à son prochain.

Surtout, vous invitez les partenaires au développement à venir soutenir vos projets plutôt que, comme cela est de coutume, à mettre en place des programmes qui ne correspondent pas toujours aux réalités africaines ?

Si nous tenons compte de nos réalités en Afrique, il faut surtout se poser la question de savoir si toutefois ce que nous faisons répond aux besoins des partenaires. Nous devons toujours aller vers les autres et les partenaires sont des éléments clés, du début à la fin. Beaucoup de jeunes font l’erreur de proposer des projets qui peuvent pour un premier temps intéresser les partenaires, mais au final s’adaptent mal à l’environnement. Nous nos partenaires sont une priorité et notre premier recours dans les moments forts et de joies.

Fort de vos succès, vous avez été amené à créer votre propre réseau social, pour échanger avec les membres du Cluster, KinguiSocial. N’est-ce pas ? 

 

Notre nouveau réseau KinguiSocial, est l’un de nos projets phares actuellement, c’est d’ailleurs un réseau que nous souhaitons faire connaître au monde. C’est un réseau co-construit avec ses utilisateurs. Il est simple d’utilisation, très pratique et nous sommes ouverts à toutes propositions et ou suggestions, car il est destiné à tout le monde.

Nous voyons un futur très prometteur pour KinguiSocial, car il reflète l’évolution de la technologie en Afrique. Nous y croyons. Avec le temps, il sera encore plus à la hauteur des attentes.

J’en profite pour vous inviter à créer votre compte sur www.kinguisocial.com.

Finalement, elle est là la nouvelle Afrique : des fils et des filles du continent qui se réunissent, mettent à profit leur expertise et savoir-faire, et mènent des projets qui répondent à des problématiques locales… ?

Au-delà de l’expertise et du savoir-faire, il nous faut donner du temps et du cœur à toutes les initiatives que nous entreprenons. Je suis avant tout un homme social, un chef de famille, un père de fille avec le soucis de savoir comment mes enfants sont éduqués et comment ils apprennent leur histoire. Je vais prendre l’exemple de l’Université Virtuelle du Mali qui est un projet à caractère social, aujourd’hui elle promeut l’éducation au Mali et au-delà en Afrique.

Pour conclure, quel regard portez-vous sur cette énième crise que traverse le continent : si l’Afrique a révélé toute sa résilience au début de la pandémie, limitant l’impact sur le plan sanitaire notamment, sur le plan économique et social par conséquent, les mois qui viennent vont être difficiles…  Comment changer la donne et comment se servir de cette crise mondiale pour repenser, réinventer, renouveler nos modèles de développement socio-économique ? 

La crise sanitaire a non seulement ralenti les activités, mais a été la cause de la faillite de plusieurs entreprises. Dans chaque situation, il faut s’attendre à toutes éventualités. De cette crise, plusieurs projets ont vu le jour. Nous avons fait confiance à ces projets, car ils répondaient à un besoin urgent. Par la même occasion, nous devons avoir confiance en la jeunesse, savoir s’appuyer sur elle pour prendre le relais là où le besoin se fait ressentir. Ces jeunes sont l’exemple concret que le développement socio-économique est possible. Malgré les difficultés, nous pouvons prouver la capacité d’aller au-delà des situations critiques.

Vous savez, l’Afrique, est pleine d’opportunités, j’invite les jeunes à ne pas voir un frein quand ils veulent réaliser de grandes initiatives, juste parce qu’on est en Afrique.

Il faut savoir saisir les opportunités, mais avant tout il faut apprendre à s’approprier la culture, les valeurs, pour ensuite mieux adapter l’initiative dans laquelle se lancer.

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