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Menace terroriste : Dakar, capitale sous tension

Les attentats aux relents terroristes perpétrés à Bamako, Ouagadougou et Abidjan n’ont pas laissé insensible Dakar où les autorités ont pris les devants face à la menace terroriste dans le but d’éviter une force incidence de la menace sur l’économie déjà fragile du Sénégal.

Havre de paix pour l’instant épargné des attaques terroristes, le Sénégal n’en est pas pour le moins sur le qui-vive. Une inquiétude manifeste qui se traduit par un dispositif sécuritaire mis en place dans les grandes artères de la ville. Dans les lieux susceptibles d’être la cible d’attaque, il faut montrer patte blanche pour y accéder. En plus des habituels vigiles, lesdits lieux sont sous haute surveillance policière qui armés de mitraillette, de détecteurs de métaux, de gilets pare-balle, de casque composite, veillent au grain scrupuleusement. Toutes les entrées et sorties sont passées au peigne fin. Un procédé qui a fini de bouleverser la vie des Dakarois. En premier lieu, des gérants de restaurants et hôtels qui pullulent sur la corniche de Dakar. Sous le couvert de l’anonymat, cet employé dans un grand réceptif hôtelier reconnait les contrecoups de cette mesure : « avec cette sécurité renforcée autour de l’hôtel, beaucoup de nos clients ont préféré rester chez eux plutôt que de venir profiter de nos formules évasion. Par exemple, sur le restaurant, l’affluence a fortement baissé ». Ces mesures draconiennes ne risquent pas de s’estomper. Autant dire que la sécurité sera à son niveau maximal pour un bon temps à Dakar.

Un dispositif sécuritaire lourd

La menace terroriste est réelle et les autorités sénégalaises l’ont pris à bras le corps. Depuis 2014, d’importantes mesures ont été mises en place. D’abord, le budget consacré à l’armée a été revu à la hausse. Ce qui a forcément une incidence sur le budget national, donc l’économie de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Toutefois, cette revalorisation devrait permettre de nouveaux outils de surveillance notamment des systèmes d’écoute plus performants et des ULM dédiés au survol des frontières entre le Mali et le Sénégal. Ensuite, les activités des directions générales des renseignements intérieurs et extérieurs (DGRI et DGRE) sont centralisées au niveau de la Délégation générale au renseignement national (DRN). Aussi, le Sénégal mise sur sa coopération en particulier avec la France pour remonter à temps les informations sensibles. A cet effet, Paris a dépêché à Dakar un officier de liaison au ministère de l’Intérieur chargé de travailler avec le Sénégal. Enfin, le ministère de l’Intérieur a mis en place une cellule anti-terroriste qui sera secondée par une cellule opérationnelle de sécurité intérieure qui est pour le moment en gestation. Tout ce dispositif, dans l’optique de barrer la route au terrorisme et rassurer les citoyens et autres expatriés afin que les habitudes ne changent pas au point de porter atteinte à l’économie en partie altérée.


 

Par Mouhamed Camara

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