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Moussa Sissoko : « En Afrique, il y a beaucoup de jeunes talents dans le football »

Il porte le maillot de l’équipe de France, a joué dans de grands clubs anglais. A 33 ans, Moussa Sissoko, Franco-malien, connu pour son calme et sa sérénité, opère un retour aux sources. Son nouveau club (FC Nantes) est français, et avec “United Football”, une académie de recrutement de jeunes, ses projets d’avenir sont en Afrique.

Par M.A

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Sa posture quasi militaire, sa démarche lente et assurée et son flegme à la britannique, font de lui un joueur à part. Chouchouté par la presse internationale, Moussa Sissoko est un joueur de football rarement critiqué. Bon coéquipier, bon « pote » et bon père de famille. Loin des clichés des tabloïds, il évite le « bling bling » et n’est pas fan des soirées à paillettes. « Oui, tout le monde sait que je ne rate aucun épisode de la série Les feux de l’amour avant ma sieste », sourit-il.

Pur produit de la Seine-Saint-Denis, il est né au Blanc-Mesnil, avant que sa famille ne s’installe définitivement à Aulnay-sous-bois. Il commence le football très jeune à l’Espérance aulnaysienne, avant d’intégrer, à l’âge de 13 ans, seulement le centre de formation de Toulouse Football club, ville où il passera une importante partie de sa carrière. Très vite, il se fait repérer pour sa fiabilité et son sérieux. Les grands clubs anglais font appel à lui : Newcastle, Tottenham, Watford. Du haut de ses 33 ans, il accumule près de 200 matches de Ligue 1, 300 de Premier League, plus de 50 matches européens, 71 sélections en équipe de France… 

Avec tous ces déplacements, il ne passe pas une année sans se rendre sur le continent. « J’essaie d’y aller au moins une fois par an pour voir une partie de ma famille qui vit au Mali. J’aime aller me ressourcer là-bas et me reposer. Cela me permet de garder un lien avec le Mali, même si j’aime aussi aller au Sénégal par exemple », raconte-t-il. « Ce qui me plaît aussi, c’est que l’Afrique se développe très rapidement, les gens ont envie d’apprendre, de découvrir, de créer et de s’en sortir. La jeunesse africaine a beaucoup d’ambitions ».

« On va rendre aux jeunes ce que le football nous a donné »

Moussa Sissoko a une longue expérience, aidé par sa régularité et une bonne maîtrise de la pression. C’est pour ces mêmes raisons qu’il est connu aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire. C’est ce qui a, entre autres, poussé le FC Nantes à le recruter cette saison. Après des années en Angleterre avec sa compagne Marylou Sidibé, passionnée de sport et connue pour avoir participé à l’émission d’aventures Koh-Lanta, et leur souriante fillette Maliya, les voilà donc de retour en France. Une façon aussi de se rapprocher de leur famille et d’accueillir sereinement un nouvel heureux événement.

Soutien de la Fondation Abbé Pierre, parrain de la Fondation Aéroport de Paris, dont l’une des grandes actions est la lutte contre l’illettrisme, Moussa Sissoko est aussi un homme engagé pour les plus démunis et la jeunesse. Quand son ami, le footballeur sénégalais Cheikh M’bengue lui a proposé de le rejoindre dans “United Football”, son académie de recrutement de jeunes joueurs à Dakar, il a accepté comme une évidence. Une bonne façon de continuer le football, en passant de l’autre côté. « Surtout que j’ai joué avec Ckeikh à Toulouse, on a fait nos débuts ensemble et maintenant on va rendre aux jeunes ce que le football nous a donné. Aussi en les aidant dans leur scolarité, en montant une équipe féminine, ce sont nos autres objectifs », détaille le footballeur.

S’il envisage de passer son après-carrière entre la France et l’Afrique, « car j’aime les deux », c’est aussi parce que le continent est une terre d’avenir. « En Afrique, il y a beaucoup de jeunes talents dans le football. Si on peut en aider certains à réaliser leur rêve en étant un pont entre l’Europe et l’Afrique, alors j’en serai fier ».

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