A la uneParcours

Nana Njantang : « Donner plus de pouvoir aux femmes entraînera de grands changements en Afrique »

Ruth Nana Njantang est une doctorante camerounaise en sciences physiques, spécialisée en physique nucléaire. Sa recherche actuelle s’intitule « Estimation de la dose cutanée du patient et possibilité de développer une table de correspondance dans les interventions guidées par fluoroscopie à des fins d’optimisation ». Elle figure parmi les lauréates de l’édition 2021 du prix Jeunes talents du programme For Women in Sciences, porté par la Fondation L’Oréal. Interview portrait.

Propos recueillis par Ange Iliza, à Kigali 

Nana Njantang, quel est votre parcours ? 

Je suis originaire du Cameroun et étudie l’application des sciences nucléaires en médecine, en particulier les aspects liés à la radioprotection. Lorsqu’on évoque les sciences nucléaires, beaucoup de gens pensent d’abord à l’utilité du nucléaire dans la production d’énergie mais il est également utile en médecine, pour le traitement du cancer et pour la radiologie de diagnostic, ainsi que pour la cardiologie interventionnelle. Je m’intéresse pour ma part à la cardiologie interventionnelle, qui consiste à utiliser les rayons X pour diagnostiquer et traiter un problème cardiaque tout en protégeant le patient afin qu’il ne soit pas affecté par ces rayons. 

Pourquoi cet intérêt pour les sciences ? 

J’ai cherché à évaluer l’impact de ceux qui travaillent en cardiologie et ai réalisé qu’ils étaient plus exposés que les autres aux rayons X. Dans cette optique, mon projet de doctorat implique le développement d’une table de consultation pour protéger les professionnels de santé contre les rayons X. Je cherche donc à produire une table de correspondance qui reliera les doses reçues par le patient sur la peau aux doses que les professionnels voient sur l’écran de leurs ordinateurs, afin de calibrer la dose exacte que le patient doit recevoir pour éviter les effets toxiques des radiations. Cela protègera par ailleurs automatiquement le personnel médical, car ceux-ci sont exposés principalement aux rayonnements diffusés par les patients ; une vraie problématique en Afrique parce que l’équipement utilisé n’est pas aussi avancé que dans d’autres régions du monde.

Pourquoi selon-vous faut-il promouvoir les femmes dans les sciences en Afrique ? 

Je suis très honorée de faire partie de l’édition 2021 du prix Jeunes talents Afrique subsaharienne de la Fondation L’Oréal-UNESCO. Cela me pousse à inciter davantage de femmes à entrer dans le domaine scientifique, car je crois que les femmes sont plus courageuses pour faire face à des situations difficiles et qu’elles sont déterminées à obtenir des résultats. Au final,  donner plus de pouvoir aux femmes entraînera de grands changements en Afrique. 

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe