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Microfinance au Sénégal : le revenu des clients en question

La Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) a publié une étude portant sur l’impact du microcrédit sur les revenus des clients des institutions de microcrédit. Il ressort de cette étude que l’effet indu sur les revenus des clients est mi-figue mi-raisin.

Principal outil de financement des institutions de microfinance, les microcrédits n’ont pas encore de retombées significatives dans le quotidien des clients, or le pourcentage des clients qui ont eu à bénéficier de crédit est de 53% sur un portefeuille de 2618. Sur la répartition des clients par groupes de revenus, les clients dont le revenu mensuel se situe entre 100.000 CFA et 300.000 CFA représentent la moitié de l’ensemble des clients de ces services financiers, contre 33% pour ceux qui touchent entre 45.000 CFA et 100.000 CFA, 9% pour les clients de classe 300.000 CFA et 500.000 CFA et enfin 41% des clients appartiennent à la classe de revenu compris entre 0 et 100.000 CFA.

Dans l’étude publiée par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), un constat interpelle. Notamment en termes de secteurs d’activités. En effet, la plupart des clients des institutions de micro-finance se retrouvent dans le commerce où ils représentent 36%. Le secteur de l’administration et les services sont à égalité puisque représentant tous les deux 17%. Dans ces secteurs, la demande de service financier est indispensable. En effet, dans l’administration, la domiciliation des salaires oblige les acteurs d’être clients dans une institution financière alors que les acteurs du secteur du commerce et des services peuvent acquérir des financements boostant ainsi leurs activités.

En outre, l’impact du microcrédit sur le revenu est négatif pour les clients dont le revenu est moins de 45.000 CFA. Seuls 11% des clients dont le revenu est compris entre 45.000 FCFA et 100.000 FCFA recevraient un revenu supplémentaire à la suite d’une demande de microcrédit, selon toujours l’étude.

Le facteur constituant une contrainte dans la demande de microcrédit est le taux d’intérêt élevé des institutions de micro-finance. En effet, le taux d’intérêt annuel est de 19%. Une situation qui fait que les acteurs sont un peu réticents à s’engager auprès des institutions de micro-finance.


Par Mouhamed Camara